‹ Paternité;Chapitre 39 sur 89 · PREMIERE PARTIE I4I · texte numérisé non relu

PREMIERE PARTIE I4I

- - Je VOUS le promets.

— Merci, monsieur Dclabergc! '- Elle se leva de l'air contrit d'une

femme qui sort du confessionnal.

Mais comme, avant de partir, elle jetait un furtif coup d'œil vers la glace, clic remarqua ses yeux rouges, son bonnet de linge rejeté en arrière et découvrant ses cheveux gris. Alors une réflexion prudente lui démontrant sans doute le danger de laisser voir au dehors les traces de son émotion, elle se dirigea vers la table de toilette, mouilla une serviette blanche, bassina ses paupières gonllées et rajusta sous le bonnet ses épais cheveux crépelés.

La façon dont elle s'y prenait pour réparer le désordre de sa coiffure rappela tout d'un coup à Delaberge le temps lointain de leurs rendez-vous, alors qu'elle usait des mêmes artifices, des mêmes minutieuses précautions pour lisser sa chevelure ébouriffée et baigner d'eau fraîche ses yeux battus.

Cette soudaine résurrection du passé,

évoquée par la répétition d'un geste familier, fit plus pour toucher l'inspecteur général que les lamentations de son hôtesse. Il oublia la quinquagénaire à la coifTe de béguine, la dévote à la figure empâtée et aux paupières alourdies, et ne revit plus que la soujîle et enjôleuse Micheline se glissant au soir dans sa chambre comme une chatte voluptueuse. En somme, dans sa laborieuse et continente carrière de fonctionnaire, l'amour de cette femme avait été le seul rayon de soleil de sa jeunesse, la seule coupe de plaisir qu'il eût savourée. Son cœur s'amollit; obéissant à un mouvement de sensibilité, il attira Micheline à lui et voulut lui donner un témoignage de reconnaissante tendresse en l'embrassant. Mais elle se débattit, le repoussa presque avec colère, et sortit précipitamment.

Mortifié, inquiet, agacé, il résolut de prendre l'air afin de secouer cette pénible impression. Quittant la cham-

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