BACTÉRIOLOGIE
Les défenseurs de la théorie infectieuse de la lithiase biliaire se sont surtout appuyés sur ce fait que les calculs biliaires et la bile des lithiasiques étaient infectés. Nous verrons si les faits qu'ils ont constatés permettent de conclure à l’origine infectieuse des calculs biliaires.
Quoi qu'il en soit, une double étude s’impose d’abord :
1° L'examen bactériologique des voies biliaires et de la bile normale.
2 L’examen bactériologique des voies biliaires, de la bile et des calculs dans la lithiase.
Ceci fait, il nous restera à voir l'influence directe des microbes sur la bile, sur certaines des substances qu’elle contient et qui constituent des calculs en se précipitant, en particulier sur la cholestérine.
Le microbisme des voies biliaires et de la bile a été étudié par de très nombreux auteurs en France et à l'étranger. Les travauxclassiques de Dupré, de LÉTIENNE, de Risr, de Girperr et ses élèves FOURNIER, LEREBOULLET et Lippmanx ont posé la question en France.
À l'étranger, les travaux ont été aussi extrêmement nombreux. Vox Mreczxowski, MivakE, KRAMER, BACMEIS-
EVENE
TER, O. HARTMANN, KLINKERT, ÎTALIA, MooRE, PARKED», . Cüusmin6, etc., se sont attachés à montrer la fréquence de l'infection des voies biliaires soit à l’état normal, soit à l’état pathologique.
Les statistiques de ces auteurs ne sauraient être comparées entre elles. En effet, comme l'ont bien montré MM. Giisert et Lippmanx, les anciennes statistiques ont été élablies seulement d’après les ensemencements sur milieux aérobies. Avec la technique des ensemencements anaérobies on est arrivé à constater la fréquence beaucoup plus grande des microbes dans les voies biliaires. | |
Voici les conclusions auxquelles sont arrivés MM. Grc- BERT et Lippmann en 1902 et 1903.
I. — A l'étatnormal, les voies biliaires sur la presque totalité de leur parcours extra-hépatique sont le siège d’une abondante flore microbienne anaérobie.
Il. — Ce microbisme latent s'étend de leur embouchure intestinale à leur division en conduits hépatiques envahissant ainsi le cholédoque, la vésicule, les canaux hépatiques eux-mêmes dans leur portion initiale.
IT. — L'arbre biliaire présente au point de vue bactériologique 5 zones successives :
1° Zone classique de l'infection. — Aéro-anaérobies dans l'ampoulede Vater et le tiers inférieur du cholédoque.
20 Zone de transition. — Tiers moyen du cholédoque. Les aérobies disparaissent peu à peu etlaissent la place aux anaérobies.
3° Zone de l'anaérobiose pure. — Tiers supérieur du
cholédoque; vésicule biliaire.
ER ONteE
4 Zone d'anaérobiose décroissante. — Origine des canaux hépatiques. ;
D° Zone de stérilité absolue. — Canaux hépatiques, voies biliaires intra-hépatiques.
IV. — Les germes aérobies les plus constants (colibacille entérocoque) franchissent exceptionnellement la portion moyenne du cholédoque. Les anaérobies les plus constants sont : funduliformis et perfringens, puis fragilis, ramosus, radiformis.
Les statistiques étrangères que nous reproduisons maintenant el qui ne tiennent pas compte des ensemencements anaérobies amènent forcément à des conclusions différentes; elles n’en sont pas moins intéressantes.
La statistique de FRIEDEMANX porte sur 101 cas d’ensemencement de bile, surtout de bile vésiculaire.
Il a trouvé :
Coli-bacille, 41 fois.
Coli-bacille, plus staphylocoque, 1 fois.
Streptocoque, 7 fois.
Staphylocoque, 5 fois.
Staphylocoque plus streptocoque, 1 fois.
Staphylocoque plus diplocoque indéterminé, 1 fois. Bacille d’Eberth, 3 fois.
Pneumocoque, 1 fois.
Bacille de Koch, 1 fois.
La bile a été trouvée stérile 40 fois.
FRAÂNKEL et KrAUSE ont examiné 130 échantillons de bile prise aseptiquement dans la vésicule : 128 fois sur le cadavre et ? fois chez des opérés.
Les ensemencements négatifs ont été au nombre de 105.
Les ensemencements positifs ont été au nombre de 25.