LE DOCTEUR A. CALMETTE
M. le D' Albert Calmetle n'a pas tout à fait Irente-deux ans, el le voilà directeur de Tlnstilut Pasteur de Lille, et médecin principal au corps de santé des colonies : ce tout jeune homme a quatre galons à son képi, comme un vieux commandant; il est, évidemment, le plus jeune officier de son grade, et il ne doit cet avancement extraordinairement rapide qu'aux services rendus.
bon esprit est d'une activité, d'une ingéniosité véritablement étonnantes pour toutes les choses de la science.
A vingt ans, .lU moment où il va faire son premier voyage comme aide-médecin, il a déjà imaginé un pulvérisateur pour les antiseptiques. Pen-
dant la campagne de Chine, il invente un appareil pour le transport des blessés.
Il écrit une bonne thèse sur la lîlaire du sang humain, va étudier pendant deux années à Terre- Neuve le « rouge de la morue », pour le plus grand profit des pêcheurs français, entre à l'Institut Pasteur, s'y perfectionne dans la technique au laboratoire de Roux, part pour la Cochinchine, et va fonder à Saigon, pour le compte du gouvernement français, une succursale — la première dans nos colonies — de l'Institut Pasteur.
Là, son activité redouble : il semble que ce climat, pour tant d'autres amollissant, le stimule aux trouvailles.
Il améliore et perfectionne le service de la vaccination antivariolique, organise la vaccination antirabique, invente une méthode scientifique pour la fabrication industrielle de l'alcool et de la l)ière de riz, vraie fortune pour la colonie.
Entre temps il publie d'excellentes recherches expérimentales sur le choléra asiatique, sur l'im-
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munisatioii par procédé chimique, sur la dysenterie et les abcès consécutifs du foie, sur la peste, sur la lèpre, sur le béribéri.
Voici deux ans, il rentre en France avec le ruban rouge, et, installé au nouveau laboratoire à rinstitut de la rue Dutot, il y étudie l'immunisation contre le venin des serpents, la thérapeutique de renvenimationy comme il dit. Il découvre toute une série de moyens préservatifs — hypochlorite de chaux, sérum d'animaux vaccinés contre la rage ou rendus réfractaires au venin même — et ces moyens donnent, en Australie, de si bons résullats, qu'une dépêche officielle, parvenue par l'ambassade d'Angleterre, en félicite et en remercie notre ministre des affaires étrangères. C'est à ce moment-là que le D' Galmette est promu médecin principal.
Il est en train d'étudier méthodiquement les échantillons de microbes de la peste envoyés par Yersin, quand on l'envoie, le mois dernier, organiser et diriger à Lille la succursale de l'Institut Pasteur.
Combien de services rendus à la science et au pays! quelle charmante activité d'esprit! et quel avenir attend ce tout jeune savant, pour peu qu*il continue comme il a commencé !
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LE DOCTEUR H. NIGÛLLE
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