TON DEVOIR, MON DROIT
Lorsque mes doigts joyeux, Laissant ta poitrine déclose, Vont boucler tes cheveux soyeux, Pourquoi donc semblés- tu morose ?...
En ces longs soupirs vers les cieux Dis les pensers que ton cœur ose Et dont a peur ta bouche rose ?. . .
N'as-tu pas dit, ange mignon, Que je suis, — las ! — un papillon Pour lequel tu n'es qu'une roâe ?. . .
L'as-tu pas dit, ange mignon ?...
Or, — dis ! — la fleur se fàche-t-elle, Quand le vent passe et souffle qu'elle est belle ? Vois-tu que le rosier darde son aiguillon Contre l'insecte fou qui bourdonne qu'il l'aime '?.
Non, jamais, n'est-ce pas?... Alors, pourquoi, toi-même,
Loin de bercer en toi Mon amour, — cet amour que ta pensée enivre, — Faut-il que ton orgueil l'interdise de vivre?
Dis-moi Pourquoi ?
Dis pourquoi le dédain qui trouble ton sourire Quand ma bouche, à l'envol des essaims du baiser, En pince un seul, et, sur ton front, vient le poser? Ah ! je t'ai fait pleurer, moi qui croyais ne dire Rien que la vérité dans tout ce vain discours !... Eh 1 bien ! soit 1 finissons ; mais eu tends bien, ma chère : Mon droit de papillon, c'est le droit de tout faire, Et ton devoir de rose est d'obéir toujours !