CHEVAL
Vois le cheval guerrier! te doit-il sa valeur,
Son instinct du péril , la bouillante chaleur Qui l'enflamme et l’entraîne au milieu des alarmes? Son oreille se plaît au son bruyant des armes.
De ses larges naseaux il aspire, il boit l’air;
Ses pieds retentissants font pétiller l’éclair;
Il ronge, plein d'ardeur, son mors blanchi d 'écume : Tant du prochain combat le besoin le consume ! Sitôt que la trompette et ses rauques accents Ont au loin réveillé les échos frémissants,
Il dit : Allons!!! et part, et vole, et dans la plaine En tourbillons fumants disperse son haleine!... Comme la sauterelle, il s'élance, il bondit.
Ainsi la flèche siffle, et l’acier resplendit. Qu’importent les hasards dont sa course est semee? Il reconnaît des chefs la voix accoutumée;
Il se jette à travers les poudreux escadrons,
Au bruit de la mêlée, aux accords des clairons, Haletant, furieux, les crins épars !... Il nage Dans l’immense vapeur qu’exhale le carnage.
D’une grêle de traits sans relâche investi.
Son cœur un seul instant ne s’est pas démenti.
De son généreux sang déjà les flots ruissellent;
Il garde sa fierté, mais ses forces chancellent.
Il cède, il tombe enfin sur l’arène qu’il mord,
Où son premier soupir est un soupir de mort.
(lbid. } cil. xxxtx.)
Ce portrait du cheval, Messieurs, n’est parfait, n’est même exact, que parce que le cheval arabe en est le héros.
Secrétaire. Nous voilà en belle compagnie:
l’aigle, le cheval et l'autruche; mais, pas même une parole de Dieu!