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vent pour aller acheter son via en Bourgogne ou le revendre à des clients de la montagne, et les amou- .j^"" rcux en profitaient.
Ils se figu- - - ^ raient que leur
très étroite in- ' \ '^^vs^- tirai té échap-
, ' pait à l'ai te n-
lion et aux médisances du village ; mais les amours les mieux cachées répandent une odeur subtile qui les ■ trahit. Le secret de leur liaison s'évapora insensiblement à travers les rues du Val-Clavin. et les langues commencèrent à jaser. Princetot seul ne se douta de rien.
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P K li M I V. RE )5 A R T I E 63
Cette intrigue dura dix-liuit mois :
Delaberge sentait déjà la satiété venir, quand brusquement il reçut la notification d'un changement de résidence.
En apprenant cette fâcheuse nouvelle, Mme Micheline fondit en larmes. Mais quoi } Delaberge devait obéir aux injonctions administratives; Fhôtesse ne s'était jamais dissimulé qu'il la quitterait un jour ou l'autre ; et, tout en soupirant, elle se résigna.
Une semaine plus tard, après un dernier rendez-vous d'amour, le garde général partait pour Paris, non sans éprouver un vague soulagement.
Ils s'étaient promis de s'écrire : ni l'un ni l'autre ne tinrent leur promesse. Un silence absolu tomba entre eux.
Delaberge, dont les sens seuls avaient été occupés, ne s'en inquiéta point. Il supposait que Mme Micheline s'était rapidement consolée et lui avait tout naturellement donné un successeur.
Peu à peu son amourette campagnarde lui apparut comme ces brèves étoiles
filantes qui naisseiitdans un cic! d"aimt, le traversent et s'éteignent.
Les préoccupations du métier et de l'avancement avaient vite étouffé en lui le souvenir de cette aventure juvénile.
Des années et des années avaient passé, emportant comme un torrent ses désirs et son énergie vers de bien autres rives que celles du Tendre.
S'il repensait parfois aux épisodes de son début au Val-Clavin, c'était avec le souriant dédain de Thomme mûr pour les enfantillages de la première jeunesse. Et voilà que les hasards administratifs le ramenaient dans ce village perdu au fond des bois ; voilà que les détails du paysage, l'air ambiant, la physionomie de la route jadis tant de fois parcourue, évoquaient l'image de Mme jMicheline, qu'il croyait ensevelie sous une profonde couche d'oubli...
Mais la mort seule apporte avec elle le véritable et total oubli. Tant que nous cheminons dans la vie, nous