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LES MICROBES

Parmi les agents pathogènes, le: lus importants sont les agents animés, parasitaires et infectieux et parmi

eux, ceux qui causent les maladies infectieuses.

Il y a peu d'années que nous nous rendons compte du rôle joué par les microbes dans les maladies. Cette révolution est due toute entière à Pasteur. Jusqu'à lui, les microbes, qui avaient été vus dans certaines maladies, étaient considérés comme en étant la conséquence et non la cause. Il était, en effet, difficile de s'imaginer qu'un être aussi petit pouvait amener des désordres aussi con-

sidérables dans l'être humain.

C'est en étudiant les microbes qui sont l'origine des fermentations que Paster- nous a démontré le rôle invraisemblable que ces petits êtres peuvent arriver à jouer dans le monde.

Ils sont les agents nécessaires de cette rotation continue de la matière qu'exige le maintien de la vie à la surface de notre globe. Les matériaux que les végétaux supérieurs ont péniblement empruntés à l'atmosphère et à l'eau, qu'ils ont transformés lentement en tissus vivants dont vivent à leur tour les aninaux, ces matériaux après avoir pris une forme organisée et complexe doivent nécessairement faire retour à l'atmosphère et à l'eau pour alimenter de nouvelles générations. Ce retour, cette transformation en substances gazeuses ou solubles dans

l'eau, l'expérience apprend que la matière organisée ne

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peut l'effectuer par elle-même, en vertu des forces qui lui sont propres. Il faut donc une force extérieure et même une force active puisqu'il s'agit en quelque sorte de faire contre-poids à l'existence des grands animaux et des grands végétaux. Ce sont les microbes qui sont chargés de cette tâche. Eux, si petits ont à accomplir une

œuvre aussi importante.

Dans toutes les putréfactions, dans toutes les fermentations, il y a une disproportion entre l'effet et la cause qui le produit. Dans la fermentation alcoolique par exemple qui transforme le sucre du risin en alcool, la proportion de levure est si minime par rapport à l'alcool produit, que cette levure a été négligée par Lavoisier et les autres savants qui ont étudié le phénomène.

La levure dont l'aliment est le sucre, en transforme une partie en acide carbonique et une autre partie en carbone pour sa génération et la construction de ses tissus. Tous les ferments brulent ainsi la matière hydrocarbonée fermentescible, en même temps qu'ils donnent à une autre portion une forme nouvelle et vivante.

C'est comme pour les animaux supérieurs qui, eux aussi, ont besoin pour leur alimentation de matériaux déterminés, dont ils brulent une partie et transforment l'autre en os, muscles, produits de sécrétion et d'excrétion. Mais sous cette analogie se cache une profonde dissemblance. L'animal consomme l'aliment ; par exemple, il brûle le sucre au moyen de l'oxygène qu'il emprune à l'extérieur. [7 levure emprunte l'oxygène dont elle a besoin pour comburer le sucre, au sucre lui-même, qui ne peut le fournir qu'à la condition de passer à l'état

d'alcool. *

Gil lissnsiis

La fermentation est une sorte de combustion de la moitié du sucre aux dépens de l'autre moitié, qui ayant

cédé une portion de son oxygène reste à l'état de combustible. Tandis que l'animal utilise tout le sucre ingéré, la levure n'en brule qu'une partie et c'est pour cela qu'elle est ferment, On peut comparer l'animal à une machine pat faite qui utilise tout son combustible. Le ferment à une machine qui utilise mal le sien ne lui fait subir qu'une combustion imparfaite et par suite devra en consommer une grande quantité.

L'homme a besoin pour se nourrir en 24 heures d'une quantité d'aliments représentée par le cinquantième de son poids. La levure transforme 4 à 5 fois, son poids de sucre en 24 heures. Les bescins alimentaires de la

levure sont donc 250 fois plus grands que ceux des tis-

sus de l’homme. Il y a donc une disproportion énorme dans la fermentation entre la cause et l'effet.

En poursuivant ses études, Pasteur nous montre les ferments à l'oeuvre dans la fermentation panaire, dans la coagulation du lait, dans la putréfaction de l'urine, dans les maladies des vins et de la bière, dans les maladies des vers à soie. Ces ferments sont destructeurs de la matière morte, mais en nous les présentant comme étant la cause des maladies des vers à soie. Pasteur nous les montre aussi comme des désorganisateurs des tissus vivants. C'est de cette conception que découle toute la pathologie genérale moderne.

Pasteur a réalisé ainsi une prophétie faite il y a plusieurs siècles par Robert Boyle lorsqu'il disait : “Celui qui découvrira la cause des fermentations sera probablement plus près qu'aucun autre de découvrir la nature et la cause des maladies.”

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