‹ Passé et présent [microforme]Chapitre 67 sur 97 · Ed, Delessert, les Indiens de la baie d'Hudson, p · texte numérisé non relu

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1) avec sa Jeune femme Îles districts où les Européens n'avaient pas encore bâti leurs demeures, où ilne devait rencontrer que des Indiens, Dans un de ces voyages naquit, en 1815, son fils Charles, destiné à faire tant d'étonnants voyages.

En 1754 un gentilhomme canadien, M. de Varennes de La Verandrye, accompagné de ses fils, de son neveu, d'un missionnaire, le P, Messager, et d'une cinquanlaine d'hommes, franchit pour x première fois les hauteurs des terres au nord-ouest du lie Supérieur. Dans une première expédition, qui dura quatre années, il reconnut Le cours de la rivière Winnipeg, les bords du lac du mème nom, le cours inférieur de la rivière Rouge et de l'Assiniboine.

«Le besoin de renouveler ses provisions et munitions de toute nature le contraignit à revenir sur ses pas en 1799, et il dut attendre près d’un an, dans la région du lac des Bois, qu'on lui expédiàt du Canada tout ce qu'il fallait pour continuer son entreprise. Pendant celte période d'inaction forcée, en 1756, un des fils du courageux explorateur fut tué par les Sioux dans une ile du lac Lacroix. Vingt de ses compagnons et un missionnaire périrent avec lui.

« Les provisions arrivées, La Verandrve reprit le chemin de l'Ouest: il remonta la rivière Saskatehewan, aversa en 1742 le Missouri supérieur, puis la rivière lierre-Janes, et arriva enfin aux montagnes Rocheuses, dont, le premier parmi les blanes, il fit l'ascension,

En 1745 il rentrait enfin au Canada, après une ihsenee de quatorze années, passées en plein pays indien,

à travers des dangers de toutes sortes. Créé chevalier de Saint-Louis, et autorisé à entreprendre de nouvelles explorations, 11 se disposait à repartir, malgré son âge avancé, lorsque la mort vint le surprendre’. »

Dans le cours de leurs longs voyages, dans leurs fréquents rapports avec les Peaux-Rouges, des Canadiens ont pris goût à la vie de ces peuplades et ont épouse des Indiennes.

De ces mariages est issue une race métisse grande, forte, bien faite et généralement douée d’une étonnante faculté de sauvages, la faculté de se guider dans Les bois et les prairies, par leurs minutieuses observations et leurs tenaces réminiscences.

Ce qu'ils ont une fois remarqué, jamais ils ne l'oublicront, et ils remarquent tout, un pli de terrain impercepüble dans la prairie, un arbre d'une forme singulière dans la forêt, une pierre dans la cascade,

Autant de souvenirs, autant de précieuses indications dans leur trajet.

Ces descendants de nos anciens colons ne sont pas nombreux et ne sont pas riches. [en est qui chassent tant qu'ils peuvent le bison. C’est une de leurs principales ressources, D'autres sont employés par la Compagnie de la baie d'Hudson. Les plus heureux sont ceux que des prètres intelligents et zélés réunissent en communautés agricoles, comme autrefois les Indiens de l'Amérique du Sud dans les missions,

Dans les déserts du Nord-Ouest, à 900 lieues de

11 de Lamothe, Cinq mois ches les sauvages d'Amérique, p. 27

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Québec, une de ces communautés à été, dans l’espace de quelques années, visitée et décrite par plusieurs Anglais avec une religieuse émotion.

€ Elle est établie, dit le capitaine Butler, sur les bords du lac Saint-Albert, et dirigée par des prêtres atholiques français de ordre des Oblats. Celui qui a voyagé à travers l'empire colonial de l'Angleterre, c'estdire à travers un üers de la terre habitable et une moitié des régions désertes du monde, celui-là à souvent acontré, au milieu des peuplades sauvagés, des hommes qui s'occupent d'elles avec une tendresse buchante. Si vous demandez qui sont ces hommes si “néreux et si dévoués, on vous répondra que ce sont des missionnaires français, et si vous les visitez dans bur solitaire cabane, vous verrez autour d’eux les mèmes indices, les mêmes témoignages d'une foi humaine. Je ne parle pas par ouï-dire ni selon ve que j'ai lu. Je me rappelle ce que j'ai vu moi-même!

«Hélas! à ces bons religieux de Saint-Albert, j'apporhis de douloureuses nouvelles : la bataille de Sedan, le entre de la France envahi par les soldats allemands, lis bloqué par la sauvagerie des savantes hordes kutoniques, »

€ À quelques milles d'Edmonton, dit M. Grant, lvant nous, surune colline, s'élèvent l'église de Saint- \hert, la maison de l'évêque et la maison des Sœurs. \uis trouvons à l’'évèché plusieurs prêtres qui revenaient k diverses missions. Le prélat, M. Grandin, nous fait icordial accueil, nous montre sa demeure, son jardin, “un église, dont on ne peut sans étonnement observer

la structure quand on songe qu'il n°y à pas dans toute la contrée une scierie, qu’il a fallu tailler avec de petits instruments les bois de charpente et de menuiserie, Nous visitons aussi l'école des Sœurs et l'orphelinat. I + ali vingt-quatre enfants de métis ou d'Indiens de la trilu des Pieds-Noirs ou des Cris : ces pauvres petites cris. tures étaient abandonnées, en une année terrible, dans les habitations ravagées par la petite vérole. Les bonnes religieuses nous ot charmés par leur courtoisie, Au protest*" «wmme aux catholiques, elles imposent pa leur picas + ‘itence un profond respect. Elles sont

toutes d’origine française; de même le prélat et le prêtres a vliaires". »

Je ne puis résister au désir de citer une autre men

tion d’une de ces œuvres de la France en si lointain

pays, une page du livre de lord Milton et du docteur |

Cheadle.

« Sur une hauteur, près d'une rivière et d'un peli lac, s'élève le village dé Saint-Alban, administré par un prêtre français, très intelligent et très agréable. M. Lombard. Il parle parfaitement l'anglais et l'idiome de la peuplade des Cris. Nous entrons dans sa maison nette, composée de deux pièces, une petite chambre à coucher et une salle, dont le mobilier n’est pas brilant : quelques chaises, une table grossièrement taille. quelques images appendues aux murs, un portrait du pape et un portrait de l'évêque de la rivière Roue. C’est tout. M. Lombard nous a donné là un diner qui

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