‹ Pathogénie de la lithiasie biliaireChapitre 27 sur 59 · D I DS CR RE ETAT TE RÉ D ED ED RE EC · texte numérisé non relu

D I DS CR RE ETAT TE RÉ D ED ED RE EC

Moyenne Moyenne de la 8 Q 10 11 12 13 de la Cholestérine | Cholestérine. p. 100.

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On voit que dans les premiers jours après l’opéralion il y a très peu de cholestérine ; la cholestérine augmente de jour en jour en échelons. La nourriture albuminoïde en fait monter le taux, les hydrates de carbone la diminuent, etc.

La théorie de Nauxyx d’après laquelle la cholestérine serait liée à la desquamation de l'épithélium vésiculaire au cours de catarrhe de la vésicule ne cadre pas avec ces constatations, puisque c’est lorsque catarrhe et desquamation sont au maximum, dans les premiers jours qui suivent l'opération que l’on trouve le moins de cholestérine. Nous verrons plus loin que les expériences de Goopmanx prouvent que la cholestérine dans la bile varie sous l'influence de l’alimentation.

Mais quel que soit le taux de la cholestérine dans la bile il faut d'abord déterminer ses conditions de solubilité dans la bile.

Depuis longtemps on sait quela cholestérine est maintenue en dissolution dans la bile grâce surtout aux sels biliaires et aux savons.

Plus récemment, PorGes et NEUBAUER ont étudié les conditions de précipitabilité de la cholestérine et concluent que la cholestérine n’est jamais obtenue en solution, mais en suspension dans l’eau; la présence d’albumine et de lécithine permet d'obtenir des suspensions de cholestérine plus concentrées. Nous avons obtenu des suspensions colloïdales de cholestérine dans l’eau par les procédés suivants :

On dissout d’abord la cholestérine dans l’acétone à

chaud, on mélange par très minimes portions cette

solution à de l’eau; on se débarrasse de l’acétone en l'évaporant très doucement au bain-marie, ou en l’aspipirant par le vide.En ajoutant 6 à 7 grammes par litre de chlorure de sodium, on a une solution à peu près isotonique.

Pour faire une solution colloïdale à 5 p. 1000 qui soit suffisamment concentrée et qui reste stable, il faut environ 12 heures d'aspiration.

Les émulsions colloïdales ainsi obtenues ont absolument l’apparence du lait.

PorGes et NEUBAUER, en employant une émulsion col-

loïdale, ont vu que la cholestérine était précipitée. par les acides et surtout par les acides organiques et par les sels acides; au contraire les alcalis, même à forte dose, . sont sans influence sur les solutions de cholestérine.

Le sérum de cheval, chauffé ou non chauffé, précipite la cholestérine à forte dose. De même la saponine peut précipiter la cholestérine. Nous reviendrons sur les conditions de l'équilibre colloïdal de la cholestérine et sur les substances qui sont susceptibles de l'influencer.

Dans un travail très complet H. Scxane a étudié grâce aux notions nouvelles sur les colloïdes le mode de formation générale des calculs dans l'organisme. Voici le résumé de son étude :

Lorsque des substances cristalloïdes en solution aqueuse arrivent au taux de saturation, il y a dissociation et une partie d’entre elles se précipite sous forme de cristaux plus ou moins nombreux. Le nombre et le volume des cristaux dépendent de la rapidité de la précipitation.

Si on produit une saturation rapide, il se dépose une masse de très petits cristaux.

Si le dépôt se fait lentement et sans que la solution soit agitée, on obtient de beaux et gros cristaux. Mais jamais dans une solution artificielle on n'obtient de formes cristalloïdes aussi pures et aussi volumineuses que les ca alculs physiologiques.

Pour former des concrétions aies à celles qu'on trouve dans l'organisme, il faut des solutions contenant des colloïdes.

Certains corps colloïdaux tels, dans les substances inorganiques l'acide silicique et l’hydroxyde de fer el dans les substances organiques, la fibrine et les albuminoïdes voisins, ont la propriété, en se précipitant au sein de solutions aqueuses, de se déposer au fond et aux parois en couches plus ou moins épaisses. On peut, en variant les inclinaisons du tube qui contient ces solutions, orienter la stratification du sédiment. La structure du dépôt est encore influençable par un processus secondaire de diffusion comme l’a bien montré Liesecaxc.

On remarque un aspect de courant, de tourbillon dans le dépôt fibrineux des cavités séreuses, dans les bulles cutanées d’origine cantharidienne (UNNA).

Si un corps étranger quelconque se trouve dans une solution coiloïdale en voie de sédimentation, il sert de noyau central et c’est autour de lui que s'opère la stratification concentrique. Par exemple, on voit dans la cavité péritonéale, autour d’une frange épiploïque libre, se constituer un bloc de fibrine ovoïde formé par un dépôt concentrique et stratifié. Ce mode de précipitation

en couches reste possible lorsque, dansles solutions, des cristalloïdes se précipitent à côté des colloïdes.

Tout se passe comme s’il y avait un canevas colloïdal dans les mailles duquel s’organiserait le dépôt cristalloïde. L'ensemble forme un corps si homogène que le microscope ne peut distinguer ce qui appartient au squelette et ce qui est de deuxième formation. Même pour des quantités minimes de substances colloïdes (0,07 à 0,1 p. 100) le caractère stratifié de la précipitation persiste. Sur une masse initiale ainsi formée, laissée en circulation, se produit un processus secondaire de cristallisation suivant le sens de la plus forte pression. On peut obtenir ainsi une structure radiaire ou une structure stratifiée suivant qu'il y a une pression indifférente ou orientée dans un sens déterminé.

Ces principes généraux de cristallisation d’un mélange colloïde et cristalloïde trouvent leur application dans la formation des calculs biliaires.

Le bilirubinate de chaux, sous l'influence de l’infection surtout, se dépose sous forme de masses amorphes et molles. Mais, qu'intervienne la fibrine ou tout autre colloïde capable de solidifier et d'agminer les masses, le dépôt prend un aspect de concrétion stratifiée concentrique. Ce mode de formation explique les calculs adhérant à la muqueuse soit dans la vésicule, soit dans les canaux biliaires, sans qu'il y ait besoin d’invoquer la desquamation. Le simple exsudat muqueux constitué par de la fibrine forme le « bâti » dans le réseau duquel viennent s’intriquer les sels biliaires; dans un second temps, les substances précipitées se déposent en couches

concentriques.

CUOOLRS

Pour les calculs de cholestérine, le mécanisme le plus simple est celui de la formation du gros calcul solitaire et radiaire d’Ascnorr et BACMEISTER.

L'infection paraît étrangère à sa formation; la stase biliaire en est la condition. La cholestérine est dans la bile sous forme d'émulsion colloïdale, c’est-à-dire qu'on voit au microscope de très fines gouttelettes en suspension. Qu'il y ait stase, la teneur en cholates et en graisses diminue soit par autolyse, soit par résorption au niveau des parois. Le pouvoir solubilisant de la bile pour la cholestérine diminue. Les très fines gouttelettes de cholestérine s'unissent pour former des gouttes de plus en plus grosses; la bile devient trouble, En même temps, apparaissent les conditions de cristallisation de la cholestérine. Celle-ci tend à s'organiser en sphérolithes, c'est-à-dire en petites boules dures avec un centre de cristallisation radiaire.

Si le pouvoir solubilisant disparaît vile, tout se passe comme dans une solution de cristalloïdes, et on voit se former une masse de sphérolithes de cholestérine à constitution radiaire. Mais si la saturation en cholestérine se produit très lentement et progressivement, ce qui se passe dans la stase biliaire pathologique, il ne se produit qu'un calcul soit initial, soit formé par la conglomération de plusieurs gros sphérolithes. Ce calcul s’accroit par adjonction au noyau primitif de nouvelles couches de cholestérine, <

Cette forme pure du calcul de cholestérine radiaire est facilement altérée. Il y a, par suite du dépôt secondaire de gouttelettes de cholestérine non cristallisées, un

RMTONR—

stade intermédiaire où le calcul en voie d’accroissement est mou, semblable à de la myéline. Les cristaux récents de cholestérine, semblables aux cristaux d’eau que forme la neige, sont très plastiques.

Il a été possible avec des pressions minimes (1/40° d'atmosphère) de transformer des concrétions récentes de cholestérine en lames minces et dures. En s'accroissant, le calcul peut changer de forme. Si une pression s'exerce dans la vésicule, les nouveaux dépôts de cholestérine, au lieu de se développer radiairement, se for- | meront en strates; s'il y a plusieurs calculs, ils se déformeront mutuellement par pression réciproque.

À ces formes pures peuvent se mêler, sous l'influence de l'infection, desdépôtsdeselselde pigments biliaires;ils pénètreront le calcul primitif qui jouera le rôle de substratum. Mais il se produit également un précipité de colloïdes, ce qui, suivant la loi générale, entraîne encore la formation stratifiée.

Tel est donc le mécanisme colloïdal de la formation des calculs biliaires.

Les colloïdes nécessaires à cette constitution de concrétions existent normalement dans la bile; reste à savoir à quelle modification de milieu est due la précipitation de la cholestérine et si un calcul constitué peut

être solubilisé.

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