‹ Passions: primes vers d'amour et variations sur de vieux thèmesChapitre 34 sur 93 · INVITE · texte numérisé non relu

INVITE

Dans le bois, sur la pelouse, Près des grands manguiers ombreux, Encor, ma mignonne épouse, Allons, heureux d'être heureux!

Tu sais ?... Près des hautes herbes, Qui, tels des nains triomphants, .

Branlent leurs casques superbes Au chant martial des vents 1. . .

Tu sais ?... près du flot limpide, Qui chante, en l'orgueil de voir La lune, reitie splendide, Se mirer dans son miroir ;. . .

Sous le parasol des branches, Qu'étoilent, quand vient le soir, Leurs mille fleurettes blanches, Mignonne, allons nous asseoir !

Allons, Mignonne, à notre âge Il faut se moquer du temps, Pour cueillir la fleur sauvage Qui ne fleurit qu'au printemps !

Il faut aimer, il faut vivre ; Carie printemps doit passer, L'automne et l'hiver vont suivre...

Mais à quoi bon d'y penser ! . . .

Allons ! viens, sans crainte aucune !

Laissons passer le souci !

Loin, la tristesse importune !

Le vrai bonheur est ici !

Donc, viens, mignonne et gentille !

S'il est parfois certain bruit Qui fait soudain qu'on frétille, C est l'oiseau moqueur qui rit.

Qui, de son aile indiscrète, Frôle, en amoureux jaloux, La robe d'une fleurette Qui tremble à ce baiser doux !

C'est la brise rechignée Qui sermonne les oiseaux, Qui fait rire la feuillée, En pinçant le flanc des eaux ;

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