LE PROLOGUE
Or premier s'iulvance le meneLir de jeu et dict ;
Ouvrer^ vos yeux et regarde'^
dévotes gens qui attende^
à ouïr chose salutaire :
veuille?^ vous — pour vos saluts — taire
par une amouî-euse silence.
Icy vous verre^ la semblance
de la S aine le Nativité
d'oii fut le Salut apporté.
Montrer voulons, par personnages^
l'un des plus glorieux ouvrages
que Dieu tout-Puissant fit pour nous
quand, pour laver iliumain outrage,
et de l'Enfer nous sauver tous
il fit naître, en humble villap-e,
son Fils que l'on prie à genoux.
Mais si notre povre langage
demeure, sans doute, au-dessous
d'une œuvre de si haut parage,
soye^ amiables et doulx
et nous reprene^ sans courroux :
en serons, autre fois, plus sages !
lesquelles paroles dites, se doit le meneur de jeu retirer à l'écart.
LE r TABLEAU"
En lequel se départ Nostre Dame avec Sainct Joseph de Na^Jret/i vers Bethlc'em,
Or notez qu"en l'eschaffaut establi pour la représentation duJict mistère, doit apparoir une place publicque en laquelle est au fond l'hosiel de Sainct Joseph avec son échoppe de charpentier et l'estable des animaux à costé, et à droicte l'hostel de Madame Saincte Elisabeth.
Et tandis que le bon Sainct Joseph travaille à son establi, sort de sa maison Nostre Dame allant rendre visite à sa cousine Saincte Elisabeth, laquelle est sur ses rclevaiUes. Et cependant le Ciel s'ouvre, en lequel on aperçoit les Anges, et premier chante Monseigneur Sainct Gabriel ;
GABRIEL chante
Ave, Maria, ffratia plena.
Dominus teciim, benedicta tu in luiilieribiis.
LES ANGES chantent
Ave. Maria, gratia plena,
Doiuimis teciim. benedicta tu in uiulieribus.
GABRIEL, de même Et bened ictus f rue tus j'en tris tui.
LES ANGES, de même
Et bened ictus fruclus l'cntris tui.
NOSTRE DAME
Ecce ancilla Domini,
Fiat mihi secundum verbum tuum.
Cependant est sortie aussi de son hostel Madame Saincte Elisabeth, et pendant une mélodie céleste, Gabriel chante (ou déclame) :