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BAIE GREGORY

La position de la carte française est à 0,7 mille dans le S. q. S. E. de la position anglaise; mais cette différence est peu importante, car l'écueil n'existe probablement pas. 11 a été vainement cherché en 1874 par le navire de guerre anglais Chanticleer.

H est à souhaiter que tout navire passant par là, dans des circonstances favorables, prenne le temps d'amener des canots et de sonder dans le voisinage. Si de nombreuses recherches restent infructueuses, il deviendra possible de supprimer cette vigie gênante pour naviguer de temps sombre, alors tpue les relèvements sont rares.

Il en est sans doute de ce danger comme du banc signalé, en 1860, par le navire Termarganl dans le N. 0. du Triton. Des recherches postérieures ont établi que ce bâtiment avait rencontré le banc Triton lui-même, alors qu'il croyait l'avoir laissé dans le S. E.

BANC DE LA TRIBUNE. — C'est une série de hauts-fonds de 8 à mètres, séparés par des sondes de 10 et 11 , et occupant l'espace de 3 milles dans le N. 75° E. du cap Grégory. Les fonds de 6 mètres sont rares et se remarquent seulement sur un petit espace, dans la partie Ouest du banc, de sorte que ce danger est à peine à craindre. Les navires en destination delà baie Grégory peuvent en passer aussi bien dans l'Est que dans l'Ouest, moyennant quelques précautions indiquées ci-dessous. Déjà nous savons que pour en passer au Sud il suffit de tenir le cône ouvert dans le Sud du cap Grégory.

L'absence de galets roulés sur le sommet des bancs, l'accroissement rapide du Triton, la formation des bancs de la Tribune et Barranca, ainsi que des hauts-fonds de la baie Philippe, indiquent une action particulière dans cette partie du détroit. On estime que les masses liquides se précipitant d'un goulet vers l'autre coulent plus rapidement dans le grand lit central que dans les parties ÏVord et Sud; que le flot et le jusant, en se rencontrant au milieu, luttent ensemble et forment des tourbillons sous-marins qui troublent l'eau, puisque les ondes écartées du centre pour aller remplir les baies perdent peu à peu leur vitesse, se calment et laissent alors déposer un mélange de sable et de vase.

BAIE GRÉGORY (plan N° 2831). — La baie Grégory offre un fond de bonne tenue et un excellent abri contre les vents du N. E. au S. 0. par le N. 0. Comme ce sont les plus fréquents, il en résulte que cet endroit est considéré comme une des bonnes relâches du détroit.

Une balise en indique l'approche. C'est une pyramide à jours de 17 mètres de hauteur et de 8 mètres de largeur à la base; les bandes horizontales sont rouges. La base est à 35 mètres au-dessus du niveau de la mer et à 100 mètres en dedans de la plage. La balise

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devait se voir de 16 milles dans toutes les directions, mais il parait que lorsqu'on vient du premier goulet on ne la voit pas d'aussi loin.

Mouillas*». — On peut jeter l'ancre tout le long de la côte entre la pointe Valle et le cap Grégory; mais le meilleur mouillage se trouve dans le N. E. du cap, à peu près à mi-distance entre ce dernier et la fin des hautes terres de la chaîne Grégory.

En venant de l'Atlantique, la route la plus simple pour prendre le mouillage est de passer entre les bancs Triton et de la Tribune; on aura plus d'abri que par le Sud avec les vents d'Ouest et de N. 0. Ayant reconnu la bouée Triton, on la contournera à bonne distance, veillant bien la pointe Valle, qui servira de guide pour parer le banc de la Tribune. Tant que l'on tiendra cette dernière pointe légèrement dans l'Ouest du Nord, on n'aura rien à redouter du banc. En même temps on relèvera le Hummock, et lorsqu'on l'aura Est et Ouest, on gouvernera sur lui, le maintenant dans cette direction.

Le navire se présentant de la sorte verra l'épaulement Gre'gory se détacher franchement à droite du Hummock et de la série de collines reliant ce dernier sommet au cap Grégory. Les deux systèmes de hauteurs paraîtront bien séparés par un plateau de terres basses. On a très facilement, par ces sommets, des relèvements perpendiculaires à la cote et il est aisé d'en obtenir d'autres parallèles. Si la côte Sud du second goulet se voit bien , on veillera l'alignement du cap Gre'gory par la pointe Sweepstakes; lorsqu'on l'atteindra, on n'aura plus qu'à courir de quelques longueurs pour laisser tomber son ancre. (Voir la vue N°5, l ro série.)

A défaut de la pointe Sweepstakes, on se guidera sur le relèvement de la balise; il suffit, avec celui du Hummock ou de l'épaulement, pour mouiller juste où l'on voudra. Avec un navire moyen, on est très bien relevant le cap au S.40°O. à 2 milles j de distance, fond de 25 mètres. On se trouvera alors à 1 mille de terre, mais seulement à ± mille delà laisse de basse mer. 11 serait imprudent d'approcher davantage; mais, d'un autre côté, à \ mille plus au large on aurait des fonds de 35 à 40 mètres ou plus. Il importe donc de manœuvrer avec précision.

La carte N° 2991 est très commode pour prendre le mouillage , parce qu'elle indique nettement tous les sommets du voisinage. Cet avantage manque au plan N° 2831 , mais il donne, par contre, un dessin extrêmement exact de la laisse de basse mer. Ce détail est fort important, puisque la plage découvre de } à f de mille, suivant que l'on se déplace vers le Nord et vers le Sud. L'appréciation de la distance à la lerre change beaucoup suivant l'heure de la marée, ce qui rend les relèvements et la sonde indispensables pour éviter, d'un côté, les trop grands fonds, de l'autre, les hauts-fonds de la plage.

Tout bâtiment accostant la baie en venant du second goulet pas-

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sera entre le banc de la Tribune el le cap Grégory, distants l'un de l'autre de 3 milles 4-. La simple appréciation de la distance à la terre suffit pour parer le banc; de plus, la sonde indique les approches des hauts fonds. Enfin, si Ton lient à plus de sûreté, on se dirigera sur la pointe Valle au N. 42° E. et l'on rondira de bonne heure pour venir dans le relèvement choisi du Hummock et de la balise Grégory; puis on manœuvrera comme ci-dessus. Quelques rapports signalent dans l'Est du cap Grégory des sondes de 55 mètres qui ne sont pas portées sur les cartes.

Marée. — Le régime de la marée exige une mention spéciale. En effet, quoique le retard de trois heures soit régulier dans le second goulet, il disparaît entre la pointe Valle et le cap Grégory. Tout près de la plage, il se forme un courant S. 0. portant sur le cap, juste au moment où la mer commence à monter. A mesure qu'on s'avance vers le large, au mouillage des grands navires, un petit retard se produit, mais il atteint tout au plus une demi-heure ou une heure. 11 résulte de là que partant de la baie pour aller vers Punta Arcnas, et ne voulant pas se présentera contre-marée devant le second goulet, on attendra pour appareiller environ deux heures après le moment où l'on aura évité de flot, le cap vers le N. E. La différence ne peut être exactement prévue, puisqu'elle varie d'une manière encore indéterminée; mais déjà il est utile d'être fixé à une heure près. Les navires mouillant dans la baie feront bien d'y étudier la marée et de faire connaître leurs observations.

Le plan N° 2831, comme la carte N° 2991, porte à 5 milles N.N. E. du cap Grégory (à l'Est d'un petit lac et près d'un ruisseau) un sommet dépendant du grand massif Grégory et coté 79 mètres. D'après un rapport récent le sommet en question aurait plutôt 200 mètres que 79 mètres, de sorte que celte erreur causerait de l'hésitation dans la reconnaissance des terres. Il serait bon d'obtenir une mesure exacte de la hauteur de ce sommet.

LA BAIE PHILIPPE ET LE RÉCIF BARNACLE; LE PIC GAP. — On entend par baie Philippe renfoncement ayant 20 milles d'ouverture que terminent les deux pointes Baxa et Saint-Isidore. On y rencontre plusieurs mouillages faisant pendant à ceux des baies San Yago el Grégory. Ils sont bons comme tenue et très bien abrités des vents du Sud à l'Est; mais, au contraire, les vents d'Ouest et de N. 0. y donnent avec beaucoup de force. En plusieurs endroits la sonde rapporte sable et pierre ou pierre seule, mais on ne s'en inquiétera pas parce que la couche de pierre est peu épaisse el que les pâlies trouvent de la vase dès qu'elles ont un peu forcé.

On distingue quatre mouillages le long de la baie Philippe :

1° L'ancre est à mi-distance entre la pointe Baxa et la colline Noire,

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en face d'une plage basse, fonds de 10 mètres à 1 mille $■ de terre. La balise Baxa reste au N. 25° E.

2° Autre mouillage à 2 milles \ dans le S. S. 0. du précédent, fonds de 18 mètres; même distance de terre; même relèvement de la balise. Le pic Gap, un peu plus visible, reste au S. 4°E. Un navire quittant ce mouillage pour continuer vers l'Ouest, avec le flot, mettra tout d'abord le cap sur le Grégory Shoulder, afin de n'être pas drosse' par les courants traversiers portant au fond de la baie Philippe.

3° Le mouillage central de la baie, bon contre le S. 0., le Sud et le S. E. H n'est pas toujours d'un accès commode à cause du récif Barnacle, des hauts-fonds s'étendant loin de terre et du de'faut de points précis pour prendre des relèvements. On > distingue souvent beaucoup mieux le Grégory Shoulder et le Cône que les terres de la côte Sud. La pointe Stone est très inde'cise et le pic Gap ne se voit pas toujours, étant à 11 milles de la côte. Entre la plage et le sommet ci-dessus il y a de petites collines, mais elles ne ressortent qu'avec certains jeux de lumière. Le plus généralement la terre parait aller en pente douce de la côte au sommet. La vue N° 3 bis (l re série) donne la forme de ces hauteurs. On y remarquera que le pic Gap est une montagne aux formes peu accusées, à laquelle ne convient nullement le nom employé pour le désigner.

Si l'on reconnaît bien le Double pic , il sera d'un précieux secours pour arriver au mouillage et parer le récif Barnacle. On se placera de bonne heure de manière à le relever au S. 27° 0. et l'on gouvernera sur lui jusqu'à avoir :

Pic . Ga P S. luf E.

Pointe Saint-Isidore N. 75 E.

Grégory Shoulder N. 5i° 0.

Cône N. 68° 0.'

On sera là par 26 mètres, fonds très inégaux, à k milles de terre, ayant sauté par-dessus les fonds de 16 à 18 mètres qui prolongent le récif Barnacle.

4° Par vent de S. 0. ou pour attendre le moment de donner dans le second goulet, un navire moyen peut jeter un pied d'ancre bien plus à l'Ouest, entre le récif Barnacle et la pointe Saint-Isidore, relevant le Double pic au Sud et la pointe Saint-Isidore au N. 56° 0. Mais la sonde servira plus que le compas pour prendre ce mouillage, qui est à 1 mille de terre.

En le quittant, on veillera sur bâbord le haut-fond de la pointe, sur tribord le récif Barnacle. Ce dernier est tout de roche : le toucher serait dangereux. Du reste, les plus petits fonds étant à l'Est, il serait extraordinaire qu'on vînt les accoster.

On a remarqué que dans la baie Philippe les courants sous-marins sont plus forts que les courants de surface.

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