‹ Pathogénie des néphritesChapitre 3 sur 58 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

La pathogénie est le mode d'action des causes morbifiques; je crois nécessaire de donner tout d'abord cette définition pour bien délimiter mon sujet.

Et maintenant que faut-il entendre par néphrite? Envisagée dans le sens Httéral du mot, la néphrite doit toujours être une affection inflammatoire. Or, qu'est-ce que l'inflammation?

Après avoir tour à tour considéré l'inflammation comme le résultat d'une exsudation vasculaire, ou d'une exagération des activités cellulaires (Virchow), ou d'une exsudadation avec diapédèse (Gonheim)*, on en est arrivé à admettre que les phénomènes inflammatoires sont complexes; et, faut-il le dire, je crois que la nature de ces phénomènes n'est pas encore parfaitement élucidée.

1. M. Diml et Straiis, Hecherehes expérimentales sur l'li}flammation, in Gaielle médicale de Strasbourg, juillet 1870.

Une plus grande incertitude existe encore, quand de la définition générale de l'inflammation on veut passer à la description des lésions élémentaires, et particulièrement des lésions épithéliales, d'origine inflammatoire. On sait que M. Kelsch* a essayé de montrer que les altérations épithéliales de la néphrite parenchymateuse étaient secondaires et de nature régressive ; et qu'au contraire MM. Charcot et Gombault, dans l'étude des cirrhoses viscérales épithéliales, MM. Straus et Germont, dans leurs expériences sur la ligature de l'uretère, ont prouvé que l'inflammation ou la lésion de l'épithélium rénal pouvait être primitive. De fait, nous ne possédons encore que des notions incomplètes sur la nature des altérations inflammatoires des épithéliums\ La tuméfaction trouble des cellules, leur état vacuolaire (Gornil), leurs sécrétions muqueuses, qui , d'après certains auteurs , caractérisent le processus phlegmasique, sont souvent associées à la dégénérescence granuleuse et granulo-graisseuse. Et même, parmi ces lésions réputées inflammatoires, il en est, comme l'état vacuolaire, qui ont été considérées par d'autres comme le résultat de la nécrose cellulaire (Hortolès'). Il serait donc hors de propos et c'est également l'avis de MM. Renaut et Ilortolès'', d'effectuer une distinction abso-

1. Kelsch. Revue critique. Arcliiv. de physioL, 1874, p. 740.

2. Germont. Gonlrib. à l'élude expérimentale des néphrites. Tli. de Paris, ISSo p. 66 et 67.

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