PATHOLOGIE DU FOETUS
Pathologie du foetus. — Le fœtus dans la cavité utérine est protégé, grâce au liquide amniotique, il subit moins les chocs imposés à la mère. Celle-ci peut remuer aisément, ce qu'elle ne pourrait pas faire aussi facilement si la poche des eaux n'existait pas. Cependant, le futus n'est pas complètement à l'abri des traumatismes. Ilest tout à fait indépendant de la mére: mais, il lui emprunte les matériaux dissous dans le sérum du sang maternel et qui peuvent passer à travers l'épithélium placentaire. Il peut en même temps recevoir par le placenta et la veine ombilicale des substances toxiques. En général, dans les intoxications, le fœtus renferme une proportion de poison moindre que celle que l'on rencontre chez la mère, et ses tissus offrent plus de résistance à l'intoxication. Lorsque la mère a été tuée par le chloroforme, si on ouvre de suite l'utérus, on peut trouver l'enfant encore vivant. Il en est de même pour les enfants des femmes tuées par asphyxie.
Les microbes pa sent, eux aussi quelquefois, à travers le placenta, mais le fait est rare, on a alors des mala-
dies congénitales et non héréditaires (1). La fièvre ty-
(1) Congénital: qui est transmis avec la vie qui existe au moment de la naissance, — Hérédité: Loi Biologique d'après laquelle les êtres vivants tendent à se répeter dans leurs descendants et à leur transmettre leurs propriétés.
phoïde, la variole, la rage, le choléra congénitales sont connus, ces maladies peuvent se transmettre de la mère au fœtus, mais pas dans tous les cas. La question de l'hérédité dans les maladies a été bien étudiée pour la première fois par Pasteur dans son travail sur les maladies
des vers à soie.
l'asteur, étudiant les causes qui, en 1865, amenaient la ruine de l'industrie de la soie dans le sud de la France, nous à montré qu'il existait deux maladies dans les éducations infectées, la pébrine et la flacherie. Le germe de la pébrine passe du corps de la mère dans les oeufs et dans Les petits: le le ne leur communique pas la maladie, mais donne une progéniture faible et débile. Dans la flacherie, au contraire, ni le mäle, ni la femelle ne Peuvent transmettre l'infection: mais si l'un d'eux est Malade, Ie produit est faible et présente une prédisposi-
tion marquée à contracter la maladie,
Chez l'homme il existe deux maladies à évolution lente, la svphilis et la tuberculose, dans lesquelles on a Lien étudié ce qui se passe au point de vue de l'hérédité «t dans lesquelles il faut tenir compte de l'état des deux
générateurs,
Heredo-s\philis. -— Si la mère est syphilitique, l'avertement est fréquent à cause des lésions du placenta, d'autres fois l'enfant vient au monde avec des manifestations spécifiques. L'enfant normal à la naissance sera atteint de manifestation: syphilitiques vers la sixième semaine, quelquefois plus tard, à 15 OU 20 ans. C'est la syphilis héréditaire tardive. Si le père seul est containiné, les mêmes éventualités peuvent se produire. Le fœtus
peut avoir la syphilis et la mère reste indemne : cepen-
dant, il y a des modifications profondes qui se passent dans l'organisme de la mère, après avoir porté cet enfant syphilitique elle gagne l'immunité et ne peut plus prendre la maladie. Cette femme qui a mis au monde un enfant syphilitique sans prendre la syphilis, peut, sans danger de contamination, allaiter son enfant. Ce sont probablement les matières solubles immunisantes qui, à l’exclusion des microbes, ont franchi le filtre du placenta et conféré l'immunité à la mère.
Lorsque les parents n'ont pas la syphilis et que la mère contracte la maladie pendant la grossesse, deux éventualités peuvent se présenter. Si la syphilis est communiquée à la mère avant le 7ème mois, le fœtus est d’ordinaire syphilitique ; si la syphilis survient après le 7ème mois, l'enfant est d'ordinaire indemne, mais il a l’immunité et peut sans inconvénient être allaité par sa mère.
Heredo-tuberculose. — La tuberculose congénitale existe peut-être, mais c'est une exception extrêmement rare. Seulement, l'enfant né de parents tuberculeux présente une aptitude spéciale à contracter la tuberculose, 1] possède une nutrition vicieuse qui se traduit par la scrofule, le lymphatisme, la chlorose ; il a une prédisposition marquée à prendre la tuberculose. L'enfant n’a pas l'immunité comme dans la syphilis, au contraire. 11 a autour de lui des causes de contagion $ Le dans ce milieu, aussi faut-il le soustraire à cette Loutagion dès la naissance. Les enfants de tuberculeux Plarés, dès la naissance, dans un milieu non tuberculeux n'ont has la tuberculose, c'est une règle, peut-on dire, absolue.
Malformations congénitales.—Les infections peuvent être le point de départ de malformations, mais en général
tes malformations sont dues à des accidents ce téconda-
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tion. Ordinairement un seul spermatozoide féconde l'ovule, quelquefois plusieurs spermatozoïdes s'introduisent dans l'oeuf. Cela se produit k ‘sque la membrane d'env: loppe n'est pas assez résistante, lorsque la mère est affaiblie au moment de la production de l'œuf. Si deux spermatozoides pénètrent dans l'ovule, le protonuclus femelle se séparera en deux et on aura deux cellules, deux noyaux vitellins grâce à la fusion avec les deux protonucléus mâles, c'est-à-dire avec la tête des deux spermatozoïdes, Ces deux noyaux vitellins deviendront le centre de deux formations embryonnaires. Il en résulte une grossesse gemellaire. Les deux êtres ont une origine unique, c'est le même être dédouble : aussi seront-ils toujo 1rs de même sexe et présenteront-ils au point de vue physique et moral une ressemblance frappante. Il ne faut pas confondre ces Cas avec la gémellité résultant de la fécondation intra-utérine de deux ovules : il se produit alors des êtres différents qui peuvent ne pas avoir le même sexe: dans ce dernier cas on est en présence chez l’homme d'un phénomène normal chez la plupart des animaux, chez lesquels la femelle à chaque période de menstruation donne non pas un, mais plusieurs ovules. Lorsque deux êtres se développent dans un même ovule, il Pourra se fa'-e qu'à un moment donné les deux êtres se fusionnent : il en résultera la formation d’un monstre double. L'union peut se faire par le vertex, le reste des deux Corps restant indépendant, c’est le cas des frères Siamois. Les deux têtes peuvent se fu-
sionner, c'est un monstre à double face. Les deux êtres
peuvent avoir une vie propre. D’autres fois un des deux
individus se développe mal, une partie indispensable à la
vie fait défaut, il deviendra parasite, il se greffera sur son
frère; ou bien il péné .>ra dans la cavité abdominale,
LÉ dodt HE ec
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donnant naissance à une tumeur par inclusion fœtale, Les
morstres peuvent résulter de causes externes qui agissent sur l'embryon, souvent ils viennent de troubles de la nutrition, d'altérations de l'amnios: dans la syphilis, par exemple, les lésions amniotiques déterminent des vices de
conformation, bec de lièvre, pied bot, etc.