A lurore Normannorum libera nos. Domine
52 PASSÉ ET PRÉSENT seur de ce grand roi renversait, dispersait la plus fière, la plus glorieuse des armées.
À la première époque que nous venons de rappeler, on apaisait l’ardeur sauvage des corsaires du Nord par des tributs volontaires, par des présents. A la seconde, Richelieu, malgré son titre de ministre d'un roi catho. lique, sa dignité de prince de l'Église romaine, ne eraignait pas de s'allier au chef de l'armée protestante, pour faire fléchir la tête de l'Autriche et assurer les intérêts politiques de la France, À la troisième, tout devait nous garantir l'alliance, le secours, le dévouement de la Suède. Napoléon ne l'a point voulu; ce fut pour Bernadatte un profond malheur d’avoir à défendre sa couronne en prenant les armes contre la France. Toute sa vie, si honorable d’ailleurs, est voilée là d'un nuage sombre; ce nuage, nous ne voulons ni ne pour vons l’effacer, [l nous à paru juste seulement de di. montrer que Charles-Jean n'avait point conspiré di gaieté de cœur contre sa patrie, qu'il avait été peu à peu conduit, par des circonstances impérieuses, à la plus triste des résolutions, et qu'enfin, se voyant dans lim possibilité de satisfaire à la fois à ses devoirs envers hi France et envers la Suède, il s'était cru forcé de saert fier les premiers pour accomplir les seconds. Ajoutons à ce fait que Charles-Jean protesta sans cesse contr toute idée d’invasion en France. Dès la conférence di Trachenberg, lorsque les deux souverains coalisés aver lesquels 1l contractait un pacte solennel poursuivaient dans leur entretien toutes les chances possibles de h campagne qu'on allait commencer, 1l établit, en cas de
“4 * ee Bu succes
mis À content France assurer trône d celui de arinees dans ses Il injuri pouvons dons la après l'an sentimen France, I bords du la France Jean lui
déjà énonc etre, lu lite conn de son éla velopper « entrée au sirait son « eh bien, réveiller { | épuisée d’:
} grands cri
\ Toute l'Eu
ere,
eler, L par nue, atho- ROUE jante, y les , tou \VOUCce ful fendre 'anee.
à d'un e pour de de ré de à pet a plus s l'in vers | » saeTI outons contrt nee de és avet ivalenl s de cas di
LA SUÈDE SOUS DERNADOTTE 59 succès, un programme bien différent de celui qui a été mis à exécution en 181%. Il déclarait qu'il fallait se contenter de renfermer Napoléon dans les limites de la France telles qu'elles étaient à l'époque du Consulat, assurer, avec des conditions d'indépendance, à Louis le trône de Hollande, à Eugène celui d'Italie, à Murat celui de Naples. Si, après les victoires successives des armées coalisées, 11 prit un langage plus hautain; si, dans ses bulletins, ses proclamations de 1815, de 1814, il injurie maintes fois la personne de Napoléon, nous pouvons le dire, ces mêmes bulletins, dont nous possédons la collection entière et que nous avons lus lun après l'autre avee soin, exprimaient toujours un profond sentiment du respect pour l'honneur et la dignité de la France, Plus tard, lorsque Alexandre, s'arrêtant sur les bords du Rhin, étonné lui-même de se voir si près de la France, le consultait sur ce qu'il devait faire, Charles- Jean lui répétait avec une mâle énergie ee qu'il avait déjà énoncé dans une lointaine prévision à Trachenberg : «Stre, lui disait-il, j'ai dès longtemps acquis une parfaite connaissance des sentiments de la nation française, de son élan et du patriotisme qu'elle est capable de développer dans les crises violentes. À l'époque de mon entrée au ministère, elle méprisait le Directoire et déstrait son expulsion; le territoire français était menacé : eh bien, Sire, je n’eus besoin que de parler pour réveiller tous les courages assoupis. La France était tpuisée d'argent; elle désirait la paix, la demandait à
L grands eris, et j'obtins plus que je n'avais demandé.
loute l'Europe alors aussi était conjurée contre elle, et
ne... à
cependant elle maintint sa ligne défensive entre les Alpes et les Apennins. Bientôt elle fut victorieuse sur tous les autres points. »
Une autre fois, il lui disait : « Franchir les fronlières de la France, c'est imiter Napoléon lui-même, el justifier sa conduite envers nous; c’est encourir nousmêmes les justes reproches que nous lui avons adressés: c'est méconnaitre et fausser les principes d'éternelle justice que nous invoquions contre lui, les seuls qui nous autorisaient à repousser la force par la force. »
Ajoutons encore que, de tous les princes réunis à Leipzig après le désastre du 18 octobre, il fut le seul qui osa (oser est le mot) témoigner un vif intérêt, une touchante sympathie au pauvre roi de Saxe, à notre fidèle allié, repoussé dédaigneusement par Alexandre, par le roi de Prusse, condamné à voir passer seul, dans sa douleur, cette armée victorieuse qui devait lui enlever la moitié de ses États. Rappelons-nous aussi que, pendant tout le cours de cette guerre à jamais déplorable, Charles-Jean se montra constamment plein de sollicitude pour nos soldats qu'il voyait succomber devant lui. — On m'a raconté en Pologne que le grand due Constantin, qui aux habitudes les plus barbares allait un vif sentiment de l'honneur militaire, laissait percer devant les généraux même de la Russie une irrésistible pensée de Joie et d’orgueil quand on venait lui rapporter qu'un des régiments polonais qu'il avait formés s'était bien battu. Charles-Jean éprouvait le même ser timent d'orgueil en voyant la bravoure de ces troupes dont il avait si longtemps partagé les fatigues et stimuli
de.
LA
l'ardeur.
S'apitova lissime « kr rude :
de La Fr S'CIIOUV( lui-mème G, de Lo Jjustemen ques qi qu'un jou Voyant pa de blessé contre ses valent pe reux, don blessures.
Que ce:
veux l’enf
d'avoir D sens moibienveillu pour lui ur oublier le trrière d’
dens de «
> prouve du
| France, jus
| serva loujo : ilerre nat
, les
sur
frone, el 1OUs- SSOS !
nelle $ qui , )) nis à , seul t, une notre ndre, , dans Ai el L que, déploin de ymber and rbares aissail e ire ait lu Ormes Le ser Oups {in
LA SUËDE SOUS BERNADOTTE 99 l'ardeur. De plus, il tressaillait à leurs souffrances, il s'apitovait sur leur sort. Prince royal de Suède, généralissime de l'armée du Nord, il poursuivait avec courage kr vude tâche qu'il avait cru devoir embrasser : enfant de la France, il sentait en même temps ses entrailles s'emouvoir à l'aspect de toutes ces douleurs dont il était lui-même un des premiers instruments. M, le comte G. de Lüwenhielm, qui s’est fait en France un nom justement aimé et respecté par les fonctions diplomatiques qu'il y a si longtemps remplies, m'a raconté qu'un Jour, dans un de ses campements, Charles-Jean, voyant passer à quelque distance de sa tente un convoi de blessés français, entra dans une violente colère contre ses officiers, et leur demanda comment ils pouvaient permettre qu'on exposàt à sa vue ces malheureux, dont il ne pouvait alléger le destin ni guérir les blessures.
Que ces divers incidents ne justifient point à nos veux l'enfant du Béarn, le prince de Ponte-Corvo, d'avoir porté les armes contre la France; non, je le sens moi-même, et Je le dis à regret, car la douce bienveillance dont m'a honoré ce prince m'a inspiré pour lui une profonde gratitude, et je voudrais pouvoir
à oublier le seul événement qui jette une ombre sur cette curière d'ailleurs si bien remplie, Mais tout ce que je D viens de dire, tout ce que j'ai essayé de démontrer, » prouve du moins que, jusque dans sa rupture avec la | France, jusque dans ses combats contre nous, il con- | serva toujours un profond sentiment d'affection pout | siterre natale et pour ses anciens compatriotes.
Cette première partie de son existence de prince était pénible pour nous à retracer. [nous sera plus doux maintenant de suivre Charles-Jean dans les actes de son administration qui se rattachent au régime imté. rieur de la Suëde,
A l'époque où Bernadotte y arriva, la Suède était dans le plus grand état de crise, de souffrance, d’affaiblisse. ment, qu'elle eût éprouvé depuis les longues guerres qui suivirent la rupture du traité de Calmar. Dans l'espace de douze ans, trois fois une secousse violente l'avait ébranlée, trois fois le trône des Wasa avait été remis en question. En 1792 Gustave IT tombait, au milieu d’un bal masqué, sous le poignard d’un assassin. En 1809, par une froide journée de décembre, une frigate emportait sur la terre étrangère, sur la terre d’exil, Gustave IV et son fils, les derniers héritiers de cette noble lignée de souverains où brillent les noms à jamais célébres de Gustave Wasa, Gustave-Adolphe, Charles X, Charles XE et Charles XIT. Le due de Sudermanie, qui. pendant la minorité de Gustave IV, avait été proelami régent du royaume, fut, après la soudaine révolution de 1809, appelé d'une voix unanime à porter la couronne. Dans sa jeunesse, ce prince avait fait preuve d'un ex prit éclairé et d’une mâle valeur, mais l’âge avait affa bli ses qualités énergiques, et il n'avait point d'enfants. La Diète choisit, pour le seconder dans son administra tion et pour lui succéder au trône, le prince Christian d'Augustembourg, et, six mois après, ce prince tombait frappé d’un coup d'apoplexie devant un régiment qu passait en revue, Le peuple, qui n'avait fait qu'entre
: sous les
À au milieu | de tels dra L «vec une 1
L hier la rag » sur le pavé à Piper et du
à de longs et affreux sou
voir enc( + peuples :
! essaye le
© mort sub
pe CONVOL M
populace » arrôta la buait la n
… le massac
lemps s'él
la nobless nières, ce qui servai à Varenne étrangere, jacobinisn
pacifiques
Le meur
complices,
Ce fut s
peuple, de
rince plus actes
ciné.
t dans lisse CITES s l'es l'avait remis milieu in. En 1e fre d'exil, » celle jamais rles \, e, qui oclami tion de drone.
un es it affainfants.
inistraaristian ombait it qu'il
rentre.
voir encore son futur roi, et qui l’aimait comme les
© peuples aiment les princes dont ils n'ont point encore
essayé le pouvoir, entra en fureur à la nouvelle de cette
à nort subite, et erut à un empoisonnement. Quand le | ‘ convoi mortuaire entra dans les rues de Stockholm, une . populace effrénée se précipita au-devant des chevaux, LD arrèta la voiture du comte de Fersen, auquel on attri-
buait la mort du jeune prince, le saisit dans sa fuite et le massacra. C'était ce même Fersen qui pendant long-
Lemps s'était fait remarquer à la cour de Versailles par bla noblesse de sa physionomie et l'élégance de ses ma-
nières, celui qu'on n'appelait que le beau Fersen, et qui servait de cocher à Marie-Antoinette dans la fuite à Varennes. Le dernier serviteur d'une famille royale étrangère, échappé comme par miracle aux fureurs du jacobinisme, devait, vingt années plus tard, expirer
| sous les coups de ses concitoyens, en remplissant les
maciliques fonctions de courtisan. Quand on rencontre
hu milieu des tempêtes populaires de tels épisodes et
de tels drames, il est impossible de ne pas s'y arrêter
| avec une indicible pensée de fatalité.
Le meurtre du malheureux Fersen ne fit que redou-
b hler la rage de ceux qui venaient de verser son sang à sur le pavé. [ls assaillirent la demeure de la comtesse à Piper et du comte Ugglas, qu'ils regardaient comme ses complices, et la garnison 'e la ville ne parvint qu'après : de longs efforts à réprimer un désordre produit nu un Lallreux soupçon.
Ge fut sous l'impression de cette effervescence du
| peuple, de ces actes de violence honteuse, que la Suède
se +
dut procéder au choix d'un nouveau prince royal, Chu. eun sentait que, dans la situation où le royaume avait été jeté, il lui fallait une main ferme, un courage éprouvé, pour le relever dans son affaiblissement et |
soutenir au milieu des périls qui le menaçaient {|
toutes parts. De son côté, la diplomatie ourdissait an. tour de la prochaine élection la trame habituelle de se
froides et égoistes combinaisons. La Suède eut le bon.
heur de ne point se laisser enlacer dans ce tissu tk négociations trompeuses. Elle voulait un homme fort, intelligent, dévoué, et Bernadotte fut cet homme.
Le 19 octobre 1810, le maréchal de France, deveni prince royal d'un État scandinave, recevait, sur les from üères du Danemark, au bord du Sund, la députation envoyée au-devant de lui : l'archevêque d'Upsal et l'ar chevèque de Lund, chargés de recevoir sa profession di loi, les comtes Charles et Gustave de Lôwenhielm, désr
gnés pour l'accompagner dans son voyage. Le lende- L » Ü Le main, il posait le pied sur le sol de la Suède, au militu
d'une population immense qui se pressait avec un
avide curiosité sur sa route et le saluait avec enthour
siasme, Si les acelamations qu'il entendit alors, si k respect qu'on lui témoignait, étaient pour Jui d’un bo augure et lui donnaient un doux espoir, tout ce tribut d'éloges et tous ces témoignages de confiance lui impo-
saient en même temps de graves devoirs, En s'avar cant de Helsinghorg vers Stockholm, il pouvait vor
à travers les ares de triomphe élevés sur son passage. bien des terres incultes et bien des hameaux appauvris, dépeuplés par les dernières guerres. En interrogeant
out
1 les deux € * louloureu sur ses fui C'était royaume €
Russie, à
lui enleva
l'armée ru
sanglante le Danema
n'avait d'a
core ce del d'esprit, Ii puissances décimées C
généreux d le pouvaiel uuerre inse
d'une popu btions de tor hrien ne por Lilou des L le deuil de |
bon enterrail beau matin
Llauite tranqu ‘ de cent mil
Lcest-à-dire | de monnaie La révolu