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Charles-Jean n'envoyait point de troupes au secours d'Alexandre, il léelairait sans cesse par ses conseils, il lui adressait lettre sur lettre, pour Jui tracer des plans de défense, pour relever son courage et affermir sa résolution. Lui seul, à la suite de notre pompeuse entee en campagne, de notre marche rapide, de nos premivres victoires, jugeait le péril de notre situation et le peignait énergiquement au tsar, qui parfois avait quelque peine à le comprendre. Charles-Jean lui-même n'a raconté que, le jour où Pon apprit à Stockholm le résultat de la bataille de la Moskowa, il vit arriver dans son palais Mme de Staël, tout effarée de cette victoire, et songeant déjà, dans lineroyable préoccupation de son importance, à quitter Stockholm, comme si l'armée française allait la poursuivre jusque sur le sol de la Suède. © Rassurez-vous, madame, lui dit Charles-Jean ; Napoléon vient de conquérir un nouveau champ de bataille, et il peut tirer de ce suceès un parti décisif. Ni maintenant 1l offre la paix à l'empereur de Russie, en proclamant la constitution, Pi pendance du royaume de Pologne, 1l est sauvé; mais 11 n'aura point cette
. habileté, et il est perdu. »
Malheureusement il disait vrai.
Quelques jours après, on reçut à Stockholm la nou-
| velle de l'entrée des Francais à Moscou, Nul fait aussi À rave eten apparence aussi décisif n'avait encore signalé 1 campagne de 1812. Tous les esprits étaient dans l'attente. Les partisans de l'alliance russe se deman Ldient avec inquiétude quel parti la Suède allait
prendre, Les partisans de l'alliance française (il v en : 4
avait encore un assez grand nombre dans le pays) espt. raient voir un revirement subit de politique. Les mi: nistres étrangers se présentérent le soir au palais du roi dans une grande perplexité. Charles-Jean comprit que c'était un de ces moments solennels qui exigent une prompte décision, I s'approcha de lenvoyé de Russie et lui dit : & Je déplore le sort de Moscou, mais je féli. cite l'empereur Alexandre: Napoléon est perdu. Un courrier, parti 11 y a deux heures, porte au ministre de Suède, le conte de Lüwenhielm, les ordres du roi pour resserrer encore les liens qui nous unissent à lem: pereur. Oui, monsieur, ajouta-t1l en se tournant vers le ministre d'Autriche, Napoléon est dans la seconde capitale de lempire Russe, et il est perdu. Vou pourrez annoncer à votre cour que tel est mon avis sur cet événement. »
La retraite de Moscou, la déroute effrovable de l'arnée française, réalisérent les conjectures du prinr royal de Suède, et donnérent à l'Angleterre, à la Russie, à la Prusse, un élan tout nouveau. Dans léspace de quelques mois, les conditions de la guerre étaient bien changées. Les longues plaines d'Allemagne, naguère asservies au pouvoir de Napoléon, devenaient de nor veaux champs de bataille, et les armées confédérée: reprenaient l'offensive. Au mois de mai 1815, Charles Jean débarqua à Stralsund, investi du titre de gént ralissime de la division du Nord et entrainant à « suite l'armée la plus nombreuse que la Suède «it jamais envoyée au delà des mers. Ce fut lui qui trac
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