‹ Passé et présent [microforme]Chapitre 93 sur 97 · Crawturd, History of the Indian Archipelago, LL p · texte numérisé non relu

Crawturd, History of the Indian Archipelago, LL p

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A TRAVERS L'ARCHIPEL INDIEN o11 À sa cime le sagoutier porte un faisceau de bourgeons, que l’on mange comme le chou palmiste, De sa sève on fait une liqueur vineuse : de ses feuilles on fait des toitures.

Mais lun des bois les plus utiles dans ce vaste archipel est le bambou. Avec le bambou on construit les habitations, depuis la base jusqu’au faite. Avec le bambou on façonne les lits, les tables, les armoires, tous les ustensiles de cuisine. les meubles de salon, la légère petite cage dans laquelle l'oiseau chantera et la forte palissade dans laquelle on sera préservé du tigre. Le voyageur emporte ses provisions dans un panier de bambou, fait cuire son riz dans un tuyau de bambou, sur un feu de bambou. Le chasseur lance par sa sarbacane de bambou ses traits empoisonnés, et le soldat marche au combat avec une lance de bambou. Ce n’est pas tout. Longtemps avant notre habile ingénieur M, Séguin. les Malais avaient inventé le pont suspendu : au-dessus d’un précipice, d'un ravin, d’une rivière, ils étendent des tiges de bambou, et de côté et d'autre les lient fortement avec des rotins à des rameaux d'arbres.

Parmi les salutaires productions des différentes iles, nous ne devons pas omettre plusieurs fruits nutritifs ou rafraichissants : la banane, le dourian, le nanku, Île jumbubol qui à le parfum de la rose, le savoureux mangoustan, et le jintavan agréablement acide.

Avec ses richesses, ce magique archipel a aussi ses fleaux : les volcans et les tremblements de terre, les saisons de pluies torrentielles, et les chaleurs acca-

319 PASSÉ ET PRÉSENT blantes, les ouragans qui dévastent, et les animaux qui dévorent,.

Dans les terrains marécageux pullule le serpent vert ou jaune, dont la moindre piqüre est mortelle; dans les forêts campe le boa monstrueux. Sa couleur se confond avec celle des arbres où il se met en embuscade. Quelquefois il se tient la tête en avant, la queue enroulée autour d'un solide rameau. De loin il voit venir sa proie, il s'élance sur elle, la disloque, la broie en la serrant dans ses anneaux et lengloutit. On à vu un boa se jeter ainsi sur un cavalier, l'enlacer dans ses replis, l'enlever de sa selle, et le briser. À sa ruse et à sa force une quantité d'animaux ne peuvent résister. Il v en a qu'il avale avec une douce gourmandise comme de légers biscuits. Il ÿ en a qui combattent, notamment le sanglier, difficile à saisir, vigoureux et furieux. Dans cette lutte acharnée, ordinairement c’est le sanglier qui succombe. Quelquefois le redoutable reptile. poussé par la faim ou par quelque capricieux désire d'exploration, s’aventure dans les villages. Un matin. M. Wallon en voit un enroulé et endormi sur une pour trelle de sa cabane. Il sort en toute hâte; il appelle des paysans, qui tuent la vilaine bête. C'était un petit boa : il n'avait que dix pieds de longueur. Dans l'ile de Bornéo, M. Saint-John en à mesuré un qui n'avait pas moins de vingt-six pieds, et on lui a dit qu'il y en avait d’autres encore plus grands".

Dans les rivières, le long des côtes, est le crocodile,

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