‹ Passé et présent [microforme]Chapitre 62 sur 97 · Urbain Olivier, Matinées d'automne, p · texte numérisé non relu

Urbain Olivier, Matinées d'automne, p

«Un jour, dit-il, après avoir gravi au haut d'un pri. cipice dans lequel tombe une cascade, soudain, à travers le bruissement de cette eau écumeuse, arrive à mon oreille un son étrange, un son suave, solennel, émou: vant, plus clair que celui de la flûte, plus pénétrant que l'hymne dans l'église. Jamais je n'avais entendu rien de pareil. Ce n’est pourtant pas un chant. Ce ne sont que des notes rapides, mais d’une douceur imex: primable. Je les écoute dans une sorte de ravissement, Puis je cherche d'où vient cette merveilleuse musique: je regarde de tous côtés et je finis par apercevoir, in haut du précipice, à la pointe d'un léger bambou, un petit oiseau d'une jolie forme, très modestement vétu, orné seulement d’une teinte rouge sous le gosier. Je le vois descendre sur un arbuste pour y prendre une baie, puis il s'envole, et de nouveau vibrent ses notes un instant interrompues. On l'appelle le Siffleur de h montagne. Par sa faculté de ventriloque, il siffle de telle sorte qu'on peut le croire très près quand on en est à une longue distance. »

À Saint-Vincent s'élève un volean qui semble à pre. sent éteint, mais dont l’éruption produisit encore en 1812 de grands ravages. Ses cendres se répandirent jusque dans les Barbades, à 50 lieues de distance, Nur les flancs de ce cratère, à 1000 pieds au-dessus de h mer, habite un joli petit oiseau. Sa voix est douce tl mélodieuse comme celle du Siffleur de la montagne mais plus mélancolique. On le nomme l'Oiseau de h soufrière, et on l’a surnommé l’Invisible.

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mpidement à l'approche de l'homme, qu'on ne peut mellement le voir. Après de nombreuses, patientes et périlleuses poursuites, M. Ober est parvenu à s’en procurer un. C'était pour les habitants du pays un vrai phénomène.

Chacun sait que les oiseaux chantent à diverses heures, et ont dans la journée diverses stations. Aux Antilles, le plus matinal est l'oiseau-mouche, qui s'en va wletant de fleur en fleur et de son petit bec secouant les perles de rosée; puis vient le perroquet rouge, qui par l'éclat de ses couleurs émerveillait les compagnons de Christophe Colomb; puis, le merle et la grive et tout l'orchestre aérien,

Parfois, en un temps calme, tout à coup on voit “abattre sur Lx mer limpide une foule d'oiseaux noirs de Lx famille des hirondelles. Ils viennent des ilots déserts et annoncent l'ouragan. Rien à la surface du del, rien dans les airs ne le fait présager. Cependant ces habiles météorologistes ne s'y trompent pas.

Dans les régions tropicales on peut être surpris par huit, qui arrive subitement, sans crépuscule, et il y à M un oiseau qui fait l'office de la cloche du couvrelu, On l'appelle le Coucher du soleil, Tout le jour il reste silencieux, et il est si menu qu'on ne peut le voir, ais, une demi-heure avant que le soleil disparaisse à l'horizon, il sort de sa retraite, il monte sur un arbre, cette d'une voix vibrante un eri qui retentit au loin, qui avertit Le bûcheron, le chasseur que la nuitapproche.

Puis il se tait. Sa tâche quotidienne est accomplie.

Ah! ces chers oiseaux si merveilleusement doués,

musiciens, architectes, géomètres, messagers ailes, plus prompts que Mercure et plus honnêtes : qui pourrait se lasser de les voir et de les admirer? qui pourrait dire leurs dons d'intelligence et leurs vertus?

Sans cesse cependant on les tue, ces charmantes erca. tures du bon Dieu : celles qui par leurs religieuses mé: lodies réconfortent le voyageur sur sa route solitaire et le laboureur dans ses sillons; celles qui réjouissent le cœur de l'enfant et du vieillard; celles qui rendent les plus grands services au jardinier, au vigneron, à l'agronome, on les tue pour une misérable satisfaction de gourmandise ou de calcul pécuniaire.

À l'œuvre, à l’œuvre, vous qui, par la plume, par ki parole, par l'action législative, pouvez empêcher ce meurtres.

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lolliet, dolliet, deux siècles de conquêtes,

Deux siècles sans rivaux ont passé sur nos tètes

Depuis l'heure sublime où de ta propre main

Tu jetas d'un seul trait sur la carte du monde

Les vastes régions, zone immense et féconde, Futur grenier du genre humain.

Plus de forèts sans fin : la vapeur les sillonne,

L'astre des Jours nouveaux sur tous les points rayonne,

L'enfant de la nature est évangélisé,

Le soc du laboureur fertilise la phune,

Et le surplus doré de sa gerbe trop pleine Nourrit le vieux monde épuisé.

Des plus rurs dévouements, merveilleuse semence, Qui de vous eût jamais rèvé cette œuvre immense! 0 Jolliet, et vous, apôtres ingénus, Humbles soldats de Dieu sans reproche et sans crainte, Qui portiez le flambeau de la vérité sainte Dans ces parages inconnus.

EL toi, de ces héros généreuse patrie,

Nol canadien que j'aime avec idolätrie,

Dans l'accomplissement de tous ces grands travaux, Quand je pèse la part que le ciel t'a donnée,

Les veux sur l'avenir, terre prédestinée, J'ai foi dans tes destins nouveaux.

Je me rappelle la matinée où, pour la première fois, j'entendis M. L. Fréchette moduler ce chant patriotique. C'était à une distribution de prix, dans l’école des Frères de la Doctrine chrétienne, où il avait bien voulu m'accompagner. Dés la première strophe il conquérait son auditoire, Le vénérable prêtre qui Favait courtoi. sement invité à prendre la parole le remereiait par ses regards attendris', D'une extrémité de la salle à l'autre, on l'écoutait en un profond silence. Puis les applaudissements éclatèrent, et l’on se demandait qui était ve jeune homme dont le nom ne figurait pas sur le programme de la fête et dont la voix vibrante produisait une si vive émolion.

C'était le poète de Montréal, auquel l'Académie française venait de décerner une de ses couronnes les plus enviées. C'était un de ces Canadiens qui, par deh l'Atlantique, conservent religieusement la langue de leurs aïeux. C'était le descendant d'une des familles de l'ancienne France, qui nous disait en vers harmonieux les traditions et l'avenir de la Nouvelle-France :

Glorieuses sont ces traditions, . Immense est cet avenir,

Nos chers Canadiens! Ils ont été au dix-huitieme siècle, comme dans les derniers temps nos belles pro-

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