LISE ÉTANT LA
Alors, voilà l'oiseau qui passe et qui va dire A Tonde claire, dont son aile bat le sein, Des mots bien doux, si doux, qu'à ce joli dessein, L'onde s'enfle d'orgueil et se tord d'un grand rire ;
Bientôt, voici venir le zéphir, à son tour,
Qui roule en mille accords sa gamme harmonieuse
Et va taper si bien la fleur capricieuse,
Que la fleur se balance en palpitant d'amour ;
Puis, voulant, à son tour, humilier la rose, Qui, dans ses voluptés, perd tout son vermillon, Nous voyons s'avancer, boudeur, le papillon, Branlant sa tête ronde et causant... douce chose !
Douce chose !.. . tu sais, n'est-ce pas, ce que c'est ? Et, comme si cela lui donne le vertige, La rose est éperdue et tourne sur sa tige, Disant ne pas pouvoir du tout... ce que Ion sait !
Bientôt, la libellule ; après elle, l'abeille ; Et bien d'autres encor, dont nul n'a le dessus ;... Et tous disent alors que s'ils s'en vont déçus, C'est que la rose a peur du vent jaloux, qui veille !..
Et moi, mon cœur grisé n'en peut plus, à son tour ! Car je n'ose penser qu'elle soit là, — si belle ! — Qu'elle soit en mes bras, — lasse d'être rebelle, — L'enfant dont je m'épris, de tant de fol amour !
Elle est là, dans mes bras, pourtant, naïve et gente ; Ses yeux cherchent mes yeux, son regard me sourit. Tout un essai charmant bourdonne en son esprit, Et j'entends, dans sa voix, son cœur même qui chante !.
Ah ! malgré ces doux mots que Ton se dit tout bas, Et ces jeux innocents que Ton fait en silence, Et ce passé vers qui, toujours, l'esprit s'élance, Qui donc osa penser que le bonheur n'est pas ?