OBSERVATION II
(Personnelle.) .
G... Joseph, 44 ans. Journalier. Hôpital de l’Antiquaille, service de M. le professeur Augagneur ; salle 2, lit n° 4.
Il y a dix-huit ans, le malade dit avoir été traité à l'hôpital Saint-Louis pour un chancre qui s’accompagna de maux de tête et d'accidents muqueux. Il y a neuf ans, il eut une blennorragie qu'il négligea de soigner. Après un mois, l’écoulement cessa.
Il y à huit mois, le malade éprouva de la difficulté pour -uriner. Deux mois après, sans augmentation notable de la rétention, le malade, sans s’en apercevoir, urina dans son pantalon. Durant trois à quatre jours, il eut plusieurs émissions involontaires qui cessèrent brusquement pour reprendre, une huitaine de jours après, et se reproduire quotidiennement sans nouvelle interruption jusqu’à son entrée à l’Antiquaille, en mai 1895.
En même temps, tous les quinze jours environ, le malade était pris de douleurs abdominales accompagnées d’un léger état de constipation, qui cédaient sous l’action des purgatifs.
Dès le début de l’affection apparurent des céphalées, dont l'intensité alla en croissant, et qui s’accompagnèrent plus tard de légers vertiges. |
Actuellement, le malade urine sans s’en apercevoir trois ov quatre fois par jour ; il urine également la nuit ; mais ne peut dire combien de fois se produisent ces émissions involontaires.
Plusieurs fois par jour, il éprouve le besoin d’uriner ; ses efforts n’aboutissent qu’à l’émission de quelques gouttes d'urine, qu’il dit être trouble.
Il n’a aucune douleur dans la région hypogastrique, ni dans la marche, ni dans le repos.
Le toucher rectal ne dénote aucune hypertrophie de la prostate.
Pas de rétrécissement uréthral.
Du côté du système nerveux, les réflexes sont normaux ; pas de troubles de la sensibilité. Le malade se plaint de violents maux de tête qui s’accompagnent parfois de sensation de vertige ; il est alors obligé de s’appuyer pour.ne pas tomber. Cette sensation se retrouve lorsqu'on fait fermer les yeux au malade. La faiblesse des membres inférieurs est extrême ; et si l’on fait porter la pointe du pied droit vers le genou gauche, on remarque une hésitation bien apparente dans la rencontre du but.
En l’examinant de plus près, on trouve, bien net, le signe d’Argyl-Robertson.
Ne trouvant rien du côté de la prostate ni du côté de l’urèthre, on sonde le malade régulièrement et l’incontinence cesse. Il sort le 14 juin.
Le malade fait, du 5 décembre 1896 au 5 février 1897, un second séjour à l'hôpital. Les signes sont à peu près les mêmes que précédemment, L’incontinence est revenue. On la traite de Ïa même façon. l
Le malade rentre à nouveau dans le service le 17 février 1897. Il se plaint de plus en plus de vertiges, de maux de tête, de faiblesse des membres inférieurs. Il tousse depuis quinze jours, date de sa sortie de l'hôpital ; il présente des râles disséminés dans la poitrine, peu caractérisés. Perte d’appétit. Vomissements bilieux.
Quant aux troubles urinaires, l’incontinence a totalement disparu, |
OBsERvATION III.
(Due à l’obligeance de M. Luosre, interne à l’asile de mendicité d’Albigny.)