LETTRE-PRÉFACE
éMOVX,SIEU\ LUCIEO^ S^Hoé'RjC
Directeur de Vlllustratum
Monsieur,
A publication de Passion Slave dans votre beau journal vous a exposé aux rigueurs de la censure russe, et a failli faire interdire la vente de /^Illustration sur tout le territoire qui forme l'immense empire des Cyirs,
Uous ave[ bien voulu cependant, Stfonsieut,
1 1 l ETTRl-MttFACl
ne pas regretter l'hospitalité accordée par vous à cette apcvre de psychologie et d'imagination, qui na rien — comme vous en ave\ fort bien jugé en raccueillamt — ^une muvre depwrti.
Laissez-moi vous en remercier ici très vivement, zMon roman ne défend aucune thèse. Il expose simplement des idées — quelques-unes de ces idées éclatantes, qui flamboient en ce moment sur l'Europe, et que tous peuvent discerner, sauf les aveugles volon^ taires. (Aussi nous ne nous attendions guère, vous ou moi, aux sévérités qui F accueillirent en l^ussie.
De telles sévérités amrent — ne vous semble-t-il pas ? — des horizons inattendus sur l'état d'esprit d'un peuple que nous souhaitons de mieux connaître parce que nous voulons le mieux aimer. ShQ)us ne saurions récriminer contre des mesures qui s'appliquent à une race aussi différente de la notre. Il est possible que les vérités dangereuses ne soient pas toujours des vanités. Il est certain que les foules ne peuvent accepter utilement que la petite part de vérité accessible à leur constitution mentale. La libre pensée implique, cke\ un peuple, une culture antérieure fort longue* Tant
lettr£-pr£face m
que c€ peuple n'a pas atteint certatru phase supérieure ie son évolutian, peu^-étre ne doù-^npûs wucher au* croyances sur lesquelles reposent les édifices religietut et sociaux qui l'abritent depuis des siècles. Les dogmes ne restent des dogmes^ et par conséquent ne gardent leur empire sur les ornes, qu'à la condition d'être soustraits à tout examen*
Ce livre, d'ailleurs, n'en discute aucun. Je n'ai €u
ni le mauvais goût, ni la prétention d'y faire de la
politique. Toutefois J'ai cherché ici, comme dans
chacmi de mes derniers ouvrages, à laisser transpa*^
raitre, sous le voile d'une fiction, Fun des cotés de la
pois^ coniemporaine. J'ai simplement voulu faire
fléchir, parce ^ tel est nuin premier devoir Hécrir
vain. Je ne défends pas plus le socialisme, en recott^
naissant son existence et en prévoyant son formidable
avenir, que, dans Névro&ée^je n'attaquais la femme
en montrant l'abime creusé entre les sexes par la civi-
UsutioUy ou que, dans Rêves et Visions^ /^ neblas-
pitémaîs tes Dieux n^rts en constatant fu'ils ne sont
plus. Les idées <qui circulent à travers ceae histoire
éTune 4i passion sLtve i> sont celles qui préocof^nt le