ENCORE UNE LETTRE DE M. PASTEUR
Monsieur le Rédacteur,
Je vous remercie d’avoir bien voulu reproduire, dans votre numéro du 2 février, l’affiche que j’ai fait placarder pendant le scrutin de dimanche dernier, mais vous faites suivre cette insertion d’une note fort désobligeante où, sous prétexte de défendre votre impartialité qui n’est pas en cause et que je suis le premier à reconnaître, vous ne craignez pas d’être partial à mon égard.
J’ai énoncé, dans cette affiche, deux faits vrais ; le premier qu’il m’a été impossible de revoir 1 épreuve de votre compte-rendu de la séance de samedi soir ; le second, que ce compte-rendu a supprimé, dans ce que cela avait de significatif, ma réponse à une des questions qui m’avaient été posées. Vous acceptez l’exactitude parfaite de ces deux assertions puisque vous n’en réfutez aucune, mais, croyez bien que je ne vous impute en quoi que ce soit la partialité de votre compte-rendu. Je sais pertinement que ce n’est pas vous seul qui l’avez rédigée et corrigé.
Loin d’être, comme vous le dites très gratuitement, un effet « de l’irritation d’un candidat malheureux », l’affiche dont il s’agit n’a été que l’expression de mon respect de la vérité. Vous me permettrez d’ajouter, avec la fierté d’un homme qui a conscience des services qu’il a rendus à son pays, que mon échec ne me diminue point, et que mon succès, au contraire, n’eut point été sans honneur pour le département où je suis né.
Usant de mon droit de réponse, je vous prie de vouloir bien publier cette lettre dans votre plus prochain numéro.
Veuillez agréer, Monsieur, l’assurance de mes sentiments les plus distingués.