CANTIQUE DE MES CANTIQUES
Son flou de beau lis qui pousse,
Au prime jour, Te voilà douce, oh ! mais, douce
Mon amour !
Aussi, je t'aime, ô mon amour ! Aussi je t'aime ! Tu vois, je varié encor, — Encor, toujours î — le vieux thème !
Mon luth est d'or Pour ce doux air qui, lui-même,
N'est que trop court ! Tant je t'aime, oh ! tant je t'aime,
Mon amour !
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Tantôt, sur ma feuillette,
Jetant des vers, ^
Ma main courait, distraita, •En sens divers.
Je chantais la nature
Au beau décor, Les oiseaux, la verdure. . .
Que sais-je encor !
Soudain, brisant mon rêve, Lèvent... jaloux,
Survient, passe, et m'enlève, Mes vers. . . si doux !
Et le voilà qui vole
Loin ! loin ! bien loin !
En vain, je me désole :
Il n'entend point !
Il va, sous le feuillage,
Sur le ruisseau, Traînant son verbiage
Stupide et sot !
Il dit même, en son thème,
(Oh ! le mauvais !) Que mes vers, c'est lui-même
Qui les a faits I
Et puis, le rapt inique,
L'affreux larcin, Le grand vol, se complique
D'un vil dessein !
Oui I j'avais quelque chose, D'un prix! d'un prix!
Et voilà que, sans cause, Le vent Fa pris l
Là ! ça n'est pas honnête ;
Car, en effet, Avec certain poète,
L'aurait-il fait ?
Pourtant, — il doit l'apprendre : ■
Quoi que ce soit, On vole, en l'osant prendre,
S'il n'est à soi J
Et puis, toujours on vole;
Lorsqu'on vola ; Mon Dieu I tout vent qui vole
Sait bien cela !
Mais non 1 pour lui, ces choses Sont des mots vains !
Il aime mieux, aux roses, Aux blancs jasmins,
A cette gent pauvrette
Des tendres fleurs, Aller conter fleurette...
— Quitte dès pleurs !
Bref, généreux, j'immole
Mes vers.., de feu, Mes vers où l'hyperbole
Clamait mon vœu !
Mais, ces cheveux de Lise, '
Tels que n'en ont Nuls vents, — Brisé comprise !
Ah ! pour ça, non !
Car, enfin, si mon Ange- Fait un faux pas ;
Si la constante... change !
(On ne sait pas I)
% SL, demain, Von m'abreuve
D'amers refus, Qu'offrirai-je de preuve,
N'en ayant plus !
Donc, les vers, peu m'importe !
Ce que je veux, C'est que l'on me rapporte
Tous mes cheveux !