DOUX PROPOS
Et j'entrerais très tard... à sept heures du soir ! Car, je suis ainsi fait, je n'aime pas à voir Qu'on regarde ma chose, et je ne veux, mignette, Que nul, sur mon amour, braque ainsi sa lorgnette !
Dis, toi, que feras-tu, si pour être vainqueur, Se laissant entraîner au penchant de son cœur,- Ne te sachant pas là, derrière la persienne, Captivant ma pensée en m'exprimant la sienne, Notre jeune voisine osait?... Que ferais-tu ? Oh ! je te vois d ici, ma petite vertu !
Lionne, qui, soudain, perce en la brebis tendre, J'entends l'éclat de voix que tu ferais entendre Je te vois élevant tes beaux yeux vers le ciel, Poussant jusqu'à Dieu même un soupir éternel, Un de ces longs soupirs d'enfant gâté qui pleure, Et dont l'éternité... se dissipe avant l'heure! Je vois fuir mes baisers en feignant fuir mes pas, — Tout en les enviant à mourir, n'est-ce pas ?
Puis, bientôt, faisant trêve à nos petits caprices. Et blâmant no$ petits défauts, nos petits vices, Redevenus charmants, contents, — et sérieux ! — Loin des marmots mignons, des bébés curieux, Le poète jouera gatment avec la Muse Au vieux poème auquel l'humanité s'amuse,
Ayant en eux l'amour, ayant le ciel sur eux, Tant qu'ils seront unis, ils se diront heureux !
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