DEUXIEME
tenco a la micmie, ne serait-elle pas un peu trop jeune et trop verte pour mes cinquante ans >... •>
Ce fut en ruminant ces pensées légèrement égoïstes qu'il traversa l'allée des frênes et arriva sur la terrasse.
II trouva Mme Liénard occupée à cueillir des Heurs dans son jardin.
" Vous le voye/, madame, — dit-il en la saluant, — j'abuse de la liberté que vous m'avez donnée et je viens sans façon passer une heure avec vous, en voisin. ■■
Camille Liénard l'accueillit par un sourire et lui tendit sa petite main brune, que les épines des rosiers avaient rayée de minces éraflures : — elle était enchantée de le revoir et demandait seulement la permission d'achever sa cueillette.
•' Je n'en aurai pas pour longtemps, — ajouta- 1- elle, — mais c'est une besogne pressée... Je me suis aper-
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eue que les vases du salon avaient besoin d'être regarnis... Il y a deux choses que je ne puis souffrir : les rubans défraichis et les fleurs fanées.
— Puis-je vous aider >
— Certainement. Prenez un sécateur et ayez la bonté de couper les fleurs que je vous désie:nerai. ■•
Delaberge se mit gaiment à l'ouvrage. A mesure qu'elle lui nommait une plante, il la cueillait docilement.
Parfois il commettait quelque bévue et se faisait vertement rabrouer.
Debout au milieu de l'allée, les cheveux au vent, les yeux luisant dans l'ombre du chapeau de paille, madame Liénard, serrant contre sa poitrine la gerbe déjà volumineuse, lui jetait ses indications d'une voix nette et musicale :
" Surtout, coupez de longues tiges !
Donnez-moi des narcisses... Non, pas ces fleurs-là, ce sont des jeanuelles...