‹ Passé et présent [microforme]Chapitre 78 sur 97 · Hector Fabre, /e Pacifique canadien. L · texte numérisé non relu

Hector Fabre, /e Pacifique canadien. L

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Plus tard, avec quelle ardeur, avec quelle convoitise matérielle et quelle noble ambition, ce chemin a été cherché par mer au Nord-Ouest? C’est une longue, grave, riste histoire depuis Frobisher jusqu'à Hudson, jusqu’à Franklin, jusqu'aux deux expéditions préparées en 1851 ec une touchante pensée par lady Franklin.

A ces deux expéditions s'était associé un de nos qunes et brillants officiers de marine, René Bellot, mon ami. De la première il était revenu joyeux, plein l'espoir. [a péri dans la seconde. Il est mort au mileu des glaces, victime de son courage. Les Anglais ont rendu à sa mémoire un solennel hommage.

Le fameux passage du Nord-Ouest? Il est trouvé, Il est dans le Dominion canadien. C'est le plus direct et le plus court.

J'avoue que je ne comprends pas bien ce besoin de célérité qui nous tourmente, qui est une des maladies le notre temps.

Lorsque George Stephenson, appelé à comparaître devant le comité de la Chambre des communes qui de- “ut examiner son invention, annonça qu’il comptait lire avee sa locomotive 12 milles (4 lieues) à l'heure, h plupart de ses juges le regardèrent avee un sentiment de pitié. Is ne pouvaient admettre qu'au moyen d’une machine en fer on voyageät si vite, et le pauvre Stethenson leur apparaissait comme un fou!,

Quatre lieues à l'heure! Nos hommes d’affaires, nos buristes, nos élégantes pousseraient de beaux eris si

LS, Smiles, The life of G. Stephenson, p. 163.

on leur proposait une telle locomotion. Les trains om:

nibus sont pour eux d'absurdes véhicules à reléguer avec les vieilles malles-poste dans les ombres du passé, Il leur faut l'express, le rapide, l'éclair. Quelquetois l'éclair paraît encore trop lent. Ceux qui ont lu les Mille et une Nuits se rappellent que les génies ohéis. sant à La lampe d'Aladin étaient plus agiles.

Pourquoi donc cet effervescent désir de promptitude? | Comprend-on mieux le prix du temps? Le temps que l'on agne à voyager plus vite, en fait-on un meilleur usage?

Non pas, que Je sache.

Mais on ne se met plus en route pour voyager, comme autrefois, à pied, à cheval, dans la vénérable carriole de famille, ou la patiente patache. Un modèle de loc motion, c’est ce que J'ai vu jadis en Suède, une diligence attelée de deux chevaux sagaces qui trottinaient tout doucement dans la vallée et grimpaient au petit pas la colline, afin de donner à chaque passager le temps de contempler le paysage, qu'ils se plaisent euxmêmes à voir. (

A midi ou une heure, on arrivait dans une ville in- |

gra téressante et l’on y restait Jusqu'au lendemain. Où à allait ainsi, en une semaine, de Lund à Stockholm. de Maintenant, avec le chemin de fer, on fait le mème de trajet en quinze heures.

Ils ne méritent pas le bonheur de visiter la Suède à ceux qui y vont pour la parcourir en chemin de fer. A Maintenant on ne part plus pour voyager : on part À pour arriver.

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