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TERRE DES ÉTATS. - TERRE DE FEU. CAP BORN

(Carte N" 1060.)

Variation bu iSjq : 2 1" à 2 V N. E.

SOMMAIRE DU PRÉSENT CHAPITRE. — Alla d'éviter les coupures dans la lecture du présent chapitre, nous décrirons tout d'abord la terre ou île des Etals, puis nous reprendrons la Terre de Feu, à la hauteur du cap Espirilu Santo (entrée du détroit de Magellan), et nous en ferons le tour, par le large, eu passant par le détroit de Lemaire, le cap Horn et les innombrables îles situées à l'Ouest de ce cap et au Sud de la Terre de Feu. Nous arriverons ainsi à la côte du Large, de la Terre de Désolation, et au cap Pillar, sortie occidentale du délroil de Magellan. Nous terminerons par quelques conseils pour doubler le cap Horn de l'Est à l'Ouest.

S 1. TERKE DES ÉTATS. (CAIITE N u -JO^tO.)

Description. — La Terre des Etats est dentelée de baies si profondes qu'elle forme presque h îles différentes. Elle est composée de montagnes élevées, dont les sommets à pic, qui se dressent à une hauteur de 915 mètres, sont ordinairement couverts de neige, et elle offre un bon point de départ pour les bâtiments qui vont dans l'Océan Pacifique, ainsi qu'un bon atterrage pour ceux qui en reviennent. Les ports sont formés par la continuation des vallées, conservant presque la même direction, et sont entourés de terres élevées, le lond augmentant rapidement vers le milieu. La côte est composée partout de falaises rocheuses de 01 à 152 mètresd'altilude, et on trouve généralement de 27 mètres à 36 mètres d'eau à loucher leur pied.

Marées. — La mer est baille, les jours de pleine et de nouvelle lune, dans le port Vancouver, dans la partie S. E. de l'île, à lt heures 30 minutes du soir, el il en est à peu près de même dans les autres pailies de l'île ; l'élévation verticale de la marée esl de 2'" 13 à 2'" 7â. La vitesse des courants esl très grande, cl comme ils rencontrent un obstacle dans les différentes pointes qui se projettent à auyle droit dans leur direction, il se produit alors, lorsque le vent est forl cl

TEKRE DES ETATS.

wii

contraire, un 1res fort remous qui est impraticable pour une embarcation et qui serait même dangereux pour un grand bâtiment. Il y a aussi quelque raison de croire que la rencontre des deux courants de flot contournant le cap Horn et traversant les différents canaux de la Terre de Feu contribuera l'agitation extraordinaire de la mer dans le voisinage de l'île des États. Le flot vient de l'E., longeant la côte Nord de l'île. Il se fait peu sentir dans la partie Sud de l'île; il y a cependant un courant sous-marin assez fort qui ne permet pas aux embarcations de traverser sans danger l'entrée des différentes baies : aussi les pêcheurs de phoques contournent-ils toujours les terres.

Là mer est haute, lors de la pleine et de la nouvelle lune, à à heures 30 minutes au cap Sainl-Bartholomew, à l'extrémité S. 0. de l'île, et au cap Horn à 3 heures 50 minutes du soir, ce qui prouve que le grand courant de flot vient du S. 0. Après avoir dépassé le cap Saint- John, le flotsuilla direction de la Terre de Feu vers l'Ouest et se réunit avec le flot descendant de la partie Est du continent de l'Amérique du Sud, ainsi qu'avec celui venant du détroit de Magellan et les courants qui trouvent passage entre les îles de la Terre de Feu.

La rencontre de courants ayant des directions si différentes est suffisante pour expliquer l'état d'agitation constante où se trouve la mer dans les environs de l'île des États, même par temps modéré et sans tenir compte de la fréquence des violents coups de vent d'Ouest.

Les porte de l'île des Etats sont situés, sauf une exception, dans la partie Nord; ce sont: le port Saint-John, le port.Cook, New Year, le port Basil Hall, le port Parry, le port Hoppner et le port Vancouver.

H y a aussi 2 ou 3 petites baies donnant sur le détroit de Lemaire, mais leur exposition aux vents régnants delà partie de l'Ouest les rend peu sûres. Tous ces mouillages, quoique présentant un bon abri une fois qu'on a pu y arriver, sont d'un accès plus ou moins difficile, à cause de la force avec laquelle les courants de marée traversent l'entrée des passes, de la profondeur de l'eau et de la variabilité du vent, qui, excepté lorsqu'il souffle directement dans le sens même du port, suit généralement les ravins et varie alors de direction suivant la forme des montagnes.

Les îles New Year (nouvel an) présentent un certain abri contre les vents d'Ouest, et il y a un mouillage sous celle qui est située le plus au N. E. par 31 mètres ; mais on ne peut guère le recommander, car il est ouvert à tous les vents du Nord à l'E. S. E. ; le fond est de roche et les courants sont rapides; en outre, les remous sont si incertains qu'il est 1res difficile d'appareiller.

Le port Saint-John (Saint-Jean) est le port le plus à l'Est de file et peut être facilement reconnu à une certaine distance par le mont Richardson. au pied duquel il est situé. En l'approchant, on

[eiu*. m.] PORTS. — RESSOURCES. — MOUILLAGE. 167

aperçoit une l'alaise remarquable rassemblant à une molette do peintre {pointer' s muller), dans la partie Est delà cote, qui est haute, accore et surmontée d'uue chaîne de montagnes élevées de 255 mètres audessus du niveau de la mer. En se dirigeait vers le port, il faul avoir soin de se délier du courant de marée, qui traverse toujours Tentréc avec rapidité; il est cependant moins sensible en dedans des pointes qui forment la baie N. 0., dans laquelle, en cas de nécessité, ou pour attendre le changement de marée, on peut laisser tombei l'ancre par 36 à 55 mètres. L'entrée du port est large; on trouve 45 mètres dans le milieu, et il y a une roche à quelque dislance au large de la pointe Ouest, à laquelle on doit avoir soin de donner du tour. A part celle exception la cote est saine, el iuunédialeinenl en dedans de la pointe Ouest on trouve une petite baie où il y a mouillage par 18 mèlres.

Ressources. — ; Ou peut se procurer en grande quantité et avec facilité du bois el de l'eau; on trouve aussi du céleri, des canards el des oies sauvages, et dans la saison favorable (octobre) on peut faire une bonne provision d'omis de pingouins en envoyant des hommes à un endroit, situé à environ I mille à l'Est de l'entrée du poil, dans lequel ces oiseaux font leur nid et où l'on peut arriver en longeant les collines qui avoisiuent Painter's Muller; on ramasse alors chaque jour les œufs qui sont déposés, et ou les met en sûreté jusqu'à ce qu'on trouve une occasion favorable pour les embarquer au pied des falaises.

au

ITIouillage. — L'endroit le mieux abrité est situé au fond port, à 3 milles dans le S. S. 0. de l'entrée; un bâtiment peut y choisir son mouillage entre 9 mèlres et 55 mètres, fond de sable, el s'affourcher contre le S.O., les rafales descendant des montagnes situées dans celte direclion étant très violentes.

Avec du vent de N. 0. et même de N.N.O. au dehors, on peu! sorlir du port en serrant le vent; mais s'il est un peu frais, il devient impossible de louvoyer, parce qu'il suit la direclion qui lui est donnée par chaque ravin par lequel il passe. Le seul moyen d'avancer est alors de se louer, ayanl soin de tenir une ancre de bossoir prèle à mouiller, en filant peu de chaîne, au cas où les amarres viendraient à casser

Un bàlimenl peul s'abattre facilement en carène sur une plage de sable au fond du port.

Les côtes du port Saint-John sont couvertes d'herbes marines . ce qui est une excellente indication pour les parties qui ne sont pas navigables, leur limite se trouvant presque invariablement par 15 mèlres et généralement près de terre. Le brassiage augmente rapidement vers le milieu du port jusque près du fond, où les sondes diminuent «lois graduellement jusqu'à la plage

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Lu port look est le meilleur port de l'île des Étals pour un navire qui a besoin de relâcher, tant pour le bon mouillage qu'il offre à l'entrée par un fond modéré, la grande régularité des vents régnants, que par la facilité des communications avec la partie Sud de l'Ile, au moyen de la langue de terre basse qui le sépare du port Vancouver; cependant l'entrée est étroite, et l'on y trouve une petite île. Il existe un rocher à fleur d'eau à environ 1 mille au Nord de la pointe Wales, du côté Est de l'entrée.

Le port Basil Hall n'est séparé que par une étroite langue de terres élevées du fond du port New Year, quoique leurs entrées soient éloignées de 2 milles ~. Le port Basil Hall offre le meilleur mouillage une fois qu'on a pu l'atteindre; il est bien abrité de tous les vents, mais la profondeur de l'eau et le rétrécissement de son entrée par deux roches détachées le rendent difficile à aborder si Ton n'a pas vent sous vergue et le courant favorable.

11 y a trois pâtés de roches à peu près au milieu de l'espace qui se trouve en dedans de l'entrée; mais tous les dangers sont indiqués par les plantes marines et par les sommets des rochers qui découvrent à mi-marée. On doit passer dans l'Est de ces rochers, où il y a un espace assez large pour permettre de louvoyer avec une brise modérée.

Le meilleur mouillage est situé entre une petite ile verte près de la côte Ouest et une belle plage de sable au Nord de cette ile, en ayant soiu d'éviter une chaîne de rochers à fleur d'eau qui s'étend à son extrémité S.E.

Quoique l'on trouve également à llasil Hall les tourbillons de vent communs à tous les ports de l'île des Étals, cependant le peu d'élévation comparative de la côte S. 0. les rend moins violents que partout ailleurs, et les îles I\e»v Year offrent au port un certain abri contre la mer par leur situation en travers de l'entrée, quoique à une assez grande dislance.

11 y a aussi mouillage sur le côté Est de la baie, juste en dedans de l'entrée; maison ne peut pas le comparer avec l'autre, parce qu'il est exposé à la houle qui entre en dedans, du large, et est ouvert à l'influence des vents dominants de l'Ouest.

Les meilleures instructions pour entrer dans le port sont, après avoir dépassé les rochers qui se trouvent à l'entrée, de gouverner sur une colline à pic remarquable, la plus orientale de deux hauteurs près du fond de la baie, jusqu'à ce qu'un autre pic, sur le rivage occidental, qui est isolé, vienne en vue; après quoi la roule peut être donnée de manière à passer l'île par son côlé Nord , où l'on Irouvera le meilleur mouillage.

Ressource*». — Le bois cl l'eau sont eu abondauce, et une belle plage de sahle située à côlé du mouillage donne toute facilité à un

l'ORTS BASIL HALL ET PARRY.

petit navire pour se réparer. On trouve dans les plantes marines des poissons assez grands que l'on ne peut pécher qu'à la ligne ou à la foène, car les paquets de goémons qui existent près de la plage empêcheraient de se servir de la seine.

PORT PARRY. — L'entrée de ce port est facile à reconnaître, d'abord parce que c'est la première ouverture que l'on rencontre dans l'Ouest des iles New Year, et ensuite à cause du mont Buckland, situé clans sa partie Est, que sa forme de coin rend très remarquable. Il y a de petits îlots de roche détachés au large des deux pointes qui forment l'entrée, mais ils sont très accores et il n'y a aucun danger à les approcher.

Le port lui-même est divisé en deux parties par le rapprochement des deux côtes opposées qui forment, à environ 2 milles { de l'entrée, une gorge après laquelle il s'élargit de nouveau et devient un port sûr et très abrité. La profondeur de l'eau dans la gorge du port intérieur est de 14 m 60; sa largeur est d'environ â5 mètres. Après l'avoir doublée, on devra tenir la pointe Est de l'entrée extérieure par la pointe Est de la gorge, afin de parer les deux pâtés de roches qui sont situés en dedans de chaque côté, et que font reconnaître facilement les herbes qui poussent dessus.

Les pêcheurs de phoques ont l'habitude d'avoir recours à ce port quand ils ont besoin de réparations, ou comme un bon abri pendant que leurs embarcations sont à la poursuite des phoques. En outre, les rafales qui descendent des hauteurs sont fréquentes et violentes, quoique cependant sans danger pour un navire bien amarré.

Instructions pour l'entrée «lai port. — Une fois entré dans le port extérieur, 011 ne trouve pas de fond par 55 mètres jusque près de la gorge, et l'on doit serrer la côte Ouest, si l'on a l'intention de mouiller dans la partie Ouest du port extérieur.

Si l'on veut entrer dans le port intérieur, on devra serrer d'assez près la côte Est jusque par le travers du ravin blanc. A moins que l'on n'ait bon vent, il est impossible de conserver les voiles dans la gorge. Si en l'approchant les vents jouent, on doit serrer les voiles et se préparer à se louer ou à se faire remorquer; il serait même préférable, dans tous les cas, de prendre celte précaution, parce que les hauteurs environnantes occasionnent souvent des rafales qui peuvent, dans un canal si étroit, jeter le navire à la côte avant que l'on ait le temps de se débarrasser des voiles.

Mouillage. — Il y a un bon mouillage par 16 mètres à 18 mètres, fond de sable , dans le Sud d'une petite île couverte d'herbes sur la côte Est, dans le port intérieur; le fond augmente ensuite jusqu'au fond du port, où un navire peut s'alfourelier contre le S. S. 0., vis-à-

170 ILE DES ETATS. [chap. m.]

vis d'une plage de sable où ont été laites les observalions pour déterminer la position.

L'endroit le plus profond est sur la côte Ouest, principalement par le travers d'une falaise à pic, vis-à-vis de la petite île mentionnée ci-dessus.

Il y a un banc sur lequel on trouve 7 ,u 30, fond de roche, à peu près au milieu du port extérieur, et comme le fond va en diminuant graduellement, un navire peut y trouver un mouillage provisoire.

La profondeur de l'eau dans la partie Ouest rend seule ce mouillage mauvais pour y séjourner, car le fond y est bon, et ou peut se procurer du bois et de l'eau, quoique la boule rende l'abord de la côte difficile et- dangereux pour les embarcations; il y a cependant un endroit commode pour employer une manche à eau. Si l'on veut affourcher, on doit le faire contre les vents d'Ouest.

Le port Hoppner est la première baie que l'on rencontre dans l'Est du cap Saint-Antoine; il est séparé du port Parry par une presqu'île de 2 milles de long. Ce port est également divisé en deux parties, comme le port Parry; à l'entrée se trouve un Mot de roche élevé qui le protège des vents de N. 0. et en dedans duquel il y a mouillage dans un espace de | mille par un fond de 14 m 60 à So^ôO. Dans le S. E. de celte île, existe une petite chaîne de roches entourée d'une grande quantité de goémons; deux têtes paraissent au-dessus du niveau de la mer.

Dans le fond du port extérieur, il y a aussi mouillage près de la côte, qui dans la partie Ouest est élevée et escarpée.

Le goulet n'a pas plus de 25 à 30 mètres de largeur, et l'on n'y trouve que 3 m 70 à 7 m 30; cependant les pêcheurs de phoques baient quelquefois leurs petites goélettes dans le port intérieur, où ils sont complètement à l'abri de tous les vents, par un fond de 11 mètres à 36 m 60; ils s'amarrent avec des aussières sur les rochers. Le courant se précipite avec une grande vitesse dans cet étroit goulet, et il est prudent de ne se louer que vers la fin du flot.

Eau. — Un ruisseau assez profond descend , dans le fond du bassin intérieur, des montagnes qui entourent le port. Au milieu du port extérieur il n'y a pas de fond par 73 mètres. On trouve en quantité suffisante du bois et de l'eau; mais, en somme , ce port n'est ni aussi commode ni aussi sûr qu'aucun de ceux dont il a été question jusqu'à présent.

CÔTE OUEST DE L'ÎLE DES ÉTATS. — La côte Ouest de l'île des Etats forme la partie Est du détroit de Lemaire; elle est élevée, inégale et profondément coupée par les haies Flindcrs, Crossley el

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