‹ Patagonie. Détroit de Magellan et canaux latérauxChapitre 45 sur 67 · GOLFES DE PENAS ET SAN ESTEVAN · texte numérisé non relu

GOLFES DE PENAS ET SAN ESTEVAN

présente que (les arbres rabougris et clairsemés. La mer y déferle furieusement, il est impossible d'accoster.

A la baie Ignacio, le mouillage est par 1G mètres. Quant à la cote Ouest de l'île, ce n'est, pour ainsi dire, qu'un récif non interrompu, s'étendanl parfois à 2 milles au large et battu par une mer énorme.

LE PORT KELLY. — LE GOLFE SAN ESTEVAN. — Le port Kelly s'ouvre dans la partie N. E. du golfe de Peiias, entre le chenal Cheapeet le golfe San Eslevan; il s'enfonce jusqu'à S milles dans les terres; ses bords sont élevés, arides et rocailleux; mais un pic qui s'élève sur son côté Sud présente, au contraire, une certaine végétation ; •il est haut de 462 mètres. Dans l'intérieur, les sommets élevés soûl nombreux, les montagnes sont rocailleuses et couvertes de neige. Les deux pointes de l'entrée sont comparativement basses et extrêmement boisées; le chenal qui les sépare présente des sondes de 65 à 75 mètres, fond do vase.

En approchant du port Kelly, on remarquera souvent que l'eau est boueuse; celte coloration jaune est produite par les eaux des ruisseaux et des marais qui occupent le fond du port. Pour prendre le meuillage on fera roule au S. E., passant à mi-dislance eulre les deux pointes de l'entrée, et l'on ira reconnaître 5 ou 6 îlots boisés qui signalent une pelite baie découpée dans la partie Sud; puis on viendra sur bâbord et l'on ralliera la partie Nord du port assez près de terre et assez vers l'Est pour trouver un fond propice; le meilleur mouillage est par 37 mètres, en fermant l'une par l'autre les deux pointes de l'entrée, à un peu moins de 1 encablure { d'un épi sablonneux: cet épi prolonge, à l'Ouest, l'île haute et 1res boisée bornant à l'Esl la partie du port qui peut recevoir des navires. A l'Esl de celle île, il n'y a que bas-fonds et marécages.

La tenue est excellente. Le port offre aux navires, outre un bon abri , de l'eau et du bois. Mais, comme tout le voisinage n'est que glaciers et hautes montagnes coupées de ravins et de vallées, le climat est froid, humide, désagréable. De rares oiseaux cl un petit nombre de phoques sont les seuls animaux qui y paraissent. On n'y a pas vu Irace d'èlres humains.

Le glacier le plus voisin de l'entrée est une excellente marque pour reconnaître le port Kelly. Il occupe un terrain bas au Nord du port et au pied des hautes montagnes dont nous avons parlé plus haut. A mi-marée l'eau est presque douce, même au mouillage; mais elle est trop boueuse pour qu'il soit possible de s'en servir.

Le pain de sucre qui se trouve dans le Nord du Sound Uolloway , sur les îles Marine, est la meilleure marque pour chercher l'entrée du port Kelly; en alignant ce pain de sucre avec la pointe Sud de la péninsule Forelius, on tombe presque sur l'entrée du porl.

CANAUX LATERAUX.

[cUAl*. II.

CSoIfe San Estevan. — L'entrée de ce golfe est à 10 milles dans le Nord de l'île Xavier; elle est formée, à l'Ouesl par l'île Cirujano, à l'Est par une plage sablonneuse, sur laquelle la mer déferle avec fureur. Cette plage s'incline vers le N. 0. jusqu'à l'entrée de la rivière San Tadeo. Dans le Nord de l'île Cirujano, on remarque un petit îlot appelé l'île de l'Arbre Mort.

Le golfe San Estevan est un des meilleurs ports de cette côte; il est d'un accès facile et les fonds y sont modérés; la tenue est bonne. Le meilleur mouillage est à environ 2 milles dans le N. 36° 0. de l'île de l'Arbre Mort par 7 à 11 mètres, fond de sable. Ce mouillage est à peu près à mi-distance entre la presqu'île Forelius et la partie Nord du golfe; on y est dans un bassin absolument fermé. En cas de néces- ' site, on peut mouiller beaucoup plus près déterre.

A l'Ouest de ce mouillage, le golfe San Estevan se divise en deux branches, dont l'une s'appelle le Saint-Quentin Sound et l'aulre la crique Aldunati.

Le Saint-Quentin Sound se termine par une terre basse par-dessus laquelle on aperçoit de hautes montagnes; l'une de ces montagnes, appelée le Dôme de Saint-Paul, est située de l'aulre côté de la crique Neuman. Les bords du Saint-Quentin Sound sont garnis de bois formés de grands et beaux arbres. L'île Cirujano est ainsi nommée parce que c'est sur elle qu'a élé enterré le chirurgien du Wager; elle est séparée de la péninsule Forelius par un canal large de 1 mille à j de mille. D'après le rapport des missionnaires, il y aurait sur l'île un port appelé Saint-Thomas.

Dès qu'on entre dans le golfe San Estevan, on reconnaît facilement l'entrée de la rivière San Tadeo aux collines de sable qui se trouvent sur chacune de ses rives; si l'on hésitait, il suffirait de prendre un relèvement sur l'île Cirujano pour être immédiatement fixé. Une barre existe à l'entrée de la rivière; elle est presque à sec sur la plus grande partie de son étendue pendant les basses mers de syzygies; la mer y brise d'un bout à l'autre, de sorte qu'on ne peut y pénétrer sans danger que par très beau lemps. A l'embouchure, la rivière n'a que { de mille de large; mais en dedans elle s'élargit et forme un bassin de quelque étendue; à 3 milles de ce bassin, la largeur est de 270 mètres; ensuite elle diminue graduellement.

A 9 milles de l'entrée, la rivière se divise en deux bras, dont l'un se dirige vers le Nord et l'aulre vers l'Est; ces deux bras charrient de nombreux troncs d'arbres. Les pirogues indiennes remontent le premier aussi loin qu'elles le peuvent; puis ces embarcations sont portées à bras par-dessus la presqu'île Ofqui jusqu'à la lagune de San Raphaël et au canal Costa : c'est ce qui avait fait croire pendant longtemps à l'existence d'une communication non interrompue entre le golfe San

[ctuv. u.| GOLFES SAN ESTEVAN ET J1ÎES MONTES. 159

Eslevan el les canaux de l'archipel Ghonos. Les Chiliens ont les premiers démontré que cette communication n'existe pas.

La péninsule Forelius limite au Sud le Saint-Quentin Sound; elle est reliée à la grande terre par un isthme bas et sablonneux ; c'est, pense-t-on, par-dessus cet isthme que furent transportées les pirogues de Byron el de ses compagnons.

L'île Purcel est d'une hauteur modérée, couverte de bois et séparée de la péninsule Forelius par un bon canal large de 2 milles. A peu près à mi-chenal, et presque en face de l'extrémité Est de l'île , il y a un rocher qui ne déborde que de quelques pieds la surface de l'eau ; entre l'île et le rocher le fond varie de 33 à 40 mètres, sable.

GOLFE ET CAP TRES MONTES. — PORT OTWAY. — Ce golfe est borné à l'Est par la baie Mauvaise. Par temps clair, on voit très bien de cette baie le cap Très Montes, qui en est distant de 27 milles. Étant ouverte au S. 0., la baie est exposée à des mers terribles. Il y a mouillage au centre, par 18 mètres, mais c'est en définitive un endroit à éviter. La plage est formée de galets; on ne peut y débarquer que rarement.

La plus grande des îles Marine se reconnaît facilement à un pain de sucre de 560 mètres dont nous avons déjà parlé page 157 à propos de l'entrée du port Kelly. C'est sur les îles Marine que restèrent volontairement quatre soldats anglais (Mflnnes) pendant le périlleux voyage que Byron entreprit après le naufrage du Wager.

Dans le N. N. E. du pain de sucre s'ouvre la crique Neuman, qui s'enfonce très profondément dans la terre et n'est séparée que par un isthme de 1 mille des canaux de l'archipel Chonos. On a cru fort longtemps qu'il y avait de ce côté-là un passage praticable; on sait aujourd'hui qu'il n'en existe pas. Ce bras de mer a de si grands fonds qu'on ne saurait y mouiller; il est plein de phoques. A l'Ouest de la crique Neuman, on peut pénétrer dans le Hoppner Sound; mais le groupe des îles Marine rend l'entrée assez difficile. Si l'on tenait à visiter ce bassin, on prendrait la passe du Sud faisant suite à l'Holloway Sound; elle est étroite, mais saine et droite.

L'Holloway Sound s'étend entre le groupe des îles Marine et la péninsule Très Montes; il n'offre par lui-môme aucun mouillage, mais il donne accès au port Otway, qui est bon et très fréquenté par les navires venant du Nord pour s'engager dans les canaux latéraux.

Le port Otway est considéré comme un port de refuge excellent, et même comme pouvant servirde base à des opérations maritimes; l'eau et le bois y abondent; son seul inconvénient est l'humidité du climat. Dans celte région, les changements de temps sont, pour ainsi dire, subits; il pourra parfaitement arriver qu'un navire sorti le matin du chenal Messier se trouve pris, dès midi, par un coup de vent de

160 CANAUX LATÉRAUX. [«m u.]

N. 0., ou bien qu'il ait devant lui la perspective d'une nuit très mauvaise : dans ce cas, le capitaine n'hésitera pas à recourir au port Olway . On peut donner dans ce port par les temps les plus mauvais, car les terres et les îles qui l'environnent ont toutes leurs rivages très sains.

Les navires arrivant du Nord pour s'engager dans les canaux latéraux et commandés par des capitaines qui ne sont pas pratiques du pays n'iront point chercher la baie Tarn et l'entrée du canal Messier par les gros temps, pluvieux et obscurs, si fréquents dans ces parages. En manquant l'entrée des canaux, on risquerait d'être affalé sur la côte sous le vent et d'avoir à lutter pendant toute une nuit contre de véritables tempêtes.

De quelque côté qu'ils viennent, les vapeurs relâchant au port Olway et arrivant par temps sombre serreront leurs voiles de bonne heure et viendront, à la machincseule, chercher le cap Très Montes. La vue N° 6â (l rc série) guidera ceux qui sortent des canaux ou viennent du Sud; la vue N° 1 (2° série), ceux qui arrivent du Nord ou de l'Ouest. Le promontoire peut être approché jusqu'à deux encablures de dislance. On observera souvent que sur la péninsule Très Montes les sommets disparaissent dans les brumes et dans les grains, tandis que le pied des terres se distingue à 2 milles et plus. La coupée qui se trouve entre la péninsule Tres-Montes et celle de Taytao est aussi recommandée comme point de reconnaissance par temps sombre. (V. sur la carte à droite du cap Râper.)

Si, ayant reconnu le cap Très Montes, on constate qu'il est trop tard pour chercher l'entrée du port Olway, on pourra tenir la cape sous le vent de la péninsule Très Montes : il y a, en effet, dans l'Est de cette péninsule un vaste champ de dérive, large de 30 milles et exempt d'écueils; si, au contraire, le capitaine a devant lui le temps voulu pour atteindre le mouillage, il longera à petite dislance la côle S. E. de la péninsule, donnant un peu de tour au cap Stokes et à la pointe qui en est à 3 milles dans leN.N. E. Cette précaution est nécessaire à cause des roches basses qui débordent un peu la terre en ces deux endroits. Devant la pointe qui est à mi-dislance des caps Très Montes et Stokes , il existe un haut rocher de forme très singulière : vu du S. S. E. , il a l'air d'un brick sous voiles. Le cap Stokes est haut d'environ 150 à 180 mètres.

A à milles dans le N. N. E. de ce dernier cap, il existe un pelil enfoncement dans la côle; on y peul jeter l'ancre de beau temps, par 22 à 25 mètres, à } mille de terre (V. carte N° 2025). Ce n'est pas une relâche; c'est un mouillage temporaire. Dans la plupart des cas, les navires ne s'y arrêteront pas et continueront à remonter vers le Nord dans la direction des îles de l'Entrée (voirie plan précité). Ces îles sont un bon point de reconnaissance. Le rocher Logan, qui les termine à l'Est, est plal et large à son sommel ; puis son épaisseur va en

[cdap. n.] DES ÎLES ÉVANGÉLISTES AU 0A1 J SANTA LUCIA. 161

décroissant jusqu'à la base, qui semble reposer comme par une pointe sur la rocbe servant d'assises. Ce rocher ressemble beaucoup à celui du cap Land's End, en Angleterre, et a reçu le même nom. Dès que le navire se présentera entre les pointes, il verra sur le rôle Ouest de l'entrée une plage de sable par-dessus laquelle un petit ruisseau vient se jeter clans la mer. On peut mouiller juste devant celte plage par 16 ou 18 mètres.- c'est l'endroit le plus commode comme situalion; l'abri est 1res bon, mais le fond est pierreux. A 1 mille }de l'entrée, le port prend un grand développement et se prolonge par deux bras dont l'un est dit bras de l'Est et l'autre bras de l'Ouest. Jl y a mouillage partout dans le bassin central el dans les deux bras, mais la grande profondeur est gênante, car il faut jeter l'ancre par des fonds de 40 à 55 mètres. Pour pénétrer dans celte seconde parlie du port Olway, il faut doubler une île et un îlot qui ne laissent entre eux et la grande terre qu'un passage extrêmement reslreinl. La passe de l'Est est impraticable, car elle est remplie de hauts-fonds; celle de l'Ouest est plus profonde, mais un grand navire la trouvera peut-être un peu étroite. Elle présente une sonde de 7 mètres aux plus basses mers, avec une montée de 1 mètre seulement, c'est une faiWe profondeur pour les bâtiments d'un grand tonnage : le bassin de l'entrée semble donc préférable pour eux.

Étant mouillés au port Olway, les bâtiments à destination des canaux latéraux attendront un moment favorable pour aller chercher l'entrée du canal Meissier. Les navires qui se rendent dans le Pacifique n'ont pas besoin d'un temps aussi sûr; quelle que soit leur destination, ils iront rejoindre la route des navires qui ont doublé le cap Horn.

S 2. CÔTE DU LARGE. DES ÎLES ÉVANGÉLISTES Ai: GOLFE DE PENAS.

DES ÎLES ÉVANGÉLISTES AU CAP SANTA LUCIA. — Le pic Diane, dans leN.q.N.E. environ du capVictory deNarborough,est 1res remarquable el offre la forme d'une pyramide; il est visible, par temps clair, de 30 milles au large. Le cap Isabelle, pointe occidentale de l'archipel de la Reine Adélaïde, est un promontoire granitique, à pentes raides, avec un sommet formant un pic et un conlrefort aigu et dentelé sur lequel on remarque deux grandes colonnes de roc. L'île Beagle, au large dé ce cap, est terminée comme par une muraille bordant la côte. Cette île est bien moins élevée que la terre du cap; elle a environ 137 mètres de hauteur.

Le cap Santa Lucia est élevé et à pente rapide. Le cap George esl moin* haut et a la forme d'un morne; quelques rochers se détachent de la base de ce cap. Le pic central de l'île Cambridge esl une bonne marque pour fixer la position du bâtiment.

Le détroit de Nelson permet de se rendre du large dans les canaux Paliiconie. • ,

102 CANAUX I.ATKPiAI'X [ciiak h.]

latéraux et de prendre soit le canal Smylh, soit le canal Eslevan (V. page 120).

Attention. — Le canal San Blas , les havres Duck et Duncan, le rocher Duncan, ainsi que plusieurs autres rochers qui sont devant ces ports, ne sont connus que d'après la relation verbale du capitaine d'une goélette. D'autres avis disent que l'on a omis des îles et des roches dans le voisinage du détroit de la Conception. En général, les capitaines ne devront pas oublier que les côtes et les dangers extérieurs entre le détroit de Magellan et le golfe de Penas n'ont pas été examinés avec tout le soin nécessaire et que les cartes sont nécessairement peu exactes; il est donc prudent de ne pas trop approcher de ces côtes dangereuses et inhospitalières.

ARCHIPEL DE LA MÈRE DE DIEU (îles Madré). — Les sommets de ces îles qui, du large, sont les plus apparents sont le pic Avril, Tower rock et le cap Très Puntas (ou Three Peaks), ce dernier formant la pointe S. 0. du golfe de la Trinité.

Le cap Très Puntas se raccorde à une grande montagne rocheuse qui a environ 610 mètres de haut, dont le sommet est composé de trois pics réunis entre eux par des crêtes aiguës et dentelées.

PORT HENRY (plan N°2022). — Entre le cap Très Puntas et ce port il y a de nombreux îlots et rochers; mais il semble qu'on peut en approcher sans crainte, et il est probable qu'il y a peu de dangers qui ne soient au-dessus de l'eau, ou au moins signalés par les goémons.

Allant au port Henry, on devra se tenir sur la côte Sud du golfe de la Trinité, car la partie Nord du golfe est semée de rochers dont quelques-uns paraissent être excessivement dangereux.

On reconnaîtra facilement l'entrée du port Henry parce que c'est la première plage de sable visible sur le rivage après qu'on est entré dans le golfe ; elle est dominée en arrière par une falaise basse, sablonneuse, et à son extrémité Ouest par une élévation rocheuse, ronde et boisée. Les rochers Seal seront également de bons amers pour atterrir; ou les relève à 5 milles environ au N. q. N. E. de la pointe Ouest de l'entrée, qui a à peu près t mille de large. Le chenal est bordé de chaque côté par des rochers bas et des îlots ronds et rocheux un peu plus élevés, dont on peut approcher à 1 encablure j. Les sondes, de 35 à 47 mètres, fond de sable, diminuent graduellement jusqu'au mouillage, qui est par 10 à 18 mètres.

L'établissement, au port Henry, est 11 heures 45 minutes; la mer monte de V" 50. Le courant de marée est cependant à peine sensible; il ne dépasse jamais ~ nœud.

Instructions. — Quand on relèvera la plage de sable au S. /i°0. environ, la passe du port Henry sera entièrement ouverte et l'on se

[wup. il] PORT HENRY. — GOLFE DE LA TRINITÉ 163

dirigera dedans en conservant le mont Round, à l'extrémité Ouest de la plage de sable, par le bossoir de bâbord jusqu'à ce que l'on soi! presque par son travers; on remontera alors dans le port aussi loin qu'il conviendra pour choisir son mouillage, car le fond n'offre aucun danger en dehors des varechs qui bordent les rochers el les Mois des rives.

La profondeur de l'eau varie de 14"' 50 à 21 m 50; le fond est généralement de sable vasard. A l'entrée, il exisle de chaque côté quelques bancs de goémons poussant sur des rochers qui sont à fleur d'eau à la haute mer; on prendra du tour pour les éviter. Leurs positions sont marquées sur le plan du port. Les rafales qui tombent des hautes montagnes sont quelquefois si violentes, qu'il sera bon, alors, de mouiller à l'instant, quitte ensuite à se louer jusqu'au mouillage choisi, ce qui sera toujours facile à faire, la mer étant plate. Ce port ne présente pas de sécurité. Le bassin Aid, dans le fond du port, est un véritable dock. On trouve à la plage sablonneuse de l'eau et du bois en abondance.

GOLFE DE LA TRINITÉ. — Le cap Primera, pointe Nord de l'entrée du golfe de la Trinité, est l'extrémité Sud de l'Ile montagneuse du Mont Corso, qui, par temps clair, se découvre de 30 milles au large. Vu du Sud, le sommet de l'Ile parait arrondi et dominant toutes les terres conliguës. La terre de la côte Nord du golfe apparaît sous la forme de chaînes de montagnes et de pics ; le capitaine Stokes estime la hauteur moyenne de ces montagnes à environ 910 mètres.

L'île du Mont Corso est séparée du cap Brenton, sur l'île Wellington, par la passe Sparton. Il existe plusieurs grands récifs s'étendant à plus de 3 milles au large du cap Primero; par le fait, toute la côte de l'île Madré est bordée de rochers, dont quelques-uns sont à 6 milles de terre. Les sondes sont régulières dans le golfe de la Trinité; mais elles augmentent dès qu'on est à l'Est du porl Henry et que l'on entre dans le canal de la Trinité.

Deux ouvertures, paraissant être des canaux, débouchent sur la côte Nord du canal de la Trinité; celle de l'Ouest communique probablement avec la passe Picton. De l'entrée du canal, le mont Cathédrale ressemble à la toiture et au clocher d'une église, et il est visible au delà de 60 milles.

Le canal de la Trinité a été décrit en même temps que les canaux latéraux (page 136).

PASSE SPARTON. — BAIE BOSSI. — ÎLE DU MONT CORSO. — DANGERS. — D'après un avis de 1876, la grande île dite du Mont Corso n'est pas séparée du cap Brenton; c'est une presqu'île unie au cap Brenton par une terre basse que l'on ne voit qu'à quelques milles de distance.

CANAUX LATERAUX.

Au Nord de l'isthme, il y a une infinité d'îles , d'îlots el de roches; ,iu N. E. (sic), on trouve un excellent mouillage que Ion a- appelé baie Bossi. Ce port est abrité. contre tous les vents du N. E. au S. 0. par le Nord. Le fond est , depuis la distance de 10 milles , de 18 mètres , sable et vase. Le capitaine du Charma recommande ce port aux navires qui, ayant fait de grandes avaries, ne pourraient continuer leur route vers les bons ports du Chili. A l'Est du cap Brenton il y a un canal qu'il suppose aboutir au Pacifique, à 10 milles environ au Nord de ce cap, formant ainsi une grande île avec Monte Corso.

PASSE PICTON. — BAIE DYNELEY. — On a lieu de penser que les terres qu'elles séparent forment une île dont le cap Montagne est l'extrémité Ouest. Plusieurs rochers gisent à 8 ou 9 milles de la côte au Sud, et ils sont encore plus nombreux au Nord du cap Montagne; d'autres gisent à 10 milles au large et dans des eaux très profondes. Les uns émergent au-dessus de la mer; les autres sont a fleur d'eau; d'autres enfin sont seulement signalés par la mer qui brise dessus. La côte au Nord de la baie Dyneley est très tourmentée.

PORT BARBABA (plan N° 2025). — C'est un bon port; le fond y est modéré; l'accès en est aisé. Lorsque, gouvernant sur ce port, on relèvera le cap Dyer au S. S. O., on se trouvera près de plusieurs roebes que l'on conservera par bâbord; en en passant à \ de mille, on aura des sondes de 20 mètres. Au commencement, le chenal est large de 1 mille, mais il se rétrécit graduellement à mesure que l'on approche de la pointe S. O. de l'île Breaksca; en face de la pointe du Naufrage, la passe n'a que 1 encablure de large.

Le Flinn Sound est une ouverture profonde dans l'Est du port Barbara; elle n'a pas été explorée.

CANAL FAIiLOS. — 11 a été exploré pendant 30 milles par M. Kirke, qui n'y a rien vu d'intéressant à signaler: cet officier le décrit, comme dégagé de rochers et offrant de nombreux mouillages pour les petits navires. Le fond est généralement sablonneux ; la largeur moyenne est de 1 mille j à 2 milles. La rive occidentale est formée par une chaîne de montagnes. La côte orientale de l'entrée est beaucoup plus basse, très dentelée et bordée par de nombreuses petites îles. Sur la côte Est, à 5 milles dans l'intérieur, on rencontre la baie de Notre-Dame (Our Lady).

Le canal Fallos communique probablement avec la mer par la baie Dyneley et la passe Picton, et même au delà de cette dernière on suppose qu'il débouche dans le golfe de la Trinité par une ouverture à l'Ouest de la baie Neesham.

Au Nord du canal Fallos se trouvent les îles Guaineco, décrites page 152 en même temps que le golfe de Peîias.

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