‹ Pasquino et MarforioChapitre 47 sur 103 · PASQUIN A ROME · texte numérisé non relu

PASQUIN A ROME

Roma vêtus veteres cum te rexere Quirites , Nec bonus immunis nec malus ullus erat.

Defunctis patribus successit prava juventus Quorum consiliis precipitata ruis.

Tant que les fils de Quirinus te régirent, 6 Rome, la vertu ne resta jamais sans récompense ni le crime sans châtiment; mais une mauvaise génération a pris la place de nos pères et en écoutant ses conseils tu cours tête basse à ta ruine.

PASQUIN AU PAPE

Quid tua, Paule, pilis faciès divina caprissat? Hei mihi res omen non habet ista bonum.

Quum rexêre orbem tonsi regesque patresque

(Roma) floruit : hoc hirto tempore cuncta ruant. Si barba reddis clero reddatur et uxor ;

Gertiùs est illos hanc habuisse priùs.

Sic saga concédas, dematur linea vestis Sacrificis quia non convenit illa viris.-

Pourquoi ta face sacrée se hérisse-t-elle, ô Saint-Père, d'une barbe de bouc? C'est un mauvais signe, à mon sens. Tant que nos chefs soumirent leur menton au rasoir, Rome fut grande et florissante. Tout dépérit, au contraire, en ce siècle barbu. Si tu rends la barbe au clergé, que ne lui rends-tu donc ses femmes ? Chacun sait bien qu'en la portant il était marié. Rends-lui en même temps le sayon : cette longue robe de lin ne sied pas à des hommes. Supprime, comme le rasoir, tous les statuts et les usages de nos pères, car étant sans barbe, évidemment ils étaient sans raison et ne méritaient pas plus que nous le nom d'hommes. Va, si tu m'en crois, Saint- Pontife, tu respecteras les anciennes coutumes et rendras son visage ordinaire au clergé. Les moustaches cadrent mal avec le surplis, et la barbe ne convient qu'aux efféminés et aux Thrasons, ce n'est plus d'elle que les hommes tirent la force.

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