III. ROrE DE LA DÉCLIVITÉ DANS LA PRODUCTION DES HÉMIŒDÈMES
Hâtons-nous de dire que la déclivité seule des membres
ne peut engendrer l’œædème. Elle est tout simplement un facteur nouveau, qui s'ajoute à l’action de la cause principale, de la lésion nerveuse s’il s’agit d’œdèmes nerveux purs, de l’affection cardiaque ou rénale s’il s’agit d’œdèmes cardiaques où rénaux primitifs.
MM. Achard et Leri, dans l’article € Hémiplégie », du Traité de Médecine de Brouardel et Gilbert, pensent que la position déclive et permanente dans laquelle se trouve le côté paralysé, joue un rôle important. Il suffit, en ef. fet, d’examiner quelques hémiplégiques confinés au lit pour constater qu’ils sont plus ou moins inclinés sur le côté paralysé. 5
Pierre Marie, dans un cas observé avec Crouzon, a montré que cette explication devait être rejetée, puisque même en modifiant la position du malade et en établissant la déelivité du côté opposé, on ne parvenait pas à faire disparaître l’œdème du côté hémiplégié. Lœper et Crouzon ont, eux aussi, reproduit cette expérience, et sont arrivés au même échec.
M. Babinski croit à l’influence de la déclivité du membre dans la production de l’œdème, Une de ses malades qui, il est vrai, n'était pas atteinte d’hémiplégie, mais de monoplégie crurale, compliquée d’œdème, avait l’habitude de laisser son membre inférieur pendant hors du lit, pour atténuer ses douleurs. L’œdème disparut après immobilisation dans une gouttière, durant un temps relativement court (48 heures après).
MM. Euzière et Clément ont observé, dans le service
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de M. le doyen Mairet, un cas semblable, et se demandent si l’on doit refuser toute importance à ce facteur de la déclivité. « Il s’agit, disent-ils, d’un dément précoce, catatonique, qui sans qu’il eût en réalité de paralysie, prenait d’une façon permanente l’attitude des hémiplégiques. Dans son lit, il restait couché sur le côté gauche, et le jour, son bras pendait, inerte et à demi-fléchi à son côté. Ce malade était porteur d’une insuffisance mitrale typi. que, et un Jour il fit de l’hyposystolie. Ce jou:-là, nous ne “fûmes pas peu surpris de lui voir faire un œdème d’origine évidemment cardiaque, mais exactement localisé du côté qu'il avait coutume de tenir immobile. Traitée, son asystolie disparut en même temps que l’œdème. »
Cette dernière observation paraît bien montrer que dans la localisation des ædèmes d’origine viscérale, chez les hémiplégiques, la lésion nerveuse n’est pas tout, mais que l’attitude du malade joue un certain rôle. Mais il n’est pas impossible que dans ce dernier cas, on n’ait eu affaire à une moindre résistance du système nerveux du côté qui s’œdématie.
M. Roger, dans le service de M. le professeur Carrieu, a également observé une hémiplégique récente, qui se compliqua d’æœdème. Cet œdème resta unilatéral pendant quelques jours, puis atteignit le côté opposé.
Cette malade, tout comme la malade de M. EBuzière, était cardiaque et avait l'habitude de se coucher du côté hémiplégié. Il est donc probable que dans ce cas la lésion nerveuse, la lésion cardiaque et l’attitude, intervenaient à la fois dans la production de cet œdème primitivement unilatéral.