‹ Passé et présent [microforme]Chapitre 75 sur 97 · Gay, Elegy in a country church-yard · texte numérisé non relu

Gay, Elegy in a country church-yard

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A TRAVERS LE CANADA 949 ls croyaient boire du vrai thé de Chine et fumer un pur tabac de la Havane,

Pourquoi? Que ne peut-on faire avec des songes? La vida es sueño, dit Calderon, Le roi rêve qu'il est rot, le pauvre rêve qu'il est pauvre. Nous sommes en un monde si singulier, que vivre c'est songer",

Nos vaillants voyageurs voudraient cependant bien pouvoir songer qu'ils vont prochainement arriver à la Colombie,

Évarés dans un dédale de rivières, de forêts, de marécages, ils errent à l'aventure, affaiblis par toutes sortes de privations, épuisés de fatigue, très résolus pourtant à accomplir leur projet. On ne peut lire leur récit «ns être ému de leurs souffrances, en admirant leur lrmeté, L'honnète Battenote, qu'ils ont vu st actif et laborieux, est tombé dans le découragement et leur annonce l'intention de les quitter pour retourner à Edmonton avec sa femme et son fils. Is le rassurent, ils le réconfortent et le déterminent à rester encore avec CUX,

Ils ont sacrifié un second cheval. Ils en font sécher lt chair pour l'emporter comme du pemmican. C'est une coriace nourriture. Is en trouveront une meilleure à Victoria : en route pour Victoria.

Une découverte accidentelle leur donne une agréable

Ils ont remarqué des trones d'arbres fendus hache, et des arbustes scindés par un couteau :

l, .… Estamos En mundo tan singular Que el vivir sono es sueño. (Jornada IT.)

250 PASSÉ ET PRÉSENT des hommes ont été là et peut-être ne sont pas loin,

Un autre Jour, ils distinguent sur le sol l'empreinte d'un pied d'homme. Heureuse découverte! Elle fortifie leur espoir.

Bientôt, en effet, ils arrivent à une cabane d'Indiens, où on leur donne des pommes de terre, qu'ils dévorent avant qu'elles soient cuites; puis, à une autre, où on peut leur servir du lard, des choux, des gâteaux et du thé. Quel luxe!

Tandis qu'ils se délectent en e+ merveilleux festin, dans la même cabane arrive le chef du fort de Kamloop, un Canadien français, M. Martin, qui les invite courtoisement à loger au fort. « Nous ne pouvions, disent-ik dans leur livre, nous attendre à une telle hospitalité, avec notre misérable apparence, nos vêtements et nos mocassins en lambeaux, nos cheveux longs, ébourifés, nos barbes en désordre, nos visages décharnés, et nous n'avions en ce moment nul moyen de prouver notre identité. Mais M. Martin ne douta point de la vérité de notre récit, el nos miseres étaient finies. »

Finies en effet les misères de ce long voyage. ct MM. Milton et Cheadle ont eu l’une des meilleures satisfaclions que l'on puisse avoir en ce monde, la satisfaction d'avoir accompli par le courage et la persévérance une noble tàche.

Dans la Colombie ils ont repris leur existence de gentilshommes. Ils ont été à Victoria, à New-Westminster, à l’ils Vancouver, aux mines de Caribou, enmenant avec eux dans les meilleurs hôtels Louis Battenote, sa femme et son fils, magnifiquement vêtus.

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Is sont partis pour San-Franeisco: de là pour lAndeterre. Louis Battenote est retourné dans son pays, sil raconte avec enthousiasme à ses amis les Indiens et les métis les choses incroyables qu'il a vues : les bateaux à vapeur, les voitures attelées de quatre chevaux, les théâtres avec leurs décors, et l'hôtel où un Français Lui à fait boire du vin de Champagne, si loin va hôtelier français et si loin le vin de Champagne.

Le livre de ses deux nobles patrons, celui du capibine Butler et quelques autres nous montrent le côté sombre du Nord-Ouest canadien.

Le fuit est qu'il y a là une quantité de terres où très probablement on ne verra jamais nt une filature, ni un alé chantant, ni une imprimerie, ni une assemblée parlementaire, toutes choses qui indiquent les gloires de la civilisation.

Là le hardi trappeur va encore chercher, au péril de a vie, les fourrures qu'il livrera au comptoir du mar- “hand pour quelques pauvres provisions.

Là les peuplades d’Indiens achèvent leur destinée, Elles tomberont, délaissées, oubliées dans la solitude des bois. Un jou, en fouillant sous un amas de détritus, on découvrira ie squelette d’un Sioux, d’un Iroquois, d'un Huron, et l’ethnographe ou le géologue gagnera ne médaile d'or en présentant à quelque académie un rapport sur l'importance de ces exhumations.

Dans une autre zone, voici les houillères que l’on a découvertes au nord de la Saskatchewan, les mines d'argent dans une petite île du lac Supérieur, les pépites d'or dans les rivières qui coulent à l'est des montagnes

Rocheuses; dans celles de l'Ouest, les mines d'or Jos 1

plus riches peut-être qu’on ait jamais vues”.

Quand on commença à exploiter ces pactoles, un mineur recucillit en quelques mois 1 500 000 francs: un autre, 100 000 francs en un jour; un autre, dans le même nombre d’heures, la somme fabuleuse de 120 000 dollars (600 000 franes)*.

La plupart de 'ees fortunes si promptement conquises ont été, en d’extravagantes fantaisies, aussi rapidement perdues.

Les deux vigoureux piouniers qui avaient découvert les mines de Caribou, un Prussien et un Écossais, ont eu un sort cruel, De la erique où ils avaient amas leur premier trésor, ils ont été avec une ardente convoitise chercher d'autres placers. On a trouvé l'Écos sais mort des fièvres dans un bois, et MM. Milton «t Cheadle ont vu à Victoria le Prussien, malade, implorant dans les rues la charité des passants”.

L'auri sacra fames ! Qui pourrait dire les miséres qu'elle a produites, les passions les plus désordonnées, les vices de toute sorte, les crimes sanglants?

Par bonheur, le Dominion canadien a des richesses meilleures que les mines si fascinantes et si funestes, IL a ses fleuves, près desquels le Rhin et le Danube sembleraient des ruisseaux; ses lacs, vastes et profonds comme des mers; ses prairies, couvertes d'une herbe excellente, qui conserve en hiver sa force nu-

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