‹ Passé, présent et avenir du Canada [microforme]Chapitre 3 sur 3 · PE · texte numérisé non relu

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gnation s’élève heureusement et devient général contre cet odieux système de corruption. Des milliers sont maintenant

De prêts à protester contre ce système et à le traquer pour le ssen- livrer à la dégradation qu’il mérite. Espérons que les eflorts qu’on | de ces hommes réussiront, et qu’à l’avenir, les grands privimaté léges du gouvernement responsable ne seront plus dégradés oni- par l’usage auquel on les applique actuellement. La situation avide: politique du Canada, dans le moment actuel, est, certes, un à den sérieux problème pour les hommes d'état. En effet, depuis re du quelques années, par les discours parlementaires et les ma. patro- nœuvres de parti, la législation en est presqu’arrivée à uu ne de 1 point d’arrêt. Les partis en ce pays sont étrangement balan- Dans cés, divisés et définis. C’est quelque chose de bien différent lation des whigs et des tories en Angleterre. Il y a des wtra tories ateur, dans les deux sections de la province, il est vrai; mais il y a popu- | aussi le conservateur modéré, le réformiste modéré, le clear-grit merce ; ultra réformiste du Haut-Canada, et les rouges ou les wtra S pro- | réformistes du Bas-Canada. Depuis le commencement des is tout ; coalitions dans ce pays, il est étonnant de voir avec quel em- 3,000 É pressement le titre de modéré est apposé au nom du politique se, de 4 qui entre dans une coalition. En passant au creuset de |: nable, À chambre et du conseil, il devient soudainement la personniqu'il & fication de l’immaculée modération, quoiqu’il fût peut-être ention auparavant l’extrême expression le son parti. En outre des leurs sectes politiques plus haut énumérées, il en existe une autre mora- ! qui occupe une position d’indigne neutralité: c’est celle politi- 4 d’une espèce de /oose-fishs qui nagent dans l’océan de la polion Ca- 1 tique, dévorant ou cherchant à dévorer les miettes qui tomreuple 3 bent äu vaisseau ministériel, auquel ils se collent comme des 1x que 4 sangsues aussi longtemps que les miettes tombent ; quand le avons k navire sombre, ils l’abandonnent et en attendent un autre. t'déné 1: Ce genre d’icthyologie nous apparaît avec une grande vu- = élec À riété au coin des rues de nos grandes villes ; on y vante, sur »igtte e le plus haut ton de l’éloquence, la pureté, l’honnéteté, l’inétiirée 1 dustrie, l’activité et l’habileté des pouvoirs existants. Si un ue ce à nuage assombrit le brillant soleil objet de jeur adoration— à votes Ë immédiatement vous apercevez un sombre changement dans Lajorité à les rêves de leur imagination. Ce soleil qu’ils étaient dans

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l'habitude d’adorer diparaît au milieu des nuages, et, après une bonnc nuit de repos, ils tombent de nouveau sur leurs genoux pour implorer le soleil levant, afin qu’il laisse descendre sur leur tête sa bénigne influence. Une place de commissaire ou de juge, de shérif ou de collecteur, cela suffit pour engager ces dévouées créatures à servir leur pays. Vraiment, ces flagorneurs et ces serviteurs du moment devraient ètre mis hors la société avec dérision et mépris. Une droite et honnête expression de l’opinion, et application pratique de cette opinion, devraient être la seule recommandation d’un homme qui aspirerait à une position responsable dans CC pays.

Depuis le jour. de la conquète de ce pays par les armes anglaises jusqu’à cette heure, on a marché graduellement et progressivement vers l’établissement des institutions démocratiques. Les habitants de cette province ont toujours été et continuent d’être les loyaux sujets du souverain de lu (rrande-Bretagne. Ils respectent son représentant dans cette colonie, mais non pas avec cet esprit de servile adoration désirée par quelques wtrà loyaux de la vieille école. Ils possèdent un gouvernement représentatif, obtenu après trente années de luttes et de dangers, et ils tiennent à ne pas être privés de cette garantie de leurs libertés qui sont si chères à tout Canadien d’origine anglaise comme d’origine française. is demandent que la constitution anglaise soit mise en pratique de la même manière qu’en Angleterre, c’est-à-dire, que le peuple gouverne par le moyen des hommes quil choisit, et,avant tout, ils veulent que les ministres du pouvoir soient responsables au peuple de leurs actes officiels. Une tentative toute récente de la part du gouverneur de cette colonie , pour intervenir dans l’application réelle de ce système, a rencontré une résistance vigoureuse et patriotique, et ilest satisfaisant de voir que la presse anglaise, ceile des colonies-sœurs et la presse des Etats-Unis, de toutes les couleurs politiques, a dénoncé, d’une manière à nullement s’y tromper, la tentative du gouverneur-général de saper les fondations de notre liberté constitutionnelle. Une telle tentative de la part d’un gouverneur-général doit être condamnée

rés en Angleterre, par les plus hautes autorités, de la manière urs qui leur sera suggérée par la conuaissance qu’elles doivent Les- avoir du Canada et du caractère de son peuple. Si ces )M- autorités hésitaient, le peuple d'Angleterre élèverait une fit voix de tonnerre en notre faveur. Nous avons conquis, dans rai- des occasions précédentes, la liberté constitutionnelle par ent l’assistance de cette grande voix, et le même invincible oite pouvoir est encore à notre disposition quand il sera urgent que de le requérir. Les peuples de ce continent sont éminemment ion constitués pour les institutions démocratiques. La magnifique ans union, établie sur nos frontières, a été constituée et organisée sur une immense étendue ter.:toriale, taillée dans des forêts mes qui n'avaient jamais été touchées par la hache de la civilisatet tion, arrosée de fleuves et de rivières, qui, jusqu'alors, Mo- n'avaient servi qu’à charroyer les troncs des arbres brisés ou été À à laisser glisser, sur leurs ondes, le canot du sauvage indien. e la Dans cette vaste étendue de forêts, tout était à accomplir ette pour en faire le centre d’une nation civilisée. Néanmoins la tion république américaine fut créée. Elle prit sa place parmi les . Ils puissantes nations du monde dans un espace de temps inente ( croyablement court. Elle choisit pour le motto de son progrès, être Ë la civilisation et la colonisation ; et, par l’invincible énergie es à À de la race anglo-saxonne, transplantée de l’Angleterre, elle a aise. accomplie les plus grandes merveilles que jamais peuple ait ell accomplies. Elle invita de toutes les parties du monde tous ire, | les hommes dont les talents demeuraient inappréciés dans quil 1 leur pays natal. L’invitation fat cordialement acceptée par voir 4 des millions de personnes appartenant à toutes les nations de ne È l’Europe, et de ce cahos d’intelligences, d’ambitinns, de lumiéette 4 res et d’ombres, de cette Babel de peuples parlant toutes les ce : langues connues, les institutions républicaines ont constitué que, L sur le continent américain une nation dont il n’y a pas de des 4 précédent dans les annales du monde.

les 4 D'un autre côté, le Canada, quoiqw’il ait franchi diverses ent L phases dans le chemin du progrès, n’a pas progressé au même les degré que les Etats-Unis, et nous croyons fermement que en- l'établissement de semblables institutions nous rendra seul

capables de nous maintenir dans le voisinage immédiat d’un

ds 00 a pouvoir aussi colossal et ambitieux, De sorte que si nous pouvons prédire, avec quelque certitude, que l’avenir nous réserve ces institutions, il est de notre devoir de nous préparer à subir un pareil changement. Plusieurs questions d’un intérêt vital ont surgis entre les deux sections de la province. Les réformistes du Haut-Canada réclament le système de la représentation basée sur la population appliqué à tout le pays. Les réformistes du Bas-Canada conviennent de la justesse du principe en lui-même et sont prêts à voter pour son adoption, à condition que les institutions particulières au Bas-Canada soient garanties et protégées par la constitution contre la possibilité de la destruction par une écrasante majorité du Haut-Canada. Le Bas-Canada considère qu’il « droit d’être représenté dans la législature d’après sa population active,ses manufactures, ses cours d’eaux navigables et ses centres de commerce. Le Haut-Canada demande à être représenté en considération des ressources immenses de son agriculture et de son active population, mais il établit sa réclamation principalement sur le nombre de ses habitants.

En référant aux rapports statistiques du département de l’'émigration, on voit que sur 15,000 émigrants 1,000 seulement s’établissent dans le Bas-Canada. Les terres fertiles du Canada-Ouest sont le refuge de tous ceux qui sont désireux de posséder et de cultiver la terre. étroite lisière de terre propre au soc de la charrue des deux côtés du Saint-Laurent, en bas des rapides, n'offre pas à l’agriculteur de la Grande- Bretagne la perspective d’avantages suffisants, il continue donc sa route vers les régions attrayantes de l’ouest.

En conséquence, la majorité de la population du Haut-Canada s’accroît annuellement et doit atteindre d’énormes proportions. Il doit donc être admis qu’en vue d’une aussi grande augmentation de population, la province supérieure obtiendra, à une époque peu éloignée, l’augmentation de sa représentation. Douter de la justice d’une législation accomplie dans ses vues serait le comble de lignorance, mais le problème qui doit être résolu, est celui-ci: comment peut-on atteindre ce-but sans attenter aux droits et aux priviléges de la section inférieure ? Dans tous les pays dotés du gouvernement consti-

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tutionnel on ne dispute pas que le peuple est la source de tout pouvoir légitime. L'influence de l’opinion publique,— cette grande voix qui parle plus haut que les sénats, les ministres et les rois,—a une autorité juste, irrésistible et reconnue.

Dans les monarchies du nord de l’Europe, aussi petites qu’absolues, prévaut l’indépendance locale la plus complète ; et en Prusse l’autorité rigoureuse et exclusive de la couronne est tempérée par les institutions municipales qui ne sont pas indignes de l’une des nations les plus civilisées du monde. Dans la Nouvelle-Angleterre, les municipalités furent définitivement constituées dès 1650. L’indépendance de la paroisse était le noyau auquel les intérêts locaux, les passions, les droits et les devoirs se rattachaient. C’était le champ d’une vie politique réelle, des plus démocratique et. républicaine. Les colonies reconnaissaient encore la suprématie de Ja mère-patrie, la monachie était encore le gouvernement des Etats ; mais la république était déjà établie dans chaque paroisse ou municipalité. Les villes nommaient leurs propres

. magistrats, les payaient et prélevaient elles-mêmes leurs

taxes. Ce système d’indépendance municipale est la source et le principe vital de la liberté américaine, à l’heure qu’il est. On ne peut nier qu'un tel système d'indépendance locale est un puissant instrument d'éducation sociale et un principe de cohésion agissant sur la communauté. Là se trouve la seule solution possible de nos difficultés au sujet de la représentation basée sur la population. En admeitant ce principe nous concédons tout simplement ce que le parti libéral a toujours approuvé. En nous assurant les garanties nécessaires pour cette partie de la province par un plan bien mûri de gouverment local et responsable, perfectionné sur celui des Etats-Unis, ou quelques-uns des états du nord de l'Europe, nous conciliererions nos préjugés respectifs et nous en arriverions à une conclusion avantageuse à tous et qui servirait à cimenter ce bon entendement et cette harmonie qui devraient exister entre le peuple des deux sections de cette province, entre protestants et catholiques, entre les origines française et anglaise.

Une autre question d’un haut intérêt dans la politique canadienne du jour, est de savoir si les écoles supportées par le gouvernement devraient être mixtes ou séparées, si les enfants appartenant soit à la religion catholique, soit à la religion protestante devraient être réunis sous le même toît pour les fins de l’éducation, ou si des écoles séparées doivent être établies pour chaque secte et supportées au moyen des taxes prélevées sur la communauté en général. Beaucoup d’excitation a été créée, durant ces dernières années, par l'agitation de cette question. Le Bas-Canada possède un système imparfait d'écoles séparées et supportées par l'Etat. Le Haut-Canada possède un système indéfini et incertaiu d'écoles séparées. Le parti catholique romain, dans le Bas- Canada, insiste pour la concession, à la minorité catholfque du Haut-Canada, des mêmes priviléges dont jouit la minorit* protestante dans le Bas-Canada, cela paraît être de simple justice ; mais une majorité des habitants du Haut-Canada s’est souvent montrée fort peu disposée à encourager les intérêts de l’église re aaine, dans la partie de la province qu’elle occupe. En conséquence, l’antagonisme existe, et c’est manifestement le devoir de nos hommes d’état des deux sections de la province d’adopter une politique qui conciliera ces malheureux préjugés de religion et de localité. Ces différences d'opinion, au sujet de l’éducation séculière, existent dans tous les pays du monde, et il serait étonnant qu'au milieu d’une population mixte comme la nôtre il n’existât de semblables dissentions. Nous prétendons que l'éducation religieuse n’est pas du ressort de l’état ; son devoir est de donner, au peuple, une éducation saine, pratique et libérale, laissant le soin de la partie dogmatique à l’église et aux écoles du dimanche, administrées par des ministres de chaque secte différente.

Un auteur distingué dit: ‘“ L'objet principal de tou ‘“ gouvernement est purement temporel: il protège la “ propriété et les individus, et le gouvernement, comme toute ‘ autre combinaison de la sagesse humaine, doit certainement ‘“ mieux répondre à son but, quand il est constitué de manière à avoir ce seul objet en vue.”

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Nous considérons que l’éducation religieuse du peuple ne fait nullement partie du devoir du gouvernement. L’établissement d’un système national d'éducation séculière serait ce qui pourrait être mieux adapté à la population mixte de ce pays, et il servirait à faire disparaître, très promptement, ces animosités religieuses qui doivent naturellement subsister partout où l'Etat contenance la propagation de deux croyances distinctes dans les écoles communes. Si nous maintenons la justesse du principe qui pourvoit à l’éducation religieuse des enfants appartenant aux croyances catholique romuine et protestante dans nos écoles nationales, pourquoi les mêmes priviléges ne seraient-ils pas accordés à nos concitoyens amnistes, calvinistes, épiscopaliens, juifs, presbytériens , pédobantistes , annabaptistes et unitairiens ? Il est donc patent que l’Etat, au lieu de sanctionner l'introduction de l’enseignement dogmatique, devrait adopter un système d'éducation purement séculier. Le gouvernement doit, sans doute, désirer la propagation du christianisme, mais son action ,dans ce cas, ne doit s’étendre qu’en autant que le peuple consent à l’accepter. Nous avons ainsi brièvement traité les questions proéminentes qui agitent l'esprit public, causent nos difficultés, produisent un malheureux antagonisme entre le Haut et le Bas-Canada. D’autres questions d’une importance nationale et d’un intérêt vital pour les deux sections se présentent aussi, mais les limites de cet essai qui est déjà suffisamment long , en rendent la discussion inopportune. Il en est deux, cependant, que je ne puis passer sous silence : la question du siége du gouvernement et la confédération des provinces.

Les colonnes de presque tous les journaux du pays ont été remplies, depuis plusieurs mois, de longues dissertations sur la question si épineuse de la permanence du siége du gouvernement. Suggestions sur suggestions, conjectures après conjectures, incriminations et récriminations ont été faites et refaites, et, à l’heure qu’il est, l’esprit le plus impartial, le plus désintéressé et le plus perspicace pourrait difficilement en arriver à une solution des difficultés et des malentendus qui existent à propos de cette importante question. D’un côté

l’on prétend que la décision de cette question est d’une impottance nationale, qu’à moins que le résultat définitif de ces délibérations législatives incessantes, de ces références, etc.,ne se produise promptement, le pays souffrira d’immenses inconvénients et des dépenses inutiles. — Au risque de différer d’opinion avec le grand nombre, nous devons conclure que la fixation, d’une manière permanente, du siége du gouvernement, est encore, comme elle l’a toujours été, une impossibilité complète indéniable. La vraie signification du mot permanent, d’après Walker, est durable, inaltérable, immuable. Pouvons-nous avoir la permanence du siége du gouvernement en vue des projets que nourrit le ministère actuel? Ottawa a été choisi pour le siége du gouvernement subséquemment à la disgracieuse référence de cette question au bureau colonial, procédé que nous considérons être un sacrifice des droits conférés au peuple du Canada par le gouvernement responsable. Une année s’est écoulée, nous avons un nouveau parlement , sommes-nous liés pieds et poings à cette décision qui n’est rien moins qw’absurde ? Possédons-nous où non le gouvernement responsable, et un parlement peut-il /ier ses successeurs pour toujours ? Dans le cas d’une confédération des provinces (projet que nos savants ministres favorise) Ottawa sera-t-il le siége permanent du souvernement ? Et si la confédération devient jamais un fait accompli, de quel état, de quelle division Ottawa sera-t-il la capitale ? Il est donc clair que la permanence est une chose impraticable. Si le dernier parlement a commis une grossière et impardonnable eïreur, son successeur n’a-t-il pas le droit d'employer toutes les mesures constitutionnelles à sa disposition pour réparer cette erreur ? Comment le ministère actuel peut-il favoriser l’établissement, d’une manière permanente, du siége du gouvernement à Ottawa et préconiser en même temps la confédération des provinces? Ottawa ne rourra jamais être le centre de la confédération. Mais on nous dit : & C’est énormément dispendieux de changer le siége du gouvernement tous les quatre ans.” Alors, dirons-nous, si vous êtes si économes, pourquoi iriez-vous dépenser des milliers de louis pour l’érection dés bâtisses du parlement dans une ville qui ne pourra jamais être le centre fédéral.

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Il ‘s’opèrera, avant longtemps, un changement dans le système politique des provinces britanniques de l'Amérique du Nord (si nos ministres sont sincères) ; pourquoi done ne pas attendre l’accomplissement de cet événement, avant de coustruire des édifices publics dispendieux, à Ottawa, ou importe où ailleurs. Nous sommes parfaitement de l’opinion de ceux qui croient qu’avant que notre système politique ait subi les changements qu’il doit nécessairement subir, une ville centrale de notre province, qui posséderait déjà des édifices convenables et spacieux, devrait être choisie pro

7 tempore pour être le siége du gouvernement et que la question

ne pourrait être reconsidérée que dans le cas d’une confédération ; alors, et alors seulement, pourrons-nous décider la question importante de la permanence.

Des jalousies locales et des chicanes de partis ont caractérisé tous les débats parlementaires qui ont eu lieu sur ce sujet, et nous conseillerons au ministère d’adopter la même ligne de conduite qu’ils suivirent avant et après que la question eut été référée en Angleterre. Qu’ils conservent à toutes les principales villes la perspective de l’honneur d’être ja capitale de la confédération. S'ils ne se servent pas de ce vieux moyen, leurs jours sont comptés. (1)

Axrivons aux terribles anathèmes que les organes enrégimentés cnt lancé à la tête de l’opposition qui a été si peu loyale que de refuser la sanction législative à la décision de la Reine. La première question qui se présente est celle-ci :

Le parlement actuel a-t-il le droit de reviser, annuler ou

amender les actes publics de son prédécesseur ? Dans le cas dont nous nous occupons, le dernier parlement adopta une résolution par laquelle on référait cette question à la décision de Sa Majesté, qu’elle pouvait donner par l’exercice de sa prérogative royale. Elle accepta la tâche, et, de l’avis de son exécutif, elle choisit Ottawa.

{4) La session qui vient d’être close n'était pas-encore ouverte; et la trah'son des représentants du peuple a fai manquer cette prophétie ; leur esaïsme ai été sourd aux vœux de la grande majorité du peuple et a grossi l’indiguètion générale qui attend ave” impatience l'occasion de taire justice de ceris‘us hommes exécrés !

Le parlement qui adopta cette ligne de conduite a été dissout durant l’intérim, et un autre a été élu. Le parlement actuel ayant déclaré que son prédécesseur errait en demandant la décision de ja Reine dans une matière de pur intérêt local, n’a pas voulu être lié par de pareils actes et il est prêt à voter une adresse à la Reine, la requérant de reconsidérer sa décision, et peut-être ira-t-il plus loin et demandera-t-il dans la prochaine session que la décision de la Reine soit completement annulée en vue du projet de la confédération des provinces et de la misérable condition de notre échiquier.

Blackstone écrit : “ Toute chose qui est exceptionnelle dans

l'administration des affaires publiques ne doit pas être imputée au roi: malgré cette perfection personnnelle que la loi ‘itribue au souverain, ia constitution a donné aux deux chambres du parlement la latitude de supposer le contraire, et chacune d’elle peut user du droit de réclamer, en se plaignant au roi, de ces actes de la souveraineté qui sont plus particulièrement et plus personnellement les siens. Les deux chambres ont le droit de considérer ces actes d’état sous n’importe quel jour et elles supposent toujours qu’ils sont en effet des avis de l’administration existante.”

Nous maintenons donc que notre parlement peut réclamer et se plaindre à Sa Majesté de cette référence et de la décision qui est intervenue, comme étant le fait de ses ministres et non le sien. L'opposition peut tirer grandement partie de la détermination à laquelle en est arrivé M. Cartier, au sujet de cette question. À l’œuvre donc, messieurs de l’opposition ; ne craignez pas le cri absurde : La loyauté ! la loyauté ! lorsque l'intérêt seul de vos commettants doit vous guider. Le temps est passé où un semblable cri écrasait les réformistes du Canada et les empêchait de réclamer efficacement leurs droits. La Rrine ne nous en respectera que plus si nous montrons que nous entendons nous servir des grands priviléges qui nous ont été octroyés.

Quelques mots maintenant touchant le projet que lon entretient d’une confédération des provinces britanniques de

l'Amérique du Nord, et la construction d’un chemin de fer national entre Halifax et Québec. Beaucoup d’hommes

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croient fermement qu'aucune difficulté ne pourra empéche: la préparation et l'exécution de cette mesure. Nous prétendons qu’un plan devrait être adopté pour ajouter une furce additionnelle à chacune des provinces du Canada, de ja Nouvelle-Ecosse, du Nouveau-Brunswick, de l’Ile du Prince Edouard, de Terreneuve et du Cap Breton. On ne peut nier que ce résultat serait mieux obtenu par la consolidation de ces pouvoirs en un seul. La principale difficulté qui se présenterait serait d'obtenir la sanction du peuple de chacune de ces provinces pour aucune forme particulière de gouvernement qui pourrait être suggérée ou établie par le parlement impérial, s’aidant de l'avis de délégués représentant ces diverses provinces. L’opinion de ces délégués, ou d’une inajorité d’entr'eux, serait certainement en faveur de leur confédération, sous le contrôle du bureau colonial; mais franchement, nous devons croire qu’un tel projet, soumis comme il devrait nécessairement l'être, au vote populaire. ne serait pas unanimement sanctionné. Dans notre appréhension, la seule forme de gouvernement qui pourrait possiblement convenir, dans le cas d’une confédération, serait la forme républicaine, basée sur le système qui régit les Etats- Unis. La division de la confédération en Etats, avec des législatures locales, chacune d’elles ayant le pouvoir souverain de législater sur les besoins de chaque particulier, semble être le meilleur plan possible, Le président de la confédération devrait aussi être choisi parmi les colons, et élu par euxmêmes.

Actuellement, dans ces colonies, il n’existe pas de «es principes larges de liberté sur lesquels la liberté coloniale pourrait être établie en harmonie avec le pouvoir central. Les Etats-Unis ont résolu ce problème. Les émigrants font reculer la forêt, établissent leurs institutions municipales, forment un territoire, reçoivent des juges de l'exécutif central, et finalement, quand leur nombre est arrivé au chiffre requis, ils demandent à être admis dans lunion comme état constituant ; ils n’ont qu’à se soumettre à quelques principes larges et nécessaires, notoires et universels. Dans ce système c’est la justice, la publicité et des prin-

cipes larges et immuables d’équité qui ont produit de si grands résultats pour les Etats-Unis, et le Canada a précisément grandi en autant qu’il s’est émancipé du contrôle du bureau colonial anglais. Le système américain protège les intérêts du cultivateur-propriétaire, tandis que le bureau colonial fait de son mieux pour maintenir le grand propriétaire dans les richesses, le paysan dans l’indigence. Notre gouvernement semble ne pas désirer l’indépendance des classes inférieures dans les colonies.

Pour ces raisons nous croirions imprudent de hâter le projet d’une confédération des provinces sous le contrôle et Ja direction des influences de Downing-street. Quand le temps d’une nnion des provinces sera arrivé, espérons que le principe républicain en sera la base, avec la sanction dut grand pouvoir qui nous régit actuellement et qui ne peut s'empêcher d’exprimer son admiration journalière du succès de son rejeton, les Etats-Unis.

Dans notre appréhension, la crise politique par laquelle ce pays est dernièrement passé, doit faire raisonner la voix de l’avertissement à l'oreille de nos législateurs. Un but vers lequel nous devrions tendre d’une manière générale et vigoureuse serait de démontrer à nos concitoyens de la Grande- Bretagne que uous ne sommes pas une misérable poignée d’individus,indignes de toute considération,de toute attention. mais que nous sommes plutôt un peuple important, déterminé à marcher à grands pas dans la voie des réformes, à nous saisir des difficultés du moment et à les résoudre, et surtout à maintenir énergiquement les droits qui nous appartiennent comme à un peuple éclairé et libre.

Et pourquoi lironique nom de rebel devrait-il être applique à ceux qui entretiennent ces vues ? Doivent-ils être montrés au doigt, comme indignes d’occuper une position dans l: société, parce qu’ils ne se souinettent pas docilement aux fantaisies et aux caprices de tout officiel qui peut nous être envoyé par le bureau colonial pour prendre les rênes de notre gouvernement et les tenir pendant un certain temps? La libéralité du peuple anglais, son désir d'obtenir pour les colonies de l’empire une équitable liberté de dire et d'agir.

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devrait empêcher à l'avenir le retour des déplorables événements qui ont marqué le passé. Nous avançons d’une manière rapide et inévitable vers une condition de liberté nationale entière et sans entraves. Et nous pouvons entrevoir dans l’horizon de l’avenir, une grande nation s'étendant de l'Atlantique au Pacifique, un peuple dont l’Angleterre et lu France seront orgueilleuses, comme de leur rejeton commun, une nation célèbre par l’étendue de son pouvoir, sa prospérité et son intelligence. Des voies ferrées, traversant la magnifique étendue de terre aboutissant à deux océans, vont promouvoir un commerce florissant, consolider et agrandir notre agriculture, développer nos richesses minérales et servir de trait-d’union entre les habitants de l’extrême Ouest et de la partie Est de ces contrées. Et, qui sait si le commerce considérable de transit des Indes Orientales ne courtisera pas nos canaux de communication ? Vraiment. les destinées futures du Canada sont un glorieux sujet de sontemplation. Il est vrai que nous ne pouvons faire que des conjectures ; cependant, il est possible de juger avec confiance des progrès que nous réserve l’avenir par ceux que nous à donnés le passé.

La jeunesse actuelle, appartenant aux classes mitoyennes de la société, est fréquemment détournée, par ses supérieurs, d'étudier la chose publique, d’en faire le sujet de ses observations et d’y prendre part. Cette jeunesse est généralement taxée de présomption quand elle est assez courageuse pour exprimer des opinions politiques. On l’informe charitablement que la politique n’emplira pas sa bourse, Nous admettons cordialement cette assertion, et félicitons ses auteurs du compliment qu’elle comporte pour les jeunes aspirants du

jour. Jusqu’à présent, la politique a souvent été la plus

lucrative des occupations. Il est difficile de dire quel est le plus grand vilain de celui qui, tenant le pouvoir gouvernemental de la confiance que lui accorde ses concitoyens, s’approprie délibérément, pour son propre usage, les impôts levés sur la communauté en général, ou de l’escroc qui s’introduit clandestinement dans la demeure de son semblable et lui vole son argent. Celui-là est manifestement le plus

maihonnête, parce qu’il a odieusement violé le dépôt sacré de la confiance reposée en lui, tandis que celui-ci, paria dans Ja société, a peut-être été forcé d’adopter quelque moyen «désespéré pour lutter contre la faim. Il est da devoir des jeunes gens d'étudier la condition politique de leur pays et de travailler dans cette étude à en appliquer pratiquement les fruits à l’amélioration de l’état moral des hommes publics. “il est difficile de trouver aujourd’hui des serviteurs publics compétents, si nous avons à admettre, à notre honte nationale, qu’un grand nombre de nos représentants sont au-dessous du niveau ordinaire de Ja médiocrité ; si nous avons à être témoins des exemples les plus éclatants d’abus de pouvoir et de corruption; si les chambres de notre législature sont encombrées d'avocats, de docteurs et de notaires, c’est dû au fait regrettable que la jeunesse commerciale de la génération qui a précédé 14 nôtre ne s’est pas vouée, dans ses heures de loisir, à l’étuae et à la pratique des afluires politiques. Nos intérêts mercantiles ne sont pas représentés comme ils devraient l’être, parce que nos marchands sont trop près de leurs /edgers, de leurs dollars, de leur cents mêmes. Ils se servent de ce pays et de ses immenses avantages uniquesuent pour rempli: leurs coffres d'argent, et ils n’ont pas assez de patriotisme pour faire quelques sacrifices pour le bien-être et le bonheur de leurs malheureux concitoyens des classes inférieures. Non seulement ils refusent leurs services personnels ; mais ils cherchent assidument à empêcher les autres d’agir dans le sens que leur prescrit leurs inclinations patriotiques. Nous nous apercevons, cependant, tous les jours qu'il y a progrès de ce côté, et nous souhaitons sincèrement qu’à lavenir les jeunes gens qui possédent des capacités modérées, ne soient pas détournés de la bonne voix par ceux qui devraient leur donner le bon exemple. Ce sera une grande satisfaction pour nous, si ce que renferme cet essai réveille, dans l’esprit des jeunes membres de cette société. l'intérêt qu’ils devraient prendre à la politique canadienne. Concluons : Le Canada a commis quelques erreurs dans le passé, mais il les a noblement réparées ; il a été quelquefois la victime de l’injustice et de l’oppression ; mais les sentiments

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d’antagonisme qui int produit ces résultats sont à jamais 1 disparus, nous l’espérons. Le présent souffre des diffiicuités causées par des questions d’iniérêt local, mais ces blessures que porte notre corps politique disparaitront rapidement, grâce aux efforts d’un peuple judicieux et éclairé ; ces blessures laisseront peut-être des cicatrices, les nuages quelques ombres incertaines, mais l’expérience et la sagesse opèreront finalement leur entière disparition. Sincèrement attaché à cette terre de notre berceau et à son peuple, nous entrevoyons avec un orgueilleux espoir son avenir politique, confiant dans ce grand pouvoir qui, d’en haut, gouverne toutes les nations du monde, suivant leurs mérites respectifs. Puisse-t-il trouver la nôtre digne d’un avenir brillant dans l’échelle des nations!

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