VIENS
Viens, enfant ! l'aube fuit, sous le grand ciel que dore
Sa clarté rose, on voit le sourire du Jour ;
Mais l'Aurore qui Vient est indécise encore,
— Telle on dirait ton àme à mes appels d'amour !
Vois :.. les nids sont joyeux ; vois : les fleurs sont écloses Entends : le vent pleureur fait rire le ruisseau ; Viens 1 la mère Nature a réparti les choses Dans les bois, entre l'homme, et la source, et l'oiseau.
Viens ! ne t'en va pas loin ; j'ai trop peur pour ta vie I Si la nature est bonne, elle est folle, souvent ! Lorsqu'à des jeux bien doux sa gatté nous convie, Ne t'abandonne pas sans prendre garde, enfant !
Donc ne va point là-bas ; crains le gazon humide ; Viens plutôt 1 viens ici ! viens : voici mes genoux ! Garde-toi d'obéir à ton instinct timide :
La nature, te dis-je, est jalouse de nous I