‹ Passage du Coran a l'Evangile, faisant suite aux Soirees de Carthage, et a la Clef du CoranChapitre 30 sur 38 · TASSAGE I)U CORAN · texte numérisé non relu

TASSAGE I)U CORAN

Si nous étions des païens, le babas n’aurait pu mieux choisir pour nous faire glorifier de compter Job parmi nos aïeux. Aux enfants du Coran, il faut un autre langage. Mais, heureusement , notre livre y supplée : j’ai déjà cité un verset à la louange de Job; je pourrais en citer d’autres.

Prêtre. Patience !

Dziri. Patience, patience! C’est qu’il faudrait la patience de Job. Ça ne comprend rien, je l’ai bien dit.

Prêtre. De la patience ! à l’exemple de Jésus, qui l’a portée plus loin que Job. Je dirai donc au secrétaire, quelles que soient les dispositions de son âme qui l’ont porté à me faire des observations peu académiques et un peu étranges, je lui dirai : Les portraits que j’ai cités ne sont que des extraits d’un discours que Dieu est supposé adresser à Job pour faire ressortir sa puissance et sa sagesse par l’énumération des merveilles de la création.

A cause de l’incident survenu, il est de mon devoir de rapporter le commencement de ce discours. Je le dois à la gloire de Dieu, à la louange de Job; je le dois au secrétaire : le Chrétien est débiteur de la charité envers tout le monde.

Job au comble de l’épreuve était descendu avec quelque complaisance dans le moi, ombrette favorite des patients et des humbles.

Pour le confondre,

Du sein d'un tourbillon la voix du Tout-Puissant Sort, et fait retentir tout le ciel frémissant.

Quel est cet insensé dont le hardi langage Mêle le faux au vrai, le respect à l’outrage?

D’un tel excès d’orgueil conuais-tu le danger ?

Prête l’oreille. Job! Dieu va t’interroger.

Est-ce toi dont la main , en merveilles féconde , .

Sur sa pierre angulaire édifia le monde,

Jeta les fondements et régla son niveau.

Lorsque ensemble, admirant ce prodige nouveau, Tous les astres en chœur, au doux concert des anges. Pour célébrer mon œuvre unirent leurs louanges? Prévoyais- tu l’instant où la clarté des cieux •

Pour la première fois viendrait ouvrir les yeux ? Quand mon souffle éternel daigna te donner l’ètre ,

Le nombre de tes ans, pouvais-tu le connaître?

Quels sublimes travaux, en six jours terminés. Parleront de ta gloire aux siècles étonnés?

Du matin renaissant l’étoile avant-courrière Te doit-elle l’éclat dont brille sa lumière ?

Et quand s’éteint le jour, à l’étoile du soir Dans son char scintillant as-tu dit de s’asseoir ?

Mais peut-être est-ce toi dont l'immortel génie De ces mondes sans nombre entretient l’harmonie? Jusqu’au fond de l’abîme as- tu plongé tes pas?

De l’antre ténébreux qu'habite le trépas,

Les portes devant toi se sont-elles ouvertes?

Change en séjour riant les campagnes désertes,

Où, parmi les rochers, les halliers épineux,

Le seul reptile roule et déroule ses nœuds.

Dans les sauvages licu-xoù la nature expire,

Fais éclore des fleurs; qu’un vent frais y respire; Que le cèdre orgueilleux, de ses feuillages verts,

Y lève un front géant, respecté des hivers.

Si, de tous mes secrets heureux dépositaire,

Pour toi dans l’univers il n’est point de mystère,

passage du coban

Tu ne peux ignorer quelle route conduit Au berceau de l'aurore, au palais de la nuit.

Ii’où provient la chaleur? Sais-tu par quelle voie Arrive le soleil qu’à la terre j’envoie,

Et quels globes lointains, de glaces entourés.

De ses rayons mourants sont à peine éclairés?

Eh bien! si tu le peux, que ta main faible et grêle l'orge l’ardent éclair et la bruyante grêle.

Répares-tu pour moi, dans mes jours de combats, Les armes de la neige et celles des frimas?

Que le temps, à ta voix, dans sa marche s’arrête! Ordonne aux aquilons de souffler la tempête!

Déchaîne sur les monts leur vol impétueux!

Fais descendre la pluie à flots tumultueux ;

Et qu’au lever do jour, sur la plaine arrosée,

En diamant liquide éclate la rosée.

Des fleuves, enchaînés dans leur berceau natal. As-tu durci les flots en solide cristal?

Pourras-tu cependant, commander au tonnerre De partir à ta voix pour effrayer la terre?

F.t, roulant sous un ciel de ténèbres noirci, Vicndra-t-il au retour te dire : Me voici?

C’est ainsi que de Dieu la voix éclate et tonne.

Plein d’une sainte horreur, Job l’entend et frissonne,

Et le Seigneur à Job de nouveau s’adressant :

L’insensé qui dispute avec le Tout-Puissant,

Et se pare à ses yeux d’une vaine insolence,

Sera frappé de crainte et réduit au silence;

Car je suis le Seigneur!...

Secrétaire. Pauvre Job! Que dut -il ré-

Prêtre. Et Job a répondu :

Qui parle follement, doit être confondu;

A L’ÉVANGILE

Il doit alors se taire en tout ce qui vous touche.

Moi, Seigneur, de ma main je fermerai ma bouche;

J’ai dit ce qu’à présent je voudrais retirer.

Dziki. à voudrais il n’y a qu’à substituer devrais , et la réponse du secrétaire est toute faite.

Secrétaire. O Dieu! ô prophète! Auprès du sarcasme de mon maître, la condition de Job me paraîtrait douce.

Prêtre. Job ajouta :

Une seconde fois on m’a vu murmurer :

Aussi, me renfermant dans mon humble partage,

Mes lèvres n’oseront vous parler davantage. [Ibid,]

Le Secrétaire, le menton appuyé sur le poing, dans la posture que les artistes ont coutume de représenter un esclave qui vient d’être frappé de verges , après un moment de silence dit : C’est égal, je n’ai pas perdu le temps. A quelle époque a vécu Job ?

Prêtre. Avant Moïse, ou de son temps. Car le législateur des Juifs eu fait mention.

Secrétaire. Si tant est qu’il faille admettre des défectuosités dans le Coran , la nation arabe peut s’en consoler : plus de deux mille ans avant Mahomet, elle a pu dire qu’elle avait un livre inimitable.

Prêtre. Ce serait injuste de ma part de ne pas en faire l’aveu. £h bien ! avec la même sublimité que Job a parlé de Dieu créateur, avec la même il a parlé de Dieu rédempteur.

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