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démontrer la possibilité ue donner le charbon à des
poules refroidies, tandis que, maintenues à leur température ordinaire, ces oiseaux ne pouvaient prendre le charbon qui leur était inoculé. Par ana logie, disait-il, le refroidissement provoqué par les bains pourrait donner aux imalades la vitalité nécessaire pour lutter contre le microbe de la fièvre typhoïde. C'étaient des idées toutes nouvelles introduites dans la pathologie.
Comme le dit le Professeur Chantemesse :
‘‘T'expérience de la poule réfractaire à l'inoculation du charbon, mais qui contracte le charbon inoculé si on l'expose au refroidissement, vint donner à l'étiologie invoquée par ia inédecine traditiounelle une démonstration qui mettait à tout jamais de côté l'antique spontanéité morbide des maladies infectieuses, mais fournissait une preuve décisive de l'importance dans leur éclosion des causes secondes appelées refroidissement, misère physiologique, etc.
J'allais à cette époque, tous les huit jours,
diner chez Peter, il m'écrivit une lettre destinée certainement à être montrée à Pasteur, dans la-
quelle il me demandait de venir à l'Académie de médecine entendre sa réponse à Boulev. Il voulait, disait-il, parler des expériences de Pasteur et de l'admiration que lon doit au grand savant, mais il voulait en même temps, au nom de la médecine traditionnelle, démo-itrer les dangers qu'il y avait à étendre à la pratique des théories de laboratoire. Il considérait les bains froids donnés dans la fièvre typhoïde comme un danger. Peter fit cette com-
munication ; Pasteur répondit en disant que la biologic donnait au contraire à la médecine l'explication de nombreux faits, la discussion s'envenima, Pasteur n'adinettait pas la contradiction lorsqu'il était arrivé à la vérité, il fallait que tout le monde s'inclinât. Il était trop convaincu pour ne pas être un apôtre. Lorsqu'il avançait une chose il en était cent fois certain, et sa main s'abattait alors terrible sur les contradictions et les contradicteursi
Le seul tort de Peter était de ne pas vouloir se mettre au courant des choses de la médecine expérimentale ; il était un des derniers défenseurs de la médecine purement cliniaue. et aujourd'hui que nous lisons son œuvre avec le recul du temps, nous ne pouvons qu'adimirer le clinicien et que regretter que cet esprit d'élite n'aît pas eu le bonheur d'avoir à sa disposition l'aide de la médecine expérimentale.
Le traitement antirabique si décrié pendant longtemps, est aujourd'hui pratiqué dans la monde entier. La méthode de Pasteur est partout m,..e en œuvre sans changement, et cependant, depuis plus de vingt ans, combien la science des microbes a marché !
En 1885, Pasteur, sur la demande d'un cousin du lzar, le prince Alexandre d'Oldenbourg, m'’envoya à St-Pétersbourg avec Perdrix pour installer le premier laboratoire antirabique fondé à l'étranger. Vingt ans après, en 1905, j'eus la satisfaction de retourner à St-Pétersbourg et toujours on appliquait la même méthode dans ce laboratoire, qui
avait été le berceau de l'Institut impérial de iméde-
cine expérimentale.
De 1893 à 1902 je l'ai appliquée cette méthode en Tunisie et en 1902-1903 en Rhodésie, où je fus envoyé par l'Institut Pasteur de Paris, pour lutter contre une épidémie de rage qui venait d'apparaitre au sud du Zambèse et y établir un laboratoire que Lord Grey, notre gouverneur général actuel du Canada, est venu visiter en janvier 1903.
Un soir, à la fin de 1887, je montais, après le diner, chez Pasteur. 11 me demanda si j'avais au laboratoire du choléra des poules virulent. A ina réponse affirmative il me dit d'aller au laboratoire et d'inoculer de suite un lapin sans rien m'expliquer de plus. Le lendemain cet animal était inort ct ce fut le début des expériences qui démontrèrent que ce microbe peut servir à détruire les lapins. Pasteur avait vu dans le journal ‘‘Le Temps'' que le gouvernement australien demandait un moyen de destruction des lapins et il avait eu l'idée de leur donner une maladie microbienne. Je fis une expérience le 24 décembre à Reims, sur un enclos de quatorze hectares, sur les caves de la maison de Champagne Pommery, dans lequel les lapins pullulaient. Tous furent détruits les jours suivants. Le résultat de ces essais télégraphié en Australie amcna inon départ pour Sydney au mois de mars 188$. Mais des raisons politiques m'empéchèrent de faire une seule expérience ; je ne pus pas voir un seul lapin et au lieu de me demander de les détruire on me chargea de créer un Institut Pasteur à Sydney.
pour y faire le vaccin charbonneux destiné à préveair cette maladie dans le bétail.
Dans ic journal ‘Le Temps'' du 9 octobre 1907, on indique qu'en ce moment ces expériences pour la destruction des lapins vont être reprises, après 20 ans d'attente.
Je restai quatre ans en Australie ct c’est ainsi que j'abandonnai Pasteur au moment de la fondation de i'Institut qui porte son non, où Pasteur n'eut jamais le bonheur de travailler ; des attaques répétées venaient de le frapper ; aussi le jour de l'inauguration de cct Institut s'écriait-il : “Hélas, j'ai la poignante mélancolie d'y entrer
Conimce un homme vaincu du temps'’.