‹ Paternité;Chapitre 40 sur 89 · PREMIERE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIERE PARTIE

brc rouge à son tour, il s'cloii^na de l'hôtel et remonta le cours de l'Aubette, en suivant une gorge étroite où le ruisseau court sous un fouillis d'arbres avant de se jeter dans l'étang du Val-Clavin.

L'endroit était solitaire, couvert -de saulaies, d'aunelles et de sorbiers qui avaient poussé rapidement dans les terres d'alluvion. Au-dessus de l'eau qui glougloutait invisible, des clématites et des chèvrefeuilles sauvages s'enchevêtraient follement. Des trembles frissonnants, des bouquets de charmes rameux et de larges retombées de hêtres faisaient régner une obscurité crépusculaire dans ce couloir où Delaberge promenait jadis ses rêves de jeunesse.

Là aussi, le temps avait opéré son œuvre de transformation. Les arbrisseaux étaient devenus des arbres. Des branches mortes brisées par les bourrasques, des blocs de pierre détachés dos parois rocheuses par les gelées,

obstruaient le sentier. Ces débris semblaient l'image du peu de durée des choses et de l'écroulement des années.

De nouveau, en cette gorge ténébreuse, pleine de craquements sourds, l'inspecteur général éprouva cette sensation de malaise, cette inquiétude, qui l'avaient saisi après le départ de Mme Micheline.

A mesure qu'il se remémorait les détails de leur entretien, il trouvait plus étranges les paroles et l'attitude de son hôtesse.

Pourquoi cette hâte de le voir partir? En admettant que sa présence eût réveillé dans quelques esprits malveillants les médisances d'autrefois, Mme Princetot était trop fine et trop expérimentée pour n'avoir pas pris ses précautions et préparé ses moyens de défense. D'ailleurs le bonhomme Princetot avait trop longtemps fait la sourde oreille pour s'émouvoir maintenant...

Brusquement une lueur traversa le

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