‹ Passé et présent [microforme]Chapitre 18 sur 97 · LD · texte numérisé non relu

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douloureux détails sur le règne de Gustave-Adolphe et sur ses funestes résultats.

C'etait ce roi extravagant qui, du fond de son faible royaume de Suède, déclarait à Ki fois là guerre à la

Russie, à la France et au Danemark. L'armée francaise

lui enlevait Stralsund, la Poméranie, l'ile de Rugen; l'armée russe lui arrachait lun après l'autre, dans une sanglante campagne, tous les distriets de la Finlande: le Danemark le tenait en échec du côté du Sund. Il n'avait d'autre soutien que l'Angleterre : il s’aliéna encore ce dernier allié, et resta seul, dans son aberration d'esprit, livré au ressentiment des deux plus grandes puissances de l'Europe. Les souffrances de ses troupes

> dicimées dans l'affreuse expédition de Finlande, le

sénéreux dévouement de ses officiers et de ses soldats ne pouvaient toucher son cœur, et les désastres d’une auerre insensée, la famine qui éclata en 1809, l'aspect

» d'une population que les rigueurs de l'hiver, les priva-

b tions de tout genre réduisaient à la dernière extrémité, Brien ne pouvait le faire sortir de son aveuglement. Au Luilieu des douleurs qui éclataient de tous côtés, dans

ble deuil de sa capitale où, au commencement de 1809, Don enterrait chaque jour les morts par centaines, un

beau matin, Gustave-Adolphe signe avec la plus par-

Late tranquillité d'âme un décret qui ordonne une levée » de cent mille hommes et un impôt de trente millions,

c'est-à-dire près des deux tiers de tout ce qu'iley avait

le monnaie nationale en circulation dans le royaume.

La révolution qui mit fin à tant de folies s'accomplit

PEINE, PERRE

60 P'ASSÉ ET PRÉSENT en quelques heures sans effusion de sang et sans con. motion, I n'y a pour les dynasties les plus brillante qu'une certaine durée de force et de pouvoir, Un ten arrive où les descendants des fondateurs de monarcl dégénèrent et s'affaissent comme des plantes privés du suc vital, Vains fantômes décorés du titre de ro, ils se pavanent encore sous leur manteau de pourpre leur couronne héréditaire; mais une légère secous suffit pour leur montrer le néant de leur orgueil « limpuissant effort de leur volonté. La monarchie (| Napoléon, la plus grande, la plus éclatante de toute a été de toutes la plus éphémère, comme st, dans l'ex pace de quelques années, elle avait épuisé la sève {! plusieurs sièeles. Les autres... on peut voir ce qu'ells sont devenues! Celle des Wasa devait suivre la loi con: mune, et Gustave-Adolphe, surpris dans son palais pa quelques officiers las de son absurde tyrannie, subi comme un enfant la volonté de ceux qu'il prétendait quelques jours auparavant, gouverner avec un scepin de fer.

Mais, la cause du mal ayant disparu du sol de | Suède, le mal n’en restait pas moins profond et diflicil à réparer; les cadres de l'armée incomplets, les arv naux vides, les côtes et les forteresses sans défen provinces entières où les paysans déclaraient 1 blé pour la semence, ni chevaux pou lu trésor de l'État épuisé, le royaume réduit, par la pert de la Fénlande, aux deux tiers de son ancienne étendu, et une dette de 150 millions dans un pays dont le hui get annuel ne s'élève pas à plus de 24 millions : voi

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l'héritage que Gustave-Adolphe, en partant pour lAlle- Milantes PA

à ayne, léguait à ceux qui devaient occuper son trône,

f nn tennis Charles-Jean n'eut le titre de roi qu'en 1818; mais

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onayell son règne commença, on peut le dire, du jour où il

PCR tra à Stockholm comme prince royal. Charles XI AU n'avait plus la force de porter le fardeau des affaires, UP ti l'abandonna avec joie et confiance à cet élu du due peuple, dont il sut promptement reconnaitre la fermeté au ; et l'intelligence. Investi du commandement des troupes rehie 1 de terre et de mer, appelé à présider les délibérations À rates D lu conseil d'État et à diriger les diverses branches de ans . l'administration, Charles-Jean étudia patiemment toutes SCVC (li

les questions qui imtéressaient le bien-être, la prospérité Fe ellk D de la Suède, et travailla avec ardeur à réparer les plaies Loi cond jte à ce noble pays par laveugle témérité et la déplorable obstination du dernier gouvernement, Il sut s'en-

lourer des hommes les plus experts en chaque matière,

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itonclai : = . + , . CNP tend suter d'une oreille attentive les conseils qui lui étaient

à donnés. I avait tout à apprendre dans une contrée si : différente de celle où il avait passé la moitié de sa vie, til eut cette qualité si désirable pour un roi, de bien

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En peu de temps, la Suède, abattue et découragée,

Le eleva sous son nouveau sceptre comme un fier cour-

dont un éperon exercé aiguillonne les flanes, et mt une : un habile tient les rènes. L'ordre fut rétala POUR Li dans l'armée, la confiance rentra dans l'adminiscond tation, et la Suède reprit une nouvelle attitude. Le ble ” blocus con nental, auquel ce pays s’associa à regret, S ?: VOIl

par défér ce seulement pour la volonté de Napoléon,

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ü2 PASSÉE ET PRÉSENI

par le désir de conserver la paix avec la France, | guerre qui éelata ensuite, paralysèrent pendant jh sieurs années le commerce du pays et compliquer cravement les embarras financiers. Les revenus {| l'État étaient au-dessous des dépenses: les produits (| la douane, qui en 1810, avant la déclaration de guer, à l'Angleterre, s'élevaient à 5 nullions, ne fure en 4811 que de 1800000 francs. Le papier-monr naie tombait de jour en jour dans un plus grand di crédit; on ne l’escomptait qu'avec une perte effrayante, Les obligations du royaume valaient encore, à la fin 1810, 40 à 50 pour 100; en 1812 et 1813, on nu offrait que 16 ou 20. Ce malaise financier était la pli la plus affligeante du royaume; ee fut celle que din la Diète de 1815 les députis de l'opposition s'att chèrent surtout à faire ressortir en la peignant sous le couleurs les plus sombres et les plus sinistres, et on reprochant au gouvernement de n'avoir pas su y ap: porter remède, Mais Charles-Jean connaissait à fond le ressources du pays, et il comptait sur les années de paix dont il allait sagement emplover les bénéfices ; il avail d'ailleurs une fortune considérable, et il voulait con: sacrer cette fortune au service du pays qu'il était appel: à gouverner, En 181%, l'Angleterre lui alloua, à lui personnellement, à titre d’indemnité pour les dotations qu'il avait perdues en France, un million de livre sterling. Gharles-Jean établit avec cette somme un fonds d'amortissement pour l'extinction de la dette étrangère, Les états généraux, en le remerciant d'une telle générosité, lui constituèrent une rente annuelle de

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LA SUËDE SOUS BERNADOTTE 65 100 000 franes, réversible sur ses descendants, Grâce à l'abandon de ces 25 millions et à d’autres sacrifices péeuntires que le rot S'imposa sans hésiter chaque fois qu'il en fut besoin, grâce aux sages mesures qu'il mit en œuvre, la Suède, tout en conservant ses contribulions à un taux modéré', s'est, en moins de trente aus, délivrée du lourd fardeau qui pesait sur elle : ses dettes ont été amorties, son papier à recouvré sa valeur légale, sa banque peut être eitée au nombre des hanques les plus florissantes de l’Europe. Cependant l'utiles travaux ont été exécutés à grands frais sur tous ls points du royaume : jei de vastes défrichements de

L torre ou des desséchements de marais: là des canaux

ouverts dans le roc et dans le flanc des montagnes.

} Celui de Gotha, qui réunit la mer Baltique à la mer du

Nord, a coûté plus de 20 millions; celui de Hielmar,

> © millions. Six forteresses ont été reconstruites ou Bucparées et agrandies; plusieurs grandes routes ouvertes où rétabliess; dans les districts éloignés de la Lupitale, des rivières et des fleuves déblavéss; sur une blongue étendue, de nouveaux ports ouverts au cominerce, L'industrie a pris un large développement. Des Emanutbetures de draps, de toiles, des raffineries de sucre, 108 papeteries, ont été établies dans plusieurs Lprovinces; des métiers de tissage enrichissent les habi- Ehnts d'un des districts les plus arides du royaume, et bles humbles cabanes en bois de l'Angermanie et des

. Ces contributions, v compris les charges communales, ne vont pas

a delà de 9 francs par tète : e'est huit fois moins qu'en Angleterre, et prés de quatre fois moins qu'en France.

autres provinces septentrionales de la Suède livrer chaque année au commerce des toiles d'une finesse 4 d'une blancheur qui rivalisent avec celles de Holland, On compte à présent en Suède (1859) einmquantesi bateaux à vapeur; il n°v en avait qu'un seul en LR2X, \ minimes que sotent ces chiffres, lorsqu'on les compare: ceux qui sontinserits chaque année dans les budgets (| quelques autres contrées européennes, ils n'en acer. sent pas moins un rapide et mémorable progrès dun un pays où la population est disséminée sur un immen espace, où toutes les communications sont lentes et la débouchés difficiles. I reste beaucoup à faire pou amener la Suède au degré de prospérité commercial auquel elle à le droit de prétendre par une explor tation plus large et plus fructueuse de ses bois et de mines; mais jamais elle n'oublicra ce que Charles-Jear a fait pour la guider et la maintenir dans cette voir, plus qu'aucun de ses devanciers.

En mème temps qu'il travaillait avee une intel wence si droite, une si louable persévérance, à assure les progrès du commerce et de industrie manufactu rière et agricole, il encourageait de tout son pourvoi l'enseignement publie, les arts et les sciences, Par sa soins, les universités de Lund et d'Upsal ont été enr chies, le sort de leurs professeurs a été amélioré, Il fait frapper des médailles pour récompenser les paysan qui se distingueraient dans leurs travaux agronomiques: il a soutenu par son patronage toutes les académies à les sociétés utiles. Des gymnases ont été fondés: par ln dans différentes villes, et de 1009 écoles paroisstales

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LA SUËDE SOUS BERNADOTTE 65 de 380 écoles ambulantes qui existent à présent dans le royaume, les trois quarts ont été établis depuis l’arrivée de Charles-Jean en Suède. À voir le mouvement poétique qui a illustré son règne, les savants qui se sont élevés autour de lui, on eût dit que l'enfant du Béarn avait apporté avec lui sur les froides plages de la Scandinavie harmonie du gai savoir et lardeur scientifique de la France,

Tous les hommes qui se sont signalés par des études sérieuses, par des œuvres utiles, Charles-Jean à su les reconnaitre à temps et les récompenser. Les poètes anés du peuple, Tegner, Franzen, le botaniste Agardh, ont été nommés évêques; Wallin, à qui l'on doit un heau recueil de vers et d'excellents sermons, est mort archevéque d'Upsal. Gerer Fhistorien a été honoré 4e k bienveillance particulière du rot; Strinnholm a reçu de lui une pension pour continuer plus librement ses recherches historiques; Fryxell, qui à publié le plus

| charmant récit des annales de Suède, a été envoyé dans lutes les villes d'Europe où il pouvait trouver quelques L documents relatifs à l'œuvre populaire qu'il a entreprise et qu'il continue avec tant de succès. D'autres Bécrivains moins connus, des Jeunes gens qui en étaient La leur premier essai, des étudiants qui n'annonçaient | que d'heureuses dispositions, ont obtenu de la libéralité

du roi les movens nécessaires pour s'en aller en pays

‘ranger acquérir une nouvelle instruction, et Berzelius

it créé baron et décoré du grand cordon de l'ordre de Wasa, Ce que Charles-Jean à fait pour la Suède, il l'a tenté

66 l'ASSÉ ET PRÉSENT

avec le même dévouement pour la Norvège. Foret «| conquérir par les armes ce pays dont la soumission lu avait été assurée par un traité de paix, il adoueit pu tous les ménagements possibles les mesures de riguen auxquelles il dut avoir recours, et 1l entra à Chris Liania, non point avec la fière attitude dun soldat vi. torieux, mais avec le sourire bienveillant d'un ami. Un rivalité hostile entretenue par Punion intime de la or. vège et du Danemark, par des guerres fréquentes, pu les conflits accidentels résultant d'un voisinage im diat, séparait depuis des siècles les Norvégiens de Suédois. L'influence de Charles-Jean à peu à peu amorti, effacé de part et d'autre ces dispositions dangereuses et maintenant, on peut le dire, la Norvège est attache de cœur au pacte d'alliance qu'elle repoussait vi. lemment en 181%. Rien ne pouvait mieux d'ailleur faire ressortir lintelligence pratique et Fhabileté d Charles-Jean que le gouvernement simultané de ce deux royaumes de Norvège el de Suède, si différent lun de Fautre : à, le principe démocratique pous jusqu'à ses dernières conséquences, une constitution aussi libérale que celle des États-Unis, un peuple qu ne souffre ni titres de noblesse, ni privilèges de nair sance; 161, une constitution essentiellement monar: chique, une nobl'sse nombreuse et puissante, un nation soumise pendant des siècles au régime oligar chique, el qui, au milieu du mouvement démagogiqu de notre époque, à conservé pour l'aristocratie el pot

ses attributions une sorte de respect héréditaire. U n'était pas une faible tâche que d'avoir à tenir h

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LA SUEDE SOUS BERNADOTTE 67 balance entre deux éléments si opposés, sans porter atteinte nt à Fun ni à l'autre, Cest pourtant ce que Charlesdean a su faire par ses efforts et sa constante olieitude, avait pris comme roi cette noble devise : Fotkskärlek är min Belænning, Famour du peuple est ma récompense. Les regrets unanimes que sa mort

Luexcités en Norvège ct en Suède prouvent qu'il avait | «mériter celle récompense,

Charles-Jean étuit un de ces hommes fortement

Ltrempés de lt génération providentielle qui nous à pré: Ledés, Test mort à Pâge de quatre-vingts ans, et jus- Lau sa dernière maladie avait conservé sans altéra- Lion ses facultés physiques et son activité d'esprit. I ina pourtant d'un genre de vie singulier et peu Lhigiénique. Couché jusqu'à quatre heures de Faprès- Luidi, mais S'occupant d'affaires dans son Hit, vers le

so 1 revétait sa redingote bleue et donnait ses au-

liences. Dans Le cours de la journée, il buvait deux ou

lois tasses de bouillon. A minuit, on lui servait son mique repas, repas splendide, auquel 1 prenait une hrge part. Le souper fini, 1 regagnait hnmédiatement sun lit et S'endormait aussitôt d'un profond sommeil, A pur de la fin de Fautonne jusqu'au mois de mai, il le quittait pas ses appartements. Si pourtant quelque hlheur, quelque incendie éelatait dans la ville, de nuit a de jour, par Le froid le plus rigoureux, par la neige, à Finstant méme 1 montait à cheval et courait au Heu lt désastre, L'été venus il repreniul soudain Pautres hihitudes, On le voyait alors presque chaque jour traser les vues de la ville, soit pour visiter quelques

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travaux publics, soit pour se rendre dans le pare, à son élégante maison de Rosendal. C'était là surtout «rl aimait à réunir à sa table un cercle d'hommes choisi, à recevoir Îles étrangers et à s'entretenir pendant |: soirée avec eux des questions qui devaient le plus les intéresser.

Ses réceptions particulières avaient un grand charme, Charles-Jean y apportait une touchante affabilité et un sorte d'abandon, très réfléchi peut-être, mais en apyurence du moins plein de cordialité. Il se plaisait : causer, et il causait avec une vivacité toute méridi:nale. Le recueil de ses bulletins, de ses lettres, de sa proclamations, prouve qu'il possédait à un haut desn l'art de rendre habilement sa pensée. I y a là une co: quence de soldat et d'homme d'État moins concis, moins entrainante que celle de Napoléon, mais souver très vigoureuse et souvent grandiose. Cette même cl: quence se reproduisait dans ses entretiens, et éclatai parfois en images pompeuses. De temps à autre 1l sur rôtait dans son discours, et, fixant sur son auditeur un regard pénétrant, 11 fui disait avec un accent gascon: « Mentendez-vous? » Puis, satisfait du silence qu'il avai inposé, il commençait une nouvelle harangue qui aval tout Le caractère d’une ardente improvisation, et pour suivait ainsi le développement de sa pensée, C'était av les Français surtout qu'il usait de toutes ses coquetteri de manières et de langage. C'était devant eux qu'il anni à dérouler la longue chaine de ses souvenirs, à raconti les magnifiques guerres de la République et les ge rieuses années du Consulat, Plus prudent que tous ve

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LA SUËDE SOUS BERNADOTTE 69) souverains de l'Empire qui entrainaient dans le royaume dont ils allaient prendre possession des officiers, des courtisans auxquels ils faisaient, au détriment de leurs nouveaux sujets, une trop grande part d'honneurs et d'emplois, Gharles-Jean n'avait voulu conserver à sa cour aucun Français, mais il recevait avec empressement tous ceux de nos compatriotes qui demandaient à lui être présentés, et de tous ceux qui, dans Fespace

de trente années, ont été admis près de lui, il n'en est

pas un assurément qui n'ait eu à se louer de sa bienvullance, et beaucoup d'entre eux ont reçu de prévieuses marques de sa générosité.

Ses grandes réceptions offraient un coup d'œil pittoresque et intéressant, Charles-Jean en avait eonsidérablement modifié la vieille étiquette. On ne pouvait encore se présenter à ses bals, à ses soirées, qu'en uniforme; mais une épée d'emprunt au côté, un léger va-

à lon appliqué sur la couture du pantalon, suffisaient à jour satisfaire le regard des chambellans gardiens du b cérémonial, Des femmes d'une douce et mélancolique beauté, d'une élégance toute parisienne, ornaient ces Lrcunions, Parmi les hommes, on retrouvait cette poli- : lesse exquise, cette urbanité de formes et ces habitudes } de prévenances aimables qui distinguent les Suédois

Leutre tous les peuples de race germanique. Vers minuit,

ble roi et sa famille, avee les principaux fonctionnaires, Bsasseyaient à une mème table, es convives prenaient Bplice à des tables voisines, et un souper de facon euli- Eure demi-francaise et demi-suédoise terminait la soirée,

Dans toutes ces occasions, le roi se signalait par une

grande bonté, Cette bonté Lui avail acquis dans | cours de son régne des affections touchantes. De ton les fonctionnaires qui par la nature de leurs servie entraient en communication journalière avec fut, no élit pas un qui ne lui fût profondément attaché, 0 parmi eux on aime à citer Le comte Magnus de Brali, héritier de Fun des plus beaux noms de la Suëde, mao sénéral de l'armée, Le roi honorait ce gentilhomm de sa confiance la plus intime, et le comte de Brah répondait à la sympathie de son rot par un dévouemen sans bornes. Du moment où Charles-Jean tomba nn laide jusqu'à celui où il rendit le dernier soupir, on vu M. de Brahé nuit et jour fixé au chevet du Hit de so maitre, comme un fils auprès de son père, dissimulint sa tristesse, étouffant son angoisse, et oubliant toute fi ligue, tout besoin personnel, pour ne songer qu'un besoins du rot mourant, Les habitants de Stockhohi ont été émus d'un si tendre dévouement, el ceux qu naguère enviaient la faveur dont Jouissait le comte 1 Brahé, et ceux même qui avaient blomé Pexereiee di son pouvoir, dur ont donné plus tard une éelatante re. paration, Le Jour où il parut à la tête de son régime pour prêter serment au nouveau roi, les gens du peuple

en le voyant affaibli par tant de veilles, s'écartatent se

lencieusement devant lui, et ses anciens adversaires | saluaient avee fespeet, [nous est d'autant plus don de citer ce fit, que parmi les hauts fonctionnaires 1 la cour de Suède nul ne s'est montré plus constamment que le comte de Brahé ami de la France et bienveillni envers les Francais,

\ cell dans tout ractere les hier, De v des pen ctilne s de résolu trait dans nimité. Ce Napoléon este, I ne lui donnai et un artic troubler t sur SON CA lez, me dit qu'on app dois souffr expression

étuis Fun L cLquand j'e Dreur, j'atter Brant! »

Cest à ce | inconcevabl quil faut s:

lance que C Ed réforme I a laiss h Diète con

ha! \ cette bonté de eœur que Charles-Jean apportait ile dans toutes ses relations, il joignait les traits de envices ractère les plus disparates et les plus difficiles à eoneidre live, De vieilles idées républicaines s'associaient en lui Ré 0 des penchants d'autocraties il n'aimait pas la noblesse, Bin bilne S'entourait que de nobles. Plein de courage et major M de résolution dans certaines circonstances, il se monom trait dans les occasions vulgaires d'une extrème pusilla- Bah De nimité. Ce même homme qui avait bravé la colère de sement We Napoléon s'effrayait du mauvais vouloir d'un publiba nn DB ciste. ne savait pas le suédois; mais chaque jour on ON lui donnait des extraits traduits de différents journaux, de sou Be coun article hostile à son gouvernement suffisait pour mul troubler toute sa sérénité, Un soir, je le trouvai assis oute LB sur son canapé, le regard étincelant de colère. € Regarqu'un W dez, me dit-il en me montrant un journal de Stockholm, ekhob We quon appelle le Dagligt allehanda, voilà ce que je x qi | dois souffrir! » Puis, relevant Ha tèle avec une vive te de pression de douleur : € Quand J'étais en France, ice de étais lun des premiers parmi les seconds de la terre, inter BB quand j'attendais dans les antichambres de lempe-

mn LIU attendais Ft avec des rois, des princes, et mainte-

peuple. D nant... »

Sent Cest à cette crainte de l’opposition, à cette timidité

aires he M nconcevable dans un homme d’ailleurs si énergique,

is dou BB quil faut sans doute attribuer en grande partie la r'ésis-

ures hnee que Charles-Jean à toujours apportée à tout projet

innent le réforme décisif.

costa Ta laissé l'administration du royaume sur ses bases. jh Diète composée, comme autrefois, des quatre ordres

de la noblesse, du clergé, des bourgeois et du paysans, et le vice radical et les inconvénients conti. nuels de ce mode de représentation ont été souvar signalés par la presse et par plusieurs des membres [a plus éclairés de la Diète. Au commencement de «in règne, Charles-Jean dit que, comme étranger, il n'osi toucher aux anciennes institutions de la Suède; plus tard, il répondait à ceux qui le pressaient d’entr. prendre cette œuvre de réforme, qu'il n'avait plus aswe de temps devant lui, et qu'il léguait cette tâche à se SUCCESSOUTS.

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