‹ Paternité;Chapitre 20 sur 89 · PREMIERE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIERE PARTIE

ment le client qui lui arrivait de Lan.ures.

Tandis que le voyageur mettait pied à terre, M. Princetot se décidait a héler un garçon d'écurie et lui ordonnait de s'occuper des bagages. Delaberge, au dernier moment, avait résolu d'aller bravement au-devant des questions. Il gravit donc les marches, et suivant le maître d'hôtel dans la cuisine toute flambante de casseroles de cuivre, il l'interpella le premier :

» Bonsoir, monsieur Princetot... Je vois que vous ne me reconnaissez pas > "

Le Prince cligna de nouveau ses petits yeux, passa une main dans ses cheveux devenus blancs, et, tout perplexe se gratta l'oreille :

" Ma foi, non, monsieur, je n'ai pas le plaisir de vous remettre.

— Je suis pourtant un de vos anciens pensionnaires... Monsieur Delaherge. ■■

Vnc femme qu'il n'avait pa;' rcmar-

quée d'abord et qui se tenait courbée sur ses fourneaux, au fond de la cuisine, se retourna brusquement, et, rien qu'à la visible émotion de la dame, l'inspecteur général devina qu'il avait devant lui Micheline Princetot.

Elle respirait péniblement, baissait les yeux, roulait machinalement autour de ses doigts les cordons de son tablier et saluait sans desserrer les lèvres.

Hélas ! elle ne ressemblait guère à la séduisante Micheline du temps passé ! Sa taille s'était épaissie, son visage s'était empâté, un bonnet de linge avançant jusque sur le front cachait presque ses cheveux grisonnants. Sa robe foncée, à plis droits, ses yeux mi-clos, son visage de cire, l'expression réservée et doucereuse de sa physionomie, lui donnaient des airs de béguine.

•■ Monsieur Delaberge ! •• murmurat-elle avec plus de surprise que de joie.

Puis elle ajouta, en pinçant les lèvres et sans lever les veux :

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