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De avibus, t, 1, p. SO

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C'est ainsi que, pour satisfaire à nos gourmandises ou à nos fantaisies de luxe, de toute part on détruit les plus délicates, les plus douces, les plus charmantes créatures, les musiciens du bon Dieu.

Dans l’une des Célébes, M. Wallon à vu un autre oiseau très brillant qu'on appelle maleo et qui a de singulières façons de faire sa nichée. Il habite les bois qui s'élèvent à l'intérieur de Pile, et pendant la plus grande partie de l'année on ne le voit point sur la plage. Au mois d'août, quand le temps est see, rules et femelles v viennent deux à deux. Chaque couple creuse d’ici de là un trou. La femelle + dépose un œuf, le recouvre de sable chaud, puis retourne avec son compagnon dans la forêt. Une dizaine de jours après, elle revient au même endroit déposer un second œuf, puis successivement quatre autres à des intervalles réguliers; ensuite sa tâche est achevée, elle n’en à plus aucun souei, elle disparait.

Les petits éelosent d'eux-mêmes, passent à travers le sable qui les recouvre, et s’en vont vers les bois.

Mais les insulaires aiment beaucoup les œufs du maleo et en enlèvent une quantité avant l’éclosion.

Au temps de notre grande sensiblerie, quand chacun devait avoir le cœur sensible, au milieu de la société sensible, en face de la nature sensible, l’un des maîtres de la sensiblerie, J.-J, Rousseau, de concert avec sa grosse Thérèse, abandonnait successivement ses cinq enfants à la charité publique.

Les oiseaux n’ont point cette philosophie.

Leur dévouement à leur nichée est admirable, On

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308 PASSÉE ET PRÉSENT en pourrait citer des milliers d'exemples. Je me souviens de celui qui plaisait à La Fontaine :

Quand la perdrix

Voit ses petits En danger et n'ayant qu'une plume nouvelle Qui ne peut fuir encor par les airs le trépas, Elle fait la blessée et va trainant de l'aile, Attirant le chasseur et le chien sur ses pas, Détourne le danger, sauve ainsi sa famille,

Si l’on racontait à nos ménages de cigognes, d'alouettes, de rouges-gorges, jusqu'aux roitelets, la conduite du maleo, ils ne pourraient y croire, et vous, mes amis, F. Lescuvyer, J. Le Moine, qu'en diriez-vous, vous qui avez si bien étudié et si bien déerit les vertus des oiseaux de France et du Canada?

M. Wallon essaye d'expliquer cette étrange conduite, voici comment : la femelle du maleo fait de gros œufs. Il lui faut douze jours pour en pondre un. De douze jours en douze jours elle emploie à sa ponte près de trois mois. Elle ne pourrait couver pendant un si long espace de temps, et, si elle se mettait à couver lorsqu’elle a pondu son dernier œuf, les premiers ne seraientils pas déjà gâtés, ou détruits? Étonnante est la zoologie de cet archipel; plus étonnante encore sa botanique.

Sur une montagne volcanique de Java, à neuf mille pieds au-dessus du niveau de la mer, fleurissent le chèvrefeuille, la renoncule, l'herbe de la Saint-Jean, Là s'élève à trois pieds de hauteur, avec de larges feuilles, la Primavera imperialis, qu'on ne trouve en aucun

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Au-dessous de cette zone escarpée sont les cèdres larges et majestueux comme ceux du Liban, les fougères arborescentes avec leurs rameaux ondoyant au moindre souffle comme des flots de dentelles, et les quinquinas ou cinchonias".

Plus bas est la végétation, la plus vigoureuse, la plus variée, la plus éblouissante, la végétation des grandes forêts que nul hiver ne dépouille de leur verdure, des fleurs qui toute l'année répandent dans les airs leurs parfums, des gigantesques Rafflexa*, des nénufars bénis par le voyageur qui dans leur calice rose trouve une eau rafraichissante’; végétation des palmiers semblables à des colonnes de marbre, des pamplemorises, poétiquement décrits par Bernardin de Saint- Picsre; végétation des bois de construction, des bois oléagineux, des bois ôdorants, des camphriers qui s'élèvent jusqu’à cent vingt pieds de hauteur, des canneliers, des girofliers, des tiges résineuses dont on tire

4. En mémoire de la femme d'un vice-roi du Pérou, la comtesse Cinchon, qui au commencement du dix-septième siècle révéla à l'Europe la vertu hygiénique de cette plante,

2. Cette fleur n’a pas moins de trois mètres de circonférence. Son nom lui a été donné par le botaniste Arnold en mémoire de sir Raffles, qui de 1811 à 1816 fut gouverneur de Java,

3. Saint-John, Life in the forest of the F'ar East, t. I, p, 143.

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le benjoin et la gutta-percha; végétation de la canne à sucre, du bambou, du sagoutier et du caféier, les principales richesses de la contrée",

« On ne peut rien voir de plus pittoresque, dit M. Pfyffer, qu'une caféière à l'époque de la floraison, ou

au temps de la récolte quand les fruits sont rouges comme des cerises mures’. Le fertile arbuste grandit sous les rameaux des érhythrines que l'on plante exprès pour l’ombrager. À quatre ans 1] donne déjà quelques grains. À cinq ans il est constamment couvert de fleurs et de fruits: mais une dizaine d'années après il ne produit plus rien : le sol qui Pa nourri est épuisé*. »

Le riz est l'aliment ordinaire des habitants de Parchipel. Un grand nombre d’entre eux pendant une par-lie de l’année ont, grâce à la propagation du sagoutier, une autre nourriture qui ne coûte pas cher. Le sagoulier est depuis longtemps connu en Europe. Dampier, dans un de ses Voyages aux Moluques, en à fait une exacte description.

Cest une espèce de palmier qui en quinze ans arrive à sa maturité. Alors il est abattu et fendu par le milieu dans toute sa longueur. On en tire la moelle, et, quand elle est lavée, épurée, pulvériste, on en fait de très bonnes galettes. Toute cette élaboration n'est pas difticile et la récolte est abondante. Il n’est pas rare de tirer d’un de ces arbres einq à six cents livres de sagou”.

1. John Crawturd, History of the Indian Archipelago, t. 2. Esquisse de Java.

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