JE CRAINS
Si tu me demandais quelle est la douce étoile Dont l'éclat luit dans l'ombre où vont tous mes espoirs, Enfant, je te dirais : Tes grands yeux blancs, que voilent Tes beaux cils noirs !
Si tu me demandais de te nommer la page Où mon âme a gravé les plus chers de ses vœux, Enfant, je te dirais : Ton front serein, qu'ombragent Tes noirs cheveux !
Si tu me demandais quelle est la fleur farouche ^ Dont je veux la primeur pour fêter mes printemps, Enfant, je te dirais : C'est ta mignonne bouche Aux blanches dents.
Alors, tu me dirais de te nommer la femme De qui je rêve avoir tout cela, rien qu'à moi, Et je te répondrais (Oh ! pardonne à l'infâme) Ce n'est pas toi !
Oui, pour tous ces joyaux dont un Dieu te décore, J'ai l'amour, contre quoi nul Dieu ne nous défend ; Mais, s'ils étaient à moi, les aimerais-je encore?... Je crains, Enfant 1
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