DEUXIEME PARTIE
dit-il d'une voix qu'il essayait d'affermir. — Quand vous serczàlaRoselière, n'oubliez pas mes recommandations...
Et maintenant, mon enfant, comme nous ne savons quand nous nous reverrons, embrassons-nous! ••
Il prit Simon dans ses bras, le serra contre sa poitrine, et cette étreinte eut une chaleur si communicative, que le jeune homme se sentit ému à son tour et rendit à Francisque les baisers que celui-ci lui donnait.
Tandis que Simon demeurait surpris lui-même de l'émotion qui le secouait, Delaberge s'était élancé dans le wagon. On n'attendait plus que lui pour fermer la portière.
>■ Adieu ! •■ cria-t-il encore, penché à l'ouverture de la glace.
Le train partait dans un nuage de vapeur dont les flocons s'échevelaient à travers les futaies frissonnantes. Le
cœur déchiré, les yeux mouillés, Delaberge regardait toujours du côté de la station qui fuyait: mais ses regards cherchaient en vain à percer les voiles épaissis de la brume qui déformaient les objets et semblaient vouloir l'isoler du monde extérieur. A la lin, il se rejeta au fond du compartiment, où il voyageait seul, et un sanglot se noua dans sa gorge à la pensée que désormais il voyagerait seul aussi dans la vie.