AVANT-PROPOS
La pathogénie du doigt à ressort, bien que cette affection singulière soit relativement rare et de description encore récente, a déjà suscité grand nombre de travaux et d’expérimentations, beaucoup plus même que ne pourrait le faire supposer l'importance assez restreinte du sujet.
Entre les quatre principales théories connues jusqu'à ce jour, on ne sait vraiment laquelle choisir ; surtout à les voir défendues par des auteurs de la valeur de Notta, Blum, Marcano, Carlier et Poirier, et à lire leurs éloquents plaidoyers.
Si pourtant, laissant de côté momentanément les expériences variées et très intéressantes qui ont été faites dans le but d'éclairer ce point de pathogénie, on se reporte aux seuls
faits cliniques et anatomo-pathologiques de doigts à ressort
LANCE connus depuis Notta jusqu'à maintenant et qu’on les analyse avec soin, on arrive fatalement à les diviser en deux catégories. Dans l’une, de beaucoup la plus nombreuse, on rangera une quantité considérable de faits, dontla description uniforme, presque invariable, semble avoir été calquée sur les sept premiers cas de Notta, sur ces faits qui oht reçu de son maître Nélaton le titre pittoresque de doigt à ressort. Dans l’autre catégorie au contraire, on devra mettre quelques cas seulement qui ne ressemblent que de loin à la maladie décrite par Notta et Nélaton, et s'observent aussi souvent dans d’autres articulations que dans celles des doigts.
Les différences qui séparent ces deux sortes de cas, ne font que s’accuser davantage, si on les étudie minutieusement, , et qu'onles compare ensemble. On acquiert ainsi bientôt la conviction qu'à côté de faits de doigts à ressort vrais, on a publié à tort sous ce titre un certain nombre de cas qui ne méritent pas ce qualicatif au sens premier et réel du mot. = Revenons maintenant aux expériences et théories ayant pour but d'éclairer la pathogénie de cette affection. On verra immédiatement que ce sont précisément les faits de la deuxième catégorie et eux seuls qui ont servi à l'édification de la nouvelle théorie pathogénique articulaire ou théorie de Poirier. Si donc ils’ sont improprement appelés doigts à ressort, peu importe que la théorie articulaire leur soit applicable ; elle ne l'est pas et ne peut l'être à la maladie décrite par Notta, au vrai doigt à ressort.
Avant donc d'étudier la pathogénie de cette affection, il
nous à paru essentiel d'établir avec preuves à l'appui ce que \
ARE En
l’on doit entendre par doigt à ressort, au sens propré du mot, au sens de la grande majorité des auteurs et surtout de l’auteur de la maladie. Nous éliminerons ainsi d'emblée la théorie articulaire et ilne nous restera plus à discuter que les trois théories : synoviale, tendineuse et du spasme fonctionnel, Cette critique formera un deuxième chapitre important, le plus important même de notre travail. Notre argumentation repose essentiellement sur des faits cliniques précis, avec opérations qui nous ont permis de faire en quelque sorte &r vivo l'anatomie pathologique de la maladie qui nous oceupe. C’est l'importance toute particulière de ces faits qui nous a décidé à les publier et à en faire le sujet de notre thèse inaugurale.
Enfin nous terminerons par l’exposé d’un traitement rationnel en rapport avec la cause méme de la maladie et que nous
avons eu l’occasion d'appliquer avec succès sur nos malades.
Mais avant d'aller plus loin dans l'étude de notre sujet, il est un devoir que nous tenons à remplir, non parce que c’est un usage, mais parce qu'il nous est dicté par une profonde et sincère reconnaissance; c'est celui de remercier ici publiquement tous nos maîtres et de leur dire toute notre gratitude. |
Que M. le D' Duguet qui nous a initié avec tant de bien-
vetllance, an début de nos études médicales, aux difficultés de
Pauscultation, que MM. Thibierge, Ricard, que M. le professeur Laboulbène, que M. le professeur. Brouardel qui ont
été nos maitres pendant nos ‘deux années d'externat; que
Pete: VE MM. Gilbert, Galliard et Netter, Blum et Guinard, Monod et Walther, qui ont été nos maîtres pendant nos trois années d'internat reçoivent ici tous nos remerciments pour leur savant enseignement et plus encore pour leur grande bienveillance.
Mais nous devons une reconnaissance toute particulière à M. le professeur Laboulbène dont nous avons été un des derniers externes à l’hôpital de la Charité. Le souvenir de ce bon et savant maître ne s’effacera pas de notre mémoire. Il nous à donné une dernière marque de sollicitude en acceptant la présidence de notre thèse: nous l'en remercions tout particulièrement. (
Quant à MM. Blum et Monod, nous ne savons de quoi les remercier davantage, ou de l'initiative considérable qu'ils nous ont laissée dans leurs beaux services de Saint-Antoine et de nous avoir permis, sous leur direction. de pratiquer nousmême bon nombre de grandes opérations de la chirurgie abdominale, ou de l'affection qu’ils nous onttémoignée en maintes occasions. Ils n'ont pas été pour nous que des maitres savants et bienveillants, ils ont été peut-être plus encore : des amis.
C’est aussi M. Blum qui nous a inspiré le sujet de notre thèse et fourni les documents: il a fait plus encore en de nombreuses circonstances et notre dette de reconnaissance envers lui est si grande que nous désespérons presque de pouvoir jamais l’acquitter.
Enfin nous n'oublierons pas que M. le D" Maygrier nous
a accueilli avec une grande bienveillance dans son beau ser- |
de
vice d'accouchement de Lariboisière, à la fin de notre internat, ni que M. le D' Kalt nous a largement fait profiter de sa science si grande de l’ophtalmologie à la Clinique nationale des Quinze-Vingts. M. Quénu nous avait réservé en qua- trième année une place dont les circonstances nous empéchent de profiter ; nous le regrettons sincèrement, et le prions
d’agréer nos remerciements.