‹ Passé et présent [microforme]Chapitre 40 sur 97 · The wild North Land, p · texte numérisé non relu

The wild North Land, p

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Oui, les rivières et les forêts, les plaines et les montagnes du Nord-Ouest américain ont été découvertes par nos colons. Au saut Sainte-Anne commençait leur aventureux voyage. Là ils entraient dans une chapelle pour invoquer la protection de sainte Anne, leur patronne‘. Puis ils se remettaient en route, en chantant gaiement la Canadienne. Leurs vieilles chansons sont répétées par leurs descendants. On a conservé ainsi la plupart des noms de leurs anciennes stations. Plusieurs de ces noms indiquent les émotions avec lesquelles ces intrépides voyageurs pénétraient dans les solitudes sauvages de cette contrée aussi vaste que l'Europe.

Une de ces stations s'appelle Providence, une autre Bon-Espoir ; ailleurs on arrive à Entreprise, Résolulion, Soulagement, Confiance.

Là est maintenant une active confédération qui. d'année en année, s'agrandit et, avant un demi-siècle, formera un État colossal.

En bien d’autres pays la France peut se glorifier de ses découvertes et de sa bienfaisante action.

De notables érudits prétendent qu’au treizième siècle des négociants rochelois pénétraient par le Sénégal dans l'intérieur de l'Afrique”.

Ce qui est sûr, c’est que dès l'an 1364 des marins dieppois fondaient des établissements sur la côte de Guinée.

1. Faintly as tolls the evening chime, Our voices keep tune, und our oars keep time, Soon as the woods on shore look dim, We’ll sing at S. Ann’s our parting hymns.

2. Pierre Margry, les Navigations françaises du quatorze au seitième siècle, p.17.

En 1535 les Normands atteignaient les Canaries, e en 1402 Jean de Béthencourt prenait possession de ee archipel”.

Ainsi nos marins ont été sur le chemin du cap de Bonne-Espérance longtemps avant Vasco de Gama, et sur le chemin des Antilles longtemps avant Christophe Colomb.

Ils ont été aussi au Brésil avant les Portugais. Le ca. pitaine Gonneville, parti de Honfleur en 1505, aborde au mois de janvier 1504 sur une des plages de ce vaste empire. À son retour il dit que depuis plusieurs années les Dieppois, les Malouins et autres Normands et Bretons vont là « querir des bois à teindre en rouge, guenons et perroquets et autres denrées”? ».

Innombrables sont les livres sur l'Inde. Mais c'est Bernier qui, au dix-septième siècle, nous a donné les plus sûres, les plus curieuses notions sur l'empire du Grand Mogol. Nul Européen, avant lui, n’avait pénétré dans la vallée de Cachemir, cette idéale vallée que M. le baron de Hugel a visitée en 1840 avec tant de soin, et qu'il a décrite en deux beaux volumes.

Bernier gagna par son savoir la faveur d’un des premiers dignitaires de l’empire, qui était un homme instruit. I fut, en sa qualité de médecin, attaché à ha cour d'Aurengzeb, et il a raconté les voyages qu'il fi avec ce puissant souverain, un voyage hygiénique qui dur deux ans et demi. Mais de Delhi au delà des mon-

4. Gabriel Gravier, les Normands sur la route des Indes, p. 52. 2. D'Avezac, Relation authentique du capitaine de Gonneville. Paris, 1869,

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tagnes de Cachemir il n’y avait ni chemin de fer ni grandes routes, et Aurengzeb ne s’en allait point respirer l'air salutaire du Pundjab comme nos souverains d’'Europe s'en vont aux eaux d'Ems ou de Carlsbad, avec quelques aides de camp et quelques valets. Il emmenait avec lui 10 000 hommes d'infanterie, 35 000 hommes de cavalerie, 70 canons en bronze si gros, qu’il ne fallait pas moins d’une vingtaine de paires de bœufs pour en trainer un; de plus, 50 petites pièces qui le précédaient dans ses haltes et, par une salve éclatante, annoncaient son entrée dans sa tente.

Le glorieux empereur se faisait porter sur les épaules de huit hommes dans une sorte de tabernacle doré qui se fermait avec des vitres. Quelques-unes de ses femmes étaient de même portées par des hommes, d’autres par des chameaux ou des éléphants. Une légion d'officiers, de valets devançait l’impérial cortège pour préparer le prochain campement, dresser les hautes tentes du souverain, celles de son harem et des hauts fonctionnaires.

Ainsi on allait d'étape en étape, à pas comptés, lentement : deux mois pour arriver à Lahore, à 120 lieues de Delhi, à peu près 2 lieues par jour. Dans un beau pays, c'est une agréable façon de voyager. Il y faudrait pourtant moins de cavaliers et de canons.

Bernier a aussi, l’un des premiers, signalé à l’admiration des voyageurs le Tadj Mahal, le tombeau que le schah Djahan fit élever à sa femme favorite Mumtaz, mere de la célèbre Nour Mahal, la lumière du harem, célébrée par Th. Moore dans son poème de Lalla-Rookh.

© De même, dit M. flisée Reclus, que le mot de Par-

152 l'ASSÉ ET PRÉSENT

thénon fait surgir aussitôt devant l'esprit le type idéal du temple grec avec son péristyle, ses frises, ses métopes et les dieux sculptés sur le fronton, de même le nom du Tadj Mahal évoque l'idée du monument parfait de l'art persan avec ses hauts portails en ogive encadrés dans un rectangle d’arabesques. sa puissante coupole ouvragée, ses élégants minarets à galerie et à clochetons!. »

« C'est non seulement, dit un écrivain anglais, le plus beau, le plus noble mausolée qui existe à la surface du globe, mais probablement le plus parfait idéal de Part. N'y aurait-il rien à voir dans l'Inde, le Tad) Mahal mériterait que, pour le contempler, on affrontà les fatigues et les dangers d’un long voyage”. »

Ce merveilleux monument fut construit par un archi. tecte français, Austin, de Bordeaux, dit M. Frank; Vincent Augustin, de Bordeaux, dit M. L. Dussieux dans son savant ouvrage : les Artistes français à l'étranger.

Vingt mille ouvriers furent, pendant vingt-deux ans, employés à ce travail. Augustin mourut avant d'avoir achevé sa magique construction, mais il avait un fik, qui y mit le dernier bloc de marbre.

Nos artistes français, peintres, sculpteurs, architectes, émailleurs, que de belles choses ils ont faites de tout côté et en lointain pays! M. Dussieux compte leurs œuvres par centaines. Il en est deux bien différents l'un de l’autre et mémorables entre tous : sous le ciel d'Orient, le tombeau de la jeune Indienne; sous le ciel du

. L'Inde et l'Inda-Chine, p. 341.

Frank Vincent, Through and through the Tropics, p. 205. . Page 342.

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pe idéal Nord, la cathédrale d'Upsal, bâtie par Étienne de Bonmétopes neuil, qui s’intitulait modestement : Tailleur de pierres.

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de l'an niers temps, fort occupés de l'Égypte, et nous aimons

dans un irendre hommage aux travaux des Lepsius, des Bunsen,

ivragée, des Wilkinson, des Lune. Mais le plus bel ouvrage qui

É : ait été publié sur cette contrée est celui de la Commis-

ais, le sion scientifique que Napoléon conduisit aux quarante

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IL idéal vert la langue des hiéroglyphes, C'est Mariette qui, par

le Fadj ses infatigables recherches, nous a donné les plus cu-

ffrontät rieux enseignements sur les mœurs, le caractère, la vie

M de l'ancienne Égypte.

u areli- À l'Extrême-Orient nous retrouvons d’autres nobles

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ssl En une des phases les plus glorieuses du Portugal, nger. au temps de Vasco de Gama, d’Alvarès Cabral, d’Albuer ons querque, les Portugais, maîtres de Malacca, devaient

d'avoir naturellement chercher à se mettre en rapport avec la an fils, Chine. En 1518 une escadre composée de neuf navires, commandée par Fernand d’Andrade, conduisait en

chitec- Chine Thomas Perez, ambassadeur du roi Emmanuel. iles de Les mandarins de Canton recurent fort civilement "MA e leurs cette flottille étrangère, et l'ambassadeur fut conduit en A ts Lun à grande cérémonie de Canton à Pékin, très bien traité el . dans le cours de son voyage et très bien accueilli dans iel du

là capitale du Céleste-Empire".

1. Lafiteau, Histoire des découvertes des Portugais, t. II, p. 312. — D'autres historiens disent que Perez n'alla pas au delà de Nankin, qu'il \ fut renvoyé à Canton, où il mourut misérablement.

Bientôt un autre commandant anéantit par ses ri. gueurs et sa mauvaise conduite les bons résultats de y mission de Pékin.

Les Portugais s'enorgueillissaient d’être les premiers entrés en Chine, Ils en furent bannis. Vers le méme temps, les Français y arrivèrent, ils restèrent, et peu à peu y acquirent une importante situation!

Dans un village des montagnes du Doubs, au fussey, en face de l'église, s'élève la statue de Dominique arrenin, un enfant de ce village qui entra dans l'ordre des Jésuites. Après avoir professé la rhétorique dans plusieurs de leurs collèges, il fut, en 1695, envoyé en Chine. Là régnait alors Kang-hi, que nos missionnaires ont comparé à Louis XIV.

Comme notre glorieux souverain, 1l occupa longtemps le trône, et il remporta d’éclatantes victoires. Comme lui aussi, 1l aimait les sciences, les lettres, les arts, De son règne datent plusieurs importants ouvrages, publiés en France par les Pères jésuites, dont il recherchait les leçons et dont il protégeait les travaux.

1. « Il me semble, dit M. P. Margry, qu'il y a lieu d'assigner entre la date de 1517 et de 1531 l'époque certaine de la venue de nos premiers navires en Chine, car les mémoires chronologiques de Dieppe rapportent que, cette dernière année, le sieur de Valois, par ordre du roi, vint s'embarquer dans ce port pour se rendre dans l'Empire Céleste, cl qu'il y portait quatre canons de fonte, dont il fit présent de la part du roi au maitre de ce grand Etat. Il fut bien reçu du prince, ajoute Desmarquet, et les vaisseaux en rapportèrent, en échange de leurs marchandises, des porcelaines, du thé et autres denrées, » (Les Navigalions françaises du quatorsième au seisième siècle, p. 190.)

2, 11 faut citer parmi ces ouvrages : la traduction d'une Histoire de la Chine en 12 vol. in-#; la Description géographique et historique de l'empire de la Chine, par le P, du Halde; les Mémoires concernant

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NOUVEAUX LIVRES DE GÉOGRAPHIE 155 arrenin apprit le chinois et le mandehou. Ilattira par son savoir l'attention de Kang-hi et gagna sa confiance par l'habileté qu’il montra en diverses négociations. Le crédit dont il jouissait, il employait à soutenir les intérèts des négociants européens, à protéger les chrétiens, qui, malgré la prédilection de l'empereur pour plusieurs missionnaires, étaient souvent encore fort maltraités.

La persécution apaisée sous le règne du studieux Kang-hi éclata en 1722 à l'avènement de Young-Tching, on successeur, Tous les disciples de l'Évangile furent rigoureusement poursuivis, les prêtres exilés et les églises catholiques détruites".

Parrenin fut excepté de la sentence cruelle, Il resta à Pékin, et plus d’un proserit lui dut un efficace secours. Il vit encore le règne de Khian-long, qui avait comme son aieul Kiang-hi le goût des lettres?. C'est lui que Voltaire appelait charmant roi de la Chine, sans songer, le bon Voltaire, que ce charmant roi protégeait ouvertement un jésuite”,

l'histoire, les sciences, les arts, les mœurs des Chinois, par les missionmaires de Pékin, 16 vol. in-#°, dont la publication, commencée en 1770, n'a été terminée qu'en 1816. (Pauthier, La Chine, p. #4.)

l. Ce soulèvement contre les Jésuites arrêta, dit un écrivain anglais,

les pro . Bientôt elle perdit ce qu'elle avait gagné par fat ces missionnaires. (China, p. 150.)

ime d'histoire et vingt-quatre volumes de poésie.

ent, tM authier, d° ‘aire imprimer un choix de ce qu'il y

vait de nm ux dans la littérature chinoise. Ce choix devait former cent quatre- ngt mille volumes. Et nous plaignons nos candidats au bacca-

luréalt que l'on interroge sur les diverses phases de notre littérature! Quel doit être en Chine L'exais : des candidats au mandarinat ? 5, Reçois mes complime :s, charmant roi de la Chine.

Ton trône est donc ‘sur la double colline ?

Maintenant s'élève à Canton la plus belle église catholique qu'on ait jamais vue en Chine. Elle à àti construite par un autre missionnaire franc-comtoxs, ME Guillemin de Vuillafans.

Ah! nos chers missionnaires ! si pauvres et si cran, si souvent délaissés, méconn'is, outragés, et si ferme dans leur foi! Qui pourrait dire le bien qu'ils font, l nobles œuvres qu'ils accomplissent ! IIS sont en pars étrangers les plus dignes représentants, les meilleus citoyens de la France. Ils font aimer la France par leur douceur. Ils la font bénir par leur bienfaisance, Ils la font admirer par leur désintéressement et leur héroiïsme. ;

« Allez, dit le Christ à ses apôtres, allez et enseigner. Vous n'aurez ni or ni argent: vous n'aurez pas deux vêtements !, »

Ils vont ainsi au loin, nos prédicateurs catholiques. Ils n'ont ni or ni argent, et quelquefois. à peine mn vêtement, et, en même temps qu'ils enseignent, ils apprennent. À leur apostolat religieux ils joignent nn tâche littéraire. Ts étudient la langue, les mœurs, les traditions des peuplades auxquelles ils vont prècher l'Évangile, et ils nous transmettent le résultat de leurs recherches. Ils sont, parmi les tribus incultes ou sur vages, les pionniers de la civilisation, et ils ouvrent au nations civilisées de nouveaux champs d'étude.

La collection publiée sous ie nom de Lettres édi-

Gui sait dans l'Occident que, malgré mes travers,

J'ai toujours fort aimé les rois qui font des vers. 4, Saint Matthieu, chap. xx.

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