‹ Passé et présent [microforme]Chapitre 49 sur 97 · VS · texte numérisé non relu

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Il connaît bien la Chiae; il se rappelle qu'il fut n temps où la France avait dans cet empire une heureuse influence.

« Au temps même de Voltaire, dit-il, alors la science chinoise se renouvelait peu à peu, grâce aux travans et aux efforts des Jésuites, qui ont joué un rôle si im. portant à la cour de Kang-hi, le Louis XIV de l'Orient, Maintenant la Chine s'arme, mais ne se civilise pas. Elle emprunte à la science occidentale des ingénieurs pour ses vaisseaux, des instructeurs pour ses troupes: elle achète des canons Krupp; elle fait construire des fortifications : elle nous demande, en un mot, tout « qui sépare, rien de ce qui réunit les deux civihsations. »

M. Garnier n’a pas été enrégimenté parmi ces affreux hommes qu'on appelle des cléricaux, et il adresse, chemin faisant, ses lettres au Temps, qui n’est pas non plus, que je sache, entaché de eléricalisme.

Mais il voit, il réfléchit et il exprime librement, loyalement sa pensée. Il est brave; il ne craint pas de reconnaître le mérite des Jésuites’, et il parle de nos missionnaires avec un sentiment de cœur.

« Les missions catholiques font, dit-il, un bien considérable, que proclament leurs adversaires eux-mêmes. C'est surtout dans l'intérieur du pays, loin des souvenirs irritants laissés par les dernières guerres, que l’on peut apprécier l'heureuse action qu'elles exercent.

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4, « La pacifique influence des Jésuites eût probablement transformé sans lutte le monde oriental, » (De Pafis au Tibet, p. 402.)

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rendent hautement ce témoignage. Quant à moi, je me suis toujours retrouvé avec le plaisir le plus vif au sein de ces chrétientés qui font à l'étranger un accueil si hienveillant et au milieu desquelles on respire une atmosphère dégagée des pratiques puériles de la vie chinoise. C’est comme une aurore de civilisation européenne qui commence à éclairer le vieux monde orienal et prélude à son rapprochement avec le vieux monde de l'Occident. Le bon accord qui règne presque partout entre les pasteurs de ces petits troupeaux et les autorités locales, l'empressement que les agents du gouvernement mettent à réclamer le concours des missons dans les circonstances difficiles, étonnent et charment à la fois. C’est le nom de la France qui est surtout connu des mandarins chinois et aimé des chréliens indigènes”. »

Parmi les missionnaires qu'il a rencontrés en Chine, M. Garnier se plait à citer M. l'abbé David, qui employa loutes ses heures de loisir à étudier l’histoire naturelle. L'amour de la science l’a conduit jusque dans les monlagnes de la Mongolie. IT a publié une partie de ses bintains voyages dans les Nouvelles Archives; l'autre,

en deux volumes, dans la collection Hachette’. Il a

donné à notre Muséum les choses les plus précieuses, et, tandis qu'il botanisait dans la Tartarie, il a été nommé membre correspondant de l’Académie des Sciences.

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