LE DOCTEUR M. NICOLLE
Ancien interne des hôpitaux, ancien moniteur d'anatomie pathologique à la Faculté, ancien préparateur de Roux à l’Institut Pasteur, le D° Maurice Nicolle — il a trente-trois ans — est actuellement directeur du bureau d'hygiène à Constantinople. Et cette situation toute particulière contribue à donner encore une originalité plus marquée à l’une des physionomies les plus intéressantes de la jeune génération scientifique.
Mince et grand, imberbe à un rien de moustache près, avec une tête rase et carrée de Normand volontaire, travailleur acharné, d’une érudition très profonde à la fois et très vaste, familier de l'œuvre de Gæthe comme de celui de Pasteur, et
des drames wagnériens autant que des trouvailles de Külliker en embryologie, le D° Maurice Nicolle est une haute intelligence ; graine de grand savant, à moins que son esprit trop conscient, trop critique, trop épris d'absolu, trop difficile à satisfaire, ne finisse par enrayer, par «inhiber » ses élans producteurs.
Après un brillant internat et une thèse très remarquée sur l'anatomie pathologique du cœur, il est entré au laboratoire de la rue Dutot : il y pensa mourir d'une typhoïde à rechute contractée dans l'exercice du métier, pour avoir trop négligemment manié le bacille. Sitôt guéri, il se remit à l'œuvre, et bien vite il fit faire à la technique microscopique des progrès importants : il modifia très heureusement le procédé de Lœfler pour la coloration des cils des bactéries, et son procédé dit « du bain mordant au tanim » est aujourd’hui de pratique courante pour la coloration des coupes microscopiques.
Devenu le préparateur, le «bras droit » de Roux, il avait commencé de difficiles et patientes re-