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Voltaire a voyagé. Il a séjourné en Angleterre, et y a si bien appris l’anglais, qu’il a écrit dans cette langue son Essai sur la poésie épique. I] a séjourné en Allemagne et a essayé aussi d'apprendre l'allemand”.
Après toutes ces excursions, un jour il s’écrie : « Voyagez, voyages, et vous verrez Si vous serez Mieux nourris, Mieux abreuvés, mieux logés, mieux habillés et mieux voiturés qu’en France ».
Mais les lettres de Mme de Villars et de Mme d’Aulnoy sur l'Espagne? ; les lettres du président de Brosses sur l'Italie! en quelle langue trouvera-t-on des récits plus spirituels, des descriptions plus lucides, des peintures de caractères, des scènes de mœurs plus vivantes et plus vraies ?
D'autres voyageurs nous conduisent en pleine science géographique. C’est l'abbé La Caille, qui a été au cap de Bonne-Rspérance faire la carte des constellations de l'hémisphère austral; qui, en même temps, recueille de curieuses notions sur les Hottentots, et revient par l'ile de France et l’île Bourbon’.
C'est La Condamine, qui a passé plusieurs années à Quito pour étudier la figure de la Terre et qui descend jusqu'à son embouchure le fleuve des Amazones, dont
1. J'ai vu à la bibliothèque de l'Université de Leipzig une lettre mélngée de mots allemands qu’il adressait à Mme Gottsched, passionnée “ome son mari, le professeur Christophe Gottsched, pour la littérature francaise,
2. Le livre de Mme d’Aulnoy, publié en 41680, et souvent réimprimé. cut devenu rare, En 1874 il en a paru à la librairie de M. Plon une nouvelle édition avee des notes intéressantes.
9 5. Journal historique du voyage fait au cap de Bonne-Espérance. aris, 1763.
nul Européen n'avait encore reconnu l'immense éten. due‘. C'est l'abbé Outhier, du diocèse de Besançon, qui va avec les professeurs Celsius, d’Upsal, et Maupertuis faire sous le cercle polaire la même opération que Là Condamine sous l'équateur, et qui raconte d’une façon agréable son voyage en Suède et en Laponie?.
Nous ne savons pas la géographie : mais les pre. mières bonnes cartes géographiques ont été faites par Cassini, Picard, Delisle, d’Anville.
À la fin du dix-septième siècle, Picard corrigeait bien la carte de France, qu'il en retranchait un degré et demi de longitude.
« Je vous félicite de votre savant travail, lui dit en riant Louis XIV, mais vous m'enlevez une partie de mon royaume. »
A la France appartient la révélation de la boussole, inventée par les Chinois’. Dans toutes les boussoles de toutes les nations maritimes, c’est la fleur de lis qui indique la direction de l'aiguille aimantée.
« À la France, dit M. le major Butler, appartient k uloire du Grand Ouest. »
Et le noble officier ajoute :
« Pauvre France! l'Ancien Monde et le Nouveau te doivent beaucoup; mais, dans lun et dans l'autre, ln as bien payé les fautes de ton peuple*. »
4. Relation abrégée du voyage fait dans l'intérieur de l'Amérique méridionale. Paris, 1743.