‹ Pathogénie des atrophies musculairesChapitre 1 sur 8 · DU TRAVAIL · texte numérisé non relu

DU TRAVAIL

Avant d'aborder l'étude de la question qui nous a été désignée par le sort, de la pat/iogénie des atrophies musculaires, nous avons jugé qu'il était indispensable de définir aussi exactement que possible la valeur des mots atrophie et pathogénie, la précision dans les termes étant une des conditions de clarté dans l'exposition d'un sujet qui présente plus d'un point obscur.

Nous entendons par atrophie musculaire le résultat de la dénutrition du muscle caractérisé par la diminution du volume ou du nombre des fibres musculaires.

Pour nous, étudier la pathogénie de l'amyotrophie, c'est étudier le mécanisme physiologique qui préside à

Parisot. i

cette modification de structure de la fibre musculaire. La pat/iogé)iie ne doit pas être confondue avec Véliologie. Ces deux termes ont une signification distincte : l'étiologie est l'étude des influences diverses , apparentes à un premier examen, qui produisent un phénomène pathologique; s'adressant exclusivement aux questions de fait, sans aborder les questions de doctrine, l'enquête étiologique ne demande qu'une observation clinique judicieuse et n'a à redouter qu'un seul écueil : la confusion entre la coïncidence et la causalité de deux phénomènes. Bien plus complexe, bien plus délicate est l'enquête pathogénique, qui recherche le pourquoi et le comment des états pathologiques constatés ; pour être menée à bonne f n, elle nécessite la connaissance approfondie des lois physiologiques dont la perturbation entraîne les manifestations morbides. Kn particulier, pour ce qui concerne les lésions d'un tissu, tout essai d'étude pathogénique est subordonné à une notion exacte des lois qui président à son fonctionnement et à sa nutrition dans les conditions physiologiques.

Dire que l'amyotrophie peut être produite par une tumeur de la colonne vertébrale, c'est faire de l'étiologie; énoncer que cette amyotrophie est dépendante, dans l'espèce, d'une lésion des cellules des cornes antérieures de la moelle, c'est faire de la pathogénie, parce que celles-ci exercent une influence trophique sur le système musculaire.

Pour bien rendre toute notre pensée, servons- nous

d'un autre exemple tiré de l'étude des maladies de poitrine.

Étiologiquement, la tuberculose peut être produite entre autres par l'internement ou l'alcoolisme ; patliog-éniquement, c'est le bacille de Koch, qui, d'après les idées du jour, doit être rendu responsable de la genèse du tubercule.

Ainsi qu'il est facile de s'en rendre compte, l'étiologie d'une maladie tombe plus facilement sous notre observation que sa pathogénie.

En matière de nosologie, on le conçoit dès lors facilement, l'étiologie a toujours précédé toutes tentatives de pathogénie.

Cette discussion, peut-être un peu longue, surladifférence entre deux dénominations qu'il arrive parfois de confondre, nous a paru nécessaire pour bien faire comprendre la valeur des termes de notre définition.

Nous avons exposé ce que nous entendons par pathogénie et par atrophie, il nous reste à indiquer la signification que nous donnons au terme ce musculaire ». Prenant ce mot dans son sens le plus restreint et le plus habituel, nous n'entendons traiter ici que de la pathogénie de l'atrophie des seuls muscles de la vie de relation; c'est assez dire que les altérations de la fibre cardiaque, ainsi que les lésions du tissu musculaire lisse, ne rentreront pas dans notre description.

Nous venons de voir qu'à la base de tout essai de pathogénie doivent se trouver des notions physiologiques précises sur le mode de fonctionnement des organes dont on cherche à étudier les altérations ; c'est à

ce titre que nous croyons devoir indiquer rapidement les lois qui président à la nutrition du système musculaire. Ce n'est qu'après ces prolégomènes succincts de physiologie qu'il nous sera possible d'exposer et de justifier le plan de notre travail.

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