Adventures in Mexico and the Rocky Mountains
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A TRAVERS LE CANADA 245 dans la Colombie. Jusque-là nul moyen de renouveler leurs provisions, si ce n'est par quelques bons coups de fusil ou quelques pèches heureuses.
Is partent avec six chevaux de selle, six chevaux de bagage, deux sacs de farine, quatre sacs de pemmican, du thé, du sel, du tabae,
Ils traversent des rivières qui jusqu'à présent n'ont té sillonnées que par de légères embarcations en écorce, qui un jour plicront sous le poids des lourds bateaux.
Is traversent de longues mornes landes, des rocs aides et des marécages où flottent des nuées de moustiques, où tourbillonnent d'énormes taons que les métis appellent des bouledogues.
Is entrent dans une forêt plus longue que la forêt lereynienne: ils y cheminent, ils + campent pendant plusieurs semaines. Par ses rameaux épais elle leur enlève toute perspective: par son dôme de feuillage elle leur dérobe l'aspect du ciel. Un matin, en sortant de tte zone ténébreuse, ils s'arrêtent émerveillés du spectacle qui se déroule à leurs veux : une immense ligne de collines couvertes de sapins. Au-dessus de celte verte ceinture, des cimes gigantesques, des ylacers qui, aux rayons du soleil, reluisent comme des lmes d'or et d'argent.
Ce sont les montagnes Rocheuses, ces trois grandes chaines de granit qui se rejoignent aux Cordillères et Sétendent sur un espace de plus de mille lieues. D'un voté, elles touchent au golfe du Mexique ; de l'autre, à l'océan Aretique,
La est le partage des eaux du continent américain, A l'est coulent les affluents du Missouri; à loue, ceux de la Colombie et du rio Colorado.
Là les neiges perpétuelles couvrent des Sommités bien plus élevées que le mont Blanc’.
À 5 ou 4000 pieds au-dessus du niveau de Br mer s'ouvrent dans ces montagnes plusieurs défilés par les. quels on peut, d'une chaine à l'autre, descendre dans la Colombie, Mais qu'ils sont longs ces défilés, et rudes et dangereux. Un Annibal ne pourrait + faire passer sa bande d'éléphants, I n'y a point eu là un Napoléon pour tracer dans ces sauvages terrains une route comme celle du Simplon, ni un fervent disciple de l'Évangile pour y fonder un couvent comme celui du Saint-Bernard.
Telles étaient ces gorges solitaires quand le premier trappeur s'y aventura, telles on les voit encore, pleines d'obstacles et de périls. Tantôt elles sont coupées par des torrents ou des rivières, tantôt divisées en plusieurs embranchements, et Fon ne sait lequel choisir.
Tantôtil faut grimper, comme les moutons blanes du pays*, sur d'étroites crêtes de roc au bord des préc pices, puis redescendre dans des marécages mobiles comme les {ondras de la Sibérie, puis traverser les forèts où les détritus des plantes, les arbres séculaires morts de vétusté ou brisés par l'orage et entassés les
1. Le mont Brown, le mont Hooker, de 15 700 à 16000 pieds. — M. Sommerville, Physical Geography. p. 157.
2, Ces moutons ressemblent à des chèvres, mais ils ont un poil blanc, doux. laineux, dont on fait dans la Colombie de belles couvertures. I grimpent sur les roes les plus élevés et sautent comme des chamois,
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uns sur les autres, forment à tout instant des barrières infranchissables,
Pendant leur séjour à Edmonton, MM. Cheadle et Milton avaient bien cherché à recueillir les meilleurs renseignements et à se procurer les choses essentielles pour leur courageux voyage. Mais ils ne pouvaient obtenir sur cette région de la one Land que des notions insuffisantes, et ils ne pouvaient prévoir les accidents qui bouleverseraient leurs calculs.
Dès leur entrée dans les montagnes, deux de leurs chevaux de bagage sont enlevés par une rivière qu'ils esayaient de traverser à la nage. Le brave Louis Battenote réussit par ses efforts à en sauver un. L'autre disparait dans l'impétueux courant; il portait une précieuse “argaison, le portefeuille des deux amis, leurs lettres de crédit, leurs fourrures, leurs vêtements et leur provision d’allumettes, de sel, de thé, de tabac. Tous ces trésors étaient perdus.
Quelques jours après, ils construisent un radeau pour traverser une autre rivière. La fréle embarcation chavire, et peu s’en est fallu que les deux nobles voyageurs ne fussent, avec leurs guides, engloutis dans les flots.
Puis, voilà que, par une fatale erreur, ils dévient de la direction qu'ils devaient suivre et tournent de côte et d'autre, cherchant la meilleure voie, et de nouveau se trompent, puis s'égarent dans une forêt encombrée de troncs d'arbres où leurs chevaux trébuchent à chaque pas, hérissée de plantes épineuses qui leur déchirent les jambes, et pas un signe d'habitation humaine, pas un secours, pas un conseil.
C'est le désert dans une immense étendue, non pas l’aride désert où l'Arabe fait ses ablutions avec du sable et s'agenouille à l'ombre de son chameau, mais le dé. sert des eaux qui ne fécondent aucun labeur, le désert des bois qui n'alimentent aucun foyer, le désert des fruits que nulle main n'ira recueillir, le désert des fleurs qui éclosent inaperçues et répandent leurs inutiles parfums dans les airs', les richesses de la terre sans le roi, le temple de Dieu sans le prêtre, la Thébaïde sans l'homme.
En partant d'Edmonton le 3 juin, lord Milton «t M. Cheadle comptaient arriver en cinquante jours au fort Kamloop. Le 51 juillet, ils étaient encore bien loin de leur but, et leurs vivres étaient épuisés, et il n'avaient plus assez de poudre pour pouvoir chasser.
Après de longues délibérations, ils se décidèrent à immoler un de leurs chevaux : ce qui leur faisu grand'peine, La pauvre bête fut tuée d’un coup de fusil: ils allumérent du feu, puis S'assirent par terre, et, tandis que la femme de Louis Battenote préparait le repas, ils raccommodaient leurs mocassins et leurs vêtements.
Des biftecks de cheval, après la dure pâtée du peu mican et la longue diète, c'était un prodigieux festin. Pour que rien n'y manquàt, ils firent infuser dans de l'eau bouillante des feuilles et des fleurs d’une espèce d'azaléa; 1ls roulèrent dans leurs pipes de petites fe: de saule sèches. En savourant ces deux gourma