VIENS
Lise, écoute !. . . en voyant que l'Orient s'argente L'alouette est heureuse, elle fait éclater Ses notes d'or... Aimons-nous ! tandis qu'elle chante ; Nous vivons pour aimer, l'oiseau naît pour chanter !
Ecoute encor !... Là-bas, c'est la voix de la source, Qui, fière du ru clair jaillissant de son sein, Plaint le pauvre petit qui n'a» pas la ressource Des rythmes tapageurs du grand fleuve voisin !
Pourtant, la ru charmant s'ébat sous la verdure ; Il court, raillant le vent qui ne sait que pleurer ;... De peur qu'il ne nous raille, aimons, tant qu'il murmure ; Nous vivons pour aimer ; le flot pour murmurer. . .
Dis : à la joie entrée en nos âmes moroses,
Aux gazouillis des nids, au clair babil des eaux,
Tu vois que la nature a réparti les choses
Dans les bois, entre nous, et l'onde, et les oiseaux ?
Ah! si tu le vois bien, fais ainsi que l'aurore, Qui, doucement, gaiement, se résout dans le jour ; Au lieu d'être avec moi trop indécise encore, Laisse venir ton âme à mes appels d'amour !
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