LA VIERGE ET L'AURORE
.… Quasi aurora consurgens
Les Livres Saints Comparent la Vierge-Mère à l'aube qui se lève,
Le prophète s’écriait dans une vision de l'avenir: “Qui est celle qui apparait comme l'aurore ? ” (1) La forme lointaine qui ravissait le Cœur, qui excitait l'enthousiasme du chantre d'Israël, c'était sûrement Marie, Aussi l'Eglise, interprète autorisée de l'Ecriture, lui applique-t-elle tout d'abord ce texte inspiré.
Pour justifier cette Comparaison, cherchons en quoi la Vierge Immaculée ressemble, en effet, à l’aube qui se lève.
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L’aurore naît du soleil. Elle lui emprunte ces lueurs qui font d'elle un des plus beaux phénomènes célestes. Tout son éclat dépend de l’astre-roi, Du fond des espaces où il est encore caché à nos regards, il lui envoie les indécises clartés dont elle se pare, les mille nuances qui la colorent. Ces teintes rosées qui emplissent l'horizon, au levant, émanent du soleil.
Marie de même, pendant ses jours de la terre, recevait toute sa beauté, tout son éclat, du soleil divin. Du haut
(1) Cant. VI 9.
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de sa lumière inaccessible, T'eu versait abondamment dans sa rréatur : d'élection les purs rayons de sa clarté, Ces dons exq's du corps et de l'âme, qui la rendaient agréable aux anges et aux hommes, lui venaient de la source même ‘e toute bonté. Marie était le vivant reflet de son auteur. Une surnaturelie lumière irradiait au travers de son enveloppe de chair et lui créait comme une auréole. Et la Vierge n’est encore, là-haut, si éclatante, si éblouissante, que parce que le Soleil Infini la revêt—m"u/ies amicla sole. (1)
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L’aurore précède et annonce la venue du soleil. Les anciens disaient qu’elle ouvre les portes de l’orient, par où s'avance triomphalement le roi du jcur. Elle promène sur les choses, jusque 1à enveloppées d'ombres, des lueurs immaculées, plus douces aux regards que la pleine clarté du midi. Tout renaît sous le mystérieux rayonnement de l'aube. La nature s'éveille et chante le lever de l’astre qui lui versera sa bienfaisante chaleur.
C’est ainsi que Marie a immédiatement précédé et annoncé le Rédempteur, qui venait en ce monde pour illuminer tout homme. Elle ne l'a pas seulement annoncé, mais, selon que l’Eglise le chante et que notre foi le proclame—mundo lumen æternum efudit—elle lui a donné le jour. La vierge a été le signe précurseur du Verbe lumineux. En elle Dieu a réalisé d’abord ses promesses primitives et confirmé nos espérances. Et, comme l'aurore disparaît à mesure que le disque du soleil grandit et monte, Marie s’est effacée devant son fils div'a. Quand vinrent pour Jésus les jours de sa révélation aux foules, sa
(1) Apoc. XII. 1,
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mère se renferma dans une ombre discrète pour le laisser seul agir et seul parler. Dans le récit évangélique, elle n'est plus que rarement nommée. On la devine plutôt qu’on ne la voit. Son rôle maternel se borna à aimer et À compatir silencieusement.
La douce Vierge est toujours pour les Âmes comme l'aube naissante. Lorsque le péché les enténèbre, elle rayonne Suavement sur cles sa clarté, préliiüe de la grande lumière qui tantôt les baignera de ses rayons.
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C’est au moment de l'aurore que l’on voit briller les perles de rosée. Quelle fratcheur, quelle fécondité elles apportent à la terre! Les gouttes d’eau—pleurs de la nuit—imprègnent les piantes d'une sève nouvelle, tremblent sur les feuilles dont elles lavent la poussière. La nature semble restaurée, vivifiée. Et c’est merveille de voir les lueurs matinales se jouer dans ces joyaux humides.
Au temps de la Vierge aussi, la divine rosée de la grâce commença à couler sur le monde. Le ciel, si longtemps fermé au supplications des anciens justes, s’entr’ ouvre enfin: le Sauveur Paraît, et son sang, qu’Il verse
sur les Âmes comme une onde bien‘aisante, les régénère à jamais.
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L’aurore croît et monte dans la lumière.
mières lueurs timides et rougissantes, n’illumi coin de ciel, laissant les choses noyées dans la succède toujours plus de clarté. Les teintes se prolongent sur la ligne de l’horizon et se projettent plus haut et plus loin dans le vaste firmament. Les traits de feu s’élancent. Tout l’orient flamboie. C’est une gloire .
Aux pre- «nt qu’un pénombre,
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Comme l’aurore monte dans la lumière, Marie croissait eu grâce et en vertu. Chaque jour, elle s'élevait plus haut vers Dieu, idéal de toute perfection. L'Infini radieux la sollicitait chaque jour davantage. Et son âme aspirait toujours plus à se détacher de la terre, à se perdre, à s’abîmer sans fin dans l'inaccessible et l’inmaiérielle clarté divine .
C'est ‘à que nos regards giorifiés la verront éternellement.
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Demaudons à la Vierge Immaculée d'être pour nos âmes comme l'aube qui se lève.
—Qu’elle nous apporte la pleine lumière du Christ !
— Qu'elle nous verée la divine rosée de la grâce!
— Qu'elle nous fasse croître en vertu !